Le maître des rêves, de Roger Zelazny

Posted on 28 mars 2012

Roger Zelazny. Un des grands auteurs de littérature de l’imaginaire, aussi à l’aise en science-fiction qu’en fantasy. Il était donc temps que je découvre ce monsieur, en commençant « doucement » par un roman réputé mineur.

 

Quatrième de couverture :

Branché directement sur le cerveau de ses patients, Charles Render y injecte des songes de sa composition. Maître dans son domaine, il est l’auteur des mondes imaginaires les plus achevés. Eileen Shallot, belle à se damner, aveugle de naissance, se présente un jour à sa porte. Elle veut voir le monde par les yeux de Render, à travers ses rêves. Ensemble, ils vont arpenter les univers qu’il a créés pour elle. Mais un jour Eileen refuse de s’arracher aux rêves de Render, dont elle prend peu à peu le contrôle pour transformer l’utopie en un piège mortel.

 

Plongée en plein rêve

Il est bien connu que nombre des écrits de Roger Zelazny gravitent autour du thème de la mythologie, des dieux, voire plus généralement des mythes (qu’ils soient associés aux dieux ou non). Ce court roman, sans s’impliquer directement dans cette thématique, s’en approche quelque peu dans la mesure ou le personnages principal, Charles Render, est un façonneur, c’est à dire qu’il peut mettre en scène à peu près tout et n’importe quoi dans les rêves d’autrui. Ceci pour soigner ses patients, les désinhiber, leur permettre de contrôler ou prendre le pas sur leurs phobies, etc… La psychiatrie du futur en somme ! Et dans les rêves d’autrui, Render est comme un dieu. C’est lui qui contrôle tout. Et il se doit de le faire, car si le processus s’inverse, c’est à dire si le patient prend le contrôle au détriment du psychiatre, les conséquences peuvent être dramatiques.

C’est ce qui risque de se produire, alors qu’Eileen, aveugle de naissance, désire devenir une façonneuse. Mais comment devenir façonneuse si elle-même n’a pas les « outils » pour créer objets, lieux ou autres dans les rêves d’autrui ? Render devra user de toutes les précautions pour éviter le pire, car Eileen est mentalement extrêmement forte (elle a su mener une grande carrière malgré son handicap).

Roman court, aux très nombreuses références, toujours proches des mythes de notre civilisation (le loup Fenrir de la mythologie nordique est présent, le mythe de Tristan et Yseult est également repris), il se lit agréablement. D’un abord assez simple, au cadre SF finalement plus accessoire qu’autre chose (voitures automatiques, chiens qui parlent), il devient assez complexe si on cherche à en extraire la substantifique moelle, il faut par exemple avoir une bonne connaissance des mythes sus-cités pour en saisir toutes les références.

Agréable, mais somme toute pas inoubliable, il permet une première approche du style de Zelazny qui, sans tenir compte du fond (encore une fois très profond si on se donne la peine de le décrypter), est remarquable dans la forme : c’est fluide, très évocateur. Pour un roman mineur, c’est déjà du costaud ! Une sympathique introduction, avec un fort goût de « reviens-y » !

 

D’autres chroniques chez Naufragés Volontaires, Mondes Etranges.

  
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