Quelques nouvelles…

Posted on 20 août 2011

Et oui, il n’y a pas que les romans dans la vie, il y a aussi les nouvelles ! Et pourquoi n’en parlerai-je pas ici ? Voici donc un petit bilan de mes lectures de nouvelles de ces dernières semaines, principalement des nouvelles gracieusement mises à disposition des internautes par les éditions du Bélial (une nouvelle gratuite tous les mois), ou bien la revue Angle Mort (pour cette dernière, il est possible de payer pour chaque numéro, ce qui offre en plus des nouvelles les interviews des auteurs).

Une très belle écriture pour cette nouvelle dans laquelle Francis Berthelot confronte, à travers ses personnages, le meilleur de l’humanité à ses côtés les plus sombres. Mélancolique, poétique, une belle réussite.

Aliette de Bodard vient de sortir le premier tome d’une série se déroulant dans l’univers aztèque. Cette nouvelle s’y déroule aussi. Traditions, sacrifices, sorcellerie, tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle à l’ambiance ténébreuse. Une belle invitation à la lecture des romans !

Nouvelle dans l’archipel des Numinées, univers des romans de Charlotte Bousquet. Je n’ai lu aucun de ces romans, mais cette nouvelle m’en a donné l’envie. Bonne intrigue (une enquête sur des meurtres), belle ambiance, sombre et glauque, à l’image des romans d’après ce que j’ai pu lire ici ou là. A suivre !

Une nouvelle sur un homme qui n’en est plus un, il est passé à l’étape supérieure, aidé en cela par un remède miracle alors qu’il était condamné. Mais surtout, il crie vengeance… Une nouvelle typiquement Thomas Day : sans concession, froide, dure, brutale. Et de qualité.

Une réinterprétation du mythe du dernier homme sur terre. On est bien sûr dans la parodie du chef d’œuvre de Richard Matheson, « Je suis une légende ». C’est drôle, série B, et ça ne finit pas de la même manière que le roman sus-cité… Pas inoubliable cependant.

Une courte nouvelle très touchante sur la différence, les liens fraternels. Très réussie.

J’ai décidé de tester Greg Egan. Oui, tester, car je ne suis pas grand fan de hard science. Mais comme on dit le plus grand bien de l’auteur… Bon, « La cuve », c’est pas mal, on sent que l’auteur sait manier des concepts assez vertigineux. Pour le reste, cette nouvelle m’est apparue comme assez anecdotique (j’ai vu d’ailleurs des avis la désignant comme une des plus faibles de Egan). Mais j’en ai d’autres en réserve…

Des extraterrestre débarquent sur Terre. Mais pour certains, ils ne font que passer quand d’autres s’y installent, s’entassant dans des bidonvilles. On suit un soldat de l’ONU chargé d’assurer la sécurité, la sienne et celles de l’humanité. Pas vraiment de scénario dans cette nouvelle, mais une photographie d’une époque, avec ses joies, ses peines, ses désillusions. A ce titre, le narrateur est vraiment bien travaillé par Laurent Genefort, chose pas toujours simple à réaliser dans une nouvelle. On y découvre un personnage désabusé, tentant de remplir sa mission correctement. Mais la situation est complexe, et parfois c’est la bavure… La description d’un monde bouleversé par ces nouveaux venus est également très réussie. Laurent Genefort développera cet univers dans un roman. Et moi je dis : vivement !

  • Ao, de Laurent Kloetzer

Le mythe du prophète. Mythe, c’est bien le mot. La nouvelle est cependant trop courte pour être vraiment prenante.

Alors là, cette nouvelle m’a un peu retourné l’estomac ! Mais que c’était bon ! Dans un futur proche, les conflits se résolvent autour d’une bonne table, et la paix se fait en communiant autour d’un sacrifice… Terrifiante de froideur, et pourtant gourmande, Xavier Mauméjean réalise avec cette nouvelle un coup de maître. Vous ne regarderez plus jamais votre assiette de la même façon !…

Nouvelle se situant dans le même univers que le recueil de l’auteur « Des nouvelles du Tibbar » (dont la chronique arrive dans quelques jours), mais sans en avoir la qualité. On est dans du loufoque, du burlesque. Dans le genre c’est efficace, mais il n’y plus la subtilité des nouvelles du recueil. Dommage. Mais ça reste drôle.

 

Enfin, en ce moment, c’est la convention française de science-fiction qui se déroule en Belgique (sic). Et durant cette convention sera remis le prix Rosny-aîné 2011, récompensant des oeuvres de science-fiction parues en français durant l’année précédente. Il y a 6 nominés en romans, et 6 nominés en nouvelles.

Pour permettre à tous les votants (c’est à dire les participants à cette convention) de voter en connaissance de cause, certains éditeurs/auteurs ont mis à disposition gratuitement leur nouvelles nominée. Sur les 6, il y en a donc 4 disponibles.

Encore une fois du Thomas Day. C’est (très !) noir, violent, déprimant, glauque, répugnant, insoutenable par moment. L’auteur y donne une explication toute personnelle sur les mortes de Juarez. Difficile « d’apprécier » cette nouvelle tant la noirceur ambiante prend le pas sur tout le reste. Reste que si cette ambiance y est tellement répugnante, c’est que Thomas Day a réussi son coup.

Une vision décalée du mythe du super-héros, vu à travers les yeux d’un personnage souvent faire-valoir du-dit super-héros : son ami « normal ». Et quand cet ami est amoureux de la super-héroïne, ça complique les choses. Bien écrit, pince sans rire, second degré, un grand bol d’air après la nouvelle du dessus.

Une uchronie se passant sur la lune. Les deux blocs américains et soviétiques ont conquis la lune, et y ont chacun installé une base. Bien sûr, elles n’ont aucun contact l’une avec l’autre. Mais c’est sans compter sur des gamins bien déterminés à ne pas voir leurs loisirs contrariés par les adultes. Une belle histoire avec en filigrane une leçon de tolérance. L’innocence des enfants, ou comment faire la paix et passer au dessus des préjugés. La réaction finale des adultes en revanche me semble un peu moins crédible…

Cette nouvelle de fantasy est directement issue du recueil « Des nouvelles du Tibbar ». On y découvre une espionne chargée de découvrir le secret bien gardé d’une principauté mystérieuse. On est vite pris cette enquête, très « roman d’aventure et d’espionnage ». C’est rythmé, dépaysant, avec une conclusion surprenante.

Quant aux deux autres nouvelles nominées (« L’importance de ton regard » de Lionel Davoust, et « Poussière » de Kanatas), pas d’avis puisque je ne les ai pas lues.

Edit du 22/08 : les lauréats ont été désignés, et c’est la nouvelle de Timothée Rey qui sort vainqueur. Une nouvelle fantasy lauréate à la convention de science-fiction, joli pied de nez à ceux qui ne jurent que par la SF, et regarde la fantasy de haut… 😉

Voilà, c’est tout pour le moment. D’autres suivront bien sûr, puisque mon stock est loin d’être épuisé !

  
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