L’Agence, de George Nolfi, Rajustement, de Philip K. Dick

Posted on 23 janvier 2012

Encore du Dick, avec cette fois l’adaptation de la nouvelle « Rajustement » (que j’ai lue), devenu « L’Agence » sous la caméra de George Nolfi. Réussie ou pas ? C’est ce que nous allons voir…

 

Synopsis du film :

Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l’avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu’il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains…

 

Comme je le disais dans mon billet sur le film « Blade Runner« , pour une bonne adaptation il faut plus qu’une simple mise en image décalquée du support d’origine. A plus forte raison lorsque la dite œuvre d’origine est une nouvelle, donc un format court. Il faut y ajouter de la substance pour parvenir à en faire un film d’1h45.

La nouvelle « Rajustement » traite d’un homme qui se retrouve témoin d’une étrange scène, alors qu’il arrive en retard à son travail : des hommes en combinaison sont en train de transporter un étrange matériel sur son lieu de travail, alors que tout autour de lui est soudainement devenu gris, y compris les êtres humains, également devenus immobiles… Les explications sur le pourquoi du comment viendront bien évidemment au fil du récit.

Le film, dans son premier tiers, est assez fidèle à la nouvelle. On découvre l’intrigue en même temps que le personnage principal (devenu politicien), joué par Matt Damon. Le suspense est bien dosé, on suit le déroulement avec intérêt. Malheureusement, ce qui aurait pu devenir une intéressante réflexion sur les choix, le libre arbitre, devient un classique film d’action, accompagné d’une histoire d’amour d’une banalité affligeante car déjà vu une bonne centaine de fois… C’est là que le bât blesse : la nouvelle se tient sur son seul concept (en utilisant un des thèmes dickiens par excellence : la distorsion de la réalité, ou l’existence d’une réalité sous-jacente), mais le film lui, doit aller plus loin pour tenir sur la longueur. Et malgré quelques bonnes trouvailles visuelles, le tout s’essouffle rapidement, car tournant à vide, jusqu’à une fin évidemment trop prévisible, totalement dans le ton du Hollywood bien pensant. Dommage, car il y avait vraiment matière à faire beaucoup mieux. Mais pour cela, il aurait fallu se dire que les spectateurs sont capables de réfléchir et d’aller plus loin qu’un simple film d’action dégoulinant de guimauve.

La nouvelle d’origine de Dick est également, comme souvent avec l’auteur, une nouvelle à chute, chute qui ne résout rien, mais permet de « boucler la boucle ». Malheureusement, rien de cela dans le film, là encore par trop hollywoodien… Mais tout n’est pas noir, la photo est très réussie (New York est bien mis en valeur), les acteurs font leur job correctement (sans génie mais bon…). Mais qu’est ce qu’on est loin de l’univers décalé/bizarroïde de Philip K. Dick !…

Adaptation poussive donc, car manquant de substance, et trop prévisible dans son déroulement. Adapter une nouvelle n’est sans doute pas chose aisée (un autre exemple arrive bientôt sur le blog), les bons exemples ne manquent pourtant pas… Cette tentative n’en fera pas partie…

 

Chronique réalisée dans le cadre du challenge « Adapte-moi si tu peux« , des Murmures d’A.C. de Haenne.

  
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