Le Sabre de Sang, tome 2, de Thomas Geha

Posted on 7 octobre 2011

Après un retour express sur le tome 1, voici ma chronique du tome 2 du dyptique de Thomas Geha. On reste dans le même ton, mais il y a quand même du changement dans l’air. Ceci dit, allergiques à la littérature populaire, ceux qui crient au démon à la simple vision d’un pulp magazine, ou d’un roman « Fleuve Noir Anticipation » (ou « Rivière Blanche » pour les plus jeunes), passez votre chemin… 😉

 

Quatrième de couverture :

Mon nom est Kardelj Abaskar.

Après m’avoir laissé pour mort, Tiric Sherna a fait son chemin, et en quelques années seulement, le voici devenu souverain d’un empire craint de tous. Même les fiers Qivhviens se sont inclinés devant la puissance du sabre de sang et de son porteur. Recueilli par un équipage de pirates, j’ai essayé de me faire oublier. Oui, j’ai survécu et je n’ai pas dit mon dernier mot : Sherna a détruit ma vie et, foi de Shao, je détruirai la sienne. Je rendrai aux peuples du continent leur liberté perdue.

 

L’heure de la vengeance

Et donc je disais qu’il y a du changement dans ce tome. Celui qui frappe immédiatement le lecteur, c’est bien sûr le changement de narrateur. Tiric Sherna a sombré, nous suivons donc son ex-camarade, Kardelj Abaskar. L’écriture le fait d’ailleurs bien ressentir : Sherna était tout en fureur, Abaskar est plus posé, et l’écriture se fait plus douce.

Le déroulé du roman se complexifie également quelque peu, s’éloignant ainsi de l’aspect très linéaire du premier tome. Des flashbacks ponctuent en effet la première partie du roman, apportant des renseignements au moment opportun sur des évènements survenus entre les deux tomes, dynamisant ainsi le récit.

Enfin, troisième changement : l’univers du roman prend de l’épaisseur. Les lieux visités sont nombreux, bien décrits, tout comme les différents peuples croisés au fil de l’histoire, notamment les Carmintraos, troubadours qui sillonnent le monde (ils m’ont à la fois fait penser aux Harlequins eldars de Warhammer 40000 et à Caracole de la « Horde du Contrevent », allez savoir pourquoi !…). Cette réelle consistance est très appréciable, et permet de « sentir » l’univers du Sabre de Sang, qui n’est du coup plus une simple fuite en avant/désir de vengeance des personnages principaux. D’ailleurs l’intrigue commence sur ce thème, mais finit par prendre une tournure, disons plus… épique et mythologique à la fois !

Quant à Kardelj Abaskar, il démontre dans ce tome ce qu’il laissait déjà entrevoir dans le premier volume : il est beaucoup plus intéressant et complexe que Tiric Sherna, pour le coup assez monolithique en comparaison. Complexe à la fois par ses « attributs surnaturels » et surtout par ses questionnements dont ne s’embarrasse plus son ennemi. Un autre personnage très intéressant est le Masque, figure très importante dans la société Carmintrao. Garde du corp/tueur/soldat (c’est évidemment lui qui m’a fait penser aux Harlequins eldars), il est en plus un élément quasi déifié par son peuple. Personnage au destin surprenant, à la fois sympathique, mystérieux et parfois inquiétant, c’est une vraie réussite.

Bref, j’ai vraiment dévoré ce roman, qui dépasse en qualité le premier tome. Oh, rien de révolutionnaire dans le monde de la fantasy (mais je ne crois que c’était le but de Thomas, qui a « juste » voulu écrire une histoire qu’il aurait adoré en tant que lecteur), mais un récit rudement bien mené, qui ne manque pas d’action. On ne s’ennuie pas un seul instant, et c’est la mine réjouie, un sourire jusqu’aux oreilles, qu’on referme le livre, heureux d’avoir vécu une bien belle aventure !

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