Rien que l’acier, de Richard Morgan

Posted on 18 octobre 2011

Plus d’une semaine sans critique, il était temps que ça s’arrête ! On reprend donc avec quelques critiques fantasy (quoique qu’avec ce roman de Richard Morgan, on peut se demander si cette fantasy ne va pas se transformer en SF…), avant de repartir sur de la SF un peu plus tard…

 

Quatrième de couverture :

Il y a dix ans, l’alliance des hommes et des Kiriaths a repoussé les terribles Ecailleux. Qui se souvient maintenant des héros de cette guerre? Ringil vit en exil, rejeté par sa famille. Mais pour sa cousine Shérin, vendue comme esclave, il décroche son épée et retourne sur les lieux d’un passé qu’il avait tout fait pour oublier. Dame Archeth, dernière représentante d’un peuple disparu, est la conseillère d’un empereur décadent qu’elle abhorre. Elle seule soupçonne qu’une terrible menace point aux frontières de l’empire. Egar le Tueur de Dragons est un nomade des steppes, revenu de la guerre auréolé de triomphe. Une gloire aujourd’hui bien émoussée dans un monde qu’Egar ne reconnaît plus. Ces trois-là ont tout perdu. Sauf peut-être la bataille qui les attend, héroïque et désespérée…

 

Couillue, cette fantasy !

Ceux qui connaissent Richard Morgan (à travers ses œuvres de SF, « Carbone Modifié » notamment) ne seront pas surpris par le ton du livre. Les autres risquent d’être un brin décontenancés…

Soyons honnête dès le début : ce livre a été annoncé comme le renouveau de la fantasy. Bon, on nous fait le coup régulièrement. Donc non, ce n’est pas ce livre qui fera date dans l’histoire de ce genre littéraire. En revanche, il amène un petit vent de fraîcheur bienvenu dans ce petit monde de la fantasy souvent bien propre sur lui, avec ses héros adolescents prêts à sauver le monde sur la foi d’une vieille prophétie…
Rien de tout ça ici : le personnage principal est un ancien guerrier héros de le dernière grande guerre contre un peuple envahisseur. Il est issu d’une famille noble, mais renié car il est homosexuel. Voilà, déjà c’est assez rare pour être signalé, l’homosexualité masculine en fantasy, c’est loin d’être courant.

Ensuite, c’est le style de l’auteur qui détonne : c’est assez rentre-dedans, il n’épargne rien à ses héros ni à ses lecteurs. Tout y passe : violence, sexe (oui oui, y compris l’homosexualité masculine), etc… Et du coup, ce n’est pas forcément à mettre en toutes les mains. Chapeau à Bragelonne, d’habitude assez consensuel.

L’histoire quant à elle réserve son lot de surprise, et reste en plus suffisamment mystérieuse pour qu’on ressente le besoin d’en savoir plus (rappelons que ce roman n’est que le premier tome d’une trilogie). Les personnages sont, en dehors du héros, assez classiques mais pas inintéressants pour autant, leur histoire personnelle gardant suffisamment de mystère pour accrocher le lecteur. De plus, la fin du roman (roman qui, il faut le dire, a un peu tendanceà prendre son temps…) est assez palpitante, qui voit les trois personnages importants se réunir pour le final.

Ça en fait des qualités, et pourtant… C’est tout simple : je n’ai pas vraiment vibré. Ça se lit bien, on n’a pas vraiment envie de lâcher le bouquin, mais ça s’arrête là. Pas d’envie de le dévorer sur place, sans que je puisse m’expliquer le pourquoi du comment.

Par contre, j’attends clairement la suite, parce que vu la fin du livre, j’ai comme l’impression qu’on va être bien surpris ! On sent un air de SF, des choses se trament, des choses qui vont sans doute prendre une ampleur conséquente. Et même si ce livre n’est pas la révolution annoncée, on peut quand même faire confiance à Richard Morgan pour tenter se sortir des archétypes et tenter de faire bouger les lignes avec les tomes suivants.

Chroniques à lire également sur Heat27, Phénix WebUnder my feather, et l’antre de Cassie.

  
Facebooktwittergoogle_pluspinterestmailFacebooktwittergoogle_pluspinterestmail