Orianor tome 1, de Jean Avril

Posted on 18 avril 2012

Un jeune auteur québécois, Jean Avril. Une jeune maison d’édition, Cima Editions, fondée par l’auteur lui-même. Et le premier tome d’une saga de fantasy qui s’annonce plutôt vaste. Dissection.

 

Quatrième de couverture :

Rihel, la Cité aux sept murailles, agonise dans les flammes : quarante années de siège, pour une poignée de cendre… Depuis des millénaires, les humains sont en guerre contre les forces de So’Ghol, la Montagne Noire. Après la chute de Rihel, un seul Trône reste encore aux mains des humains : celui de la Citadelle de Céless, cœur du royaume de l’Endriel. Beaucoup disent que la situation est sans espoir, et pourtant plusieurs se tiennent encore debout, déterminés à poursuivre l’œuvre de résistance. Ensemble, ils continuent d’écrire une épopée traversant les âges.

Les voici qui s’avancent : Kahel, chevalier de l’ordre des ivataris, mages ayant pour arme la lumière. Blanc, un enfant qui a désormais un empire contre lui. Jad, Iridia et Raygone, jeunes héros répondant à l’appel de l’Endriel, l’ultime rempart du monde libre, sur le point de tomber entre les griffes de l’envahisseur. Et Uriss, ancien roi amené en esclavage au cœur de la Montagne Noire pour y rencontrer un sort tragique : être enchaîné à son pire ennemi, par une chaîne lui faisant subir les souffrances qu’il inflige à l’autre…

 

La cité aux sept murailles

Le résumé parle de lui-même : nous avons là le premier tome de ce qui semble être une  nouvelle saga de high-fantasy, pleine d’héroïsme, de guerres, de magie, de noirceur, de vilains ennemis. Je dis semble car ce premier tome ne faisant que 116 pages, il n’est qu’une introduction à ce nouvel univers bâti par Jean Avril (sans doute pour des raisons économiques : les tirages étant certainement limités, imprimer des volumes plus épais les auraient rendus chers).

Reconnaissons que l’écrivain semble vouloir inculquer un vrai souffle épique à sa saga, ça se sent d’ores et déjà à travers certaines situations, quitte à friser l’extravagant : un siège de 40 ans (!!), une guerre de plus de 4000 ans (!!!). Ce premier tome pose les bases de l’univers, encore une fois à peine effleuré, mais on sent bien qu’il y a une histoire plutôt riche qui se dévoilera petit à petit. Il introduit les personnages principaux qui se rejoindront sans aucun doute pour faire front face à l’ennemi dans les volumes suivants, et explique la situation « géopolitique » (que je mets entre guillemets, car elle semble pour le moment assez simple : il y a les humains, qui se battent contre les rakhanes, monstrueuses créatures mi-humaines mi-animales) au lecteur.

A partir de là, on sait immédiatement si on va accrocher au roman ou pas. Les lecteurs avides de fantasy épique classique devraient être aux anges. Ceux qui préfèrent quelque chose de différent risquent d’y voir une aventure déjà lue à de multiples reprises. Car il faut bien avouer que Jean Avril a lu ses classiques, mais le recyclage de certains aspects se fait un peu trop voyant : la cité aux sept murailles fait penser à la cité de Dros Delnoch décrite par David Gemmell dans « Légende », les dieux du monde d’Orianor, les Ivatars, et les chevaliers de l’ordre des ivataris, semblent avoir emprunté leur nom à Iluvatar le dieu créateur du monde de Tolkien, la Montagne Noire fait également penser à un mélange de Barad-Dur et de la Montagne du Destin du même Tolkien, le grand ennemi des humains est un dieu déchu tout comme un certain Morgoth chez ce cher Tolkien encore une fois, ou bien encore le jeune enfant dont on flaire déjà le destin grandiose qui l’attend (sur ce point, je spécule, peut être serons-nous surpris dans le futur…).

Difficile de se prononcer plus avant, avec cette courte introduction. Oui, c’est pour le moment très classique, et ce n’est pas (ou plus) ce que je recherche dans la fantasy (sans rejeter ce type de fantasy non plus, à condition de prendre une vraie ampleur, une vraie substance, et surtout de savoir s’émanciper de ses illustres ancêtres), mais laissons le soin à Jean Avril de développer son univers à sa guise, et souhaitons qu’il arrive à accoucher d’une grande saga marquante. Avec une touche d’audace supplémentaire pour sortir des sentiers trop souvent battus, il a tous les éléments en main pour le faire.

  
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