Chanson pour Lya, de George R.R. Martin

Posted on 17 août 2012

Motivé par la lecture du Bifrost 67 (aussi bien avec les nouvelles de l’auteur que par le guide de lecture), me voici lancé dans la lecture hors « Trône de fer » de George R.R. Martin. Un Martin qui fait dans le fantastique et, surtout, la SF. Au vu des critiques publiées sur les différents récits de l’écrivain, il semble réussir à peu près tout ce qu’il fait. Les nouvelles contenues dans le recueil « Chanson pour Lya », sont parmi les premières qu’il a écrites, entre 1971 et 1974.

 

Quatrième de couverture :

Le progrès technologique a ouvert aux humains le chemin des étoiles, et plus rien ne sera jamais comme avant. Mais tandis que l’humanité poursuit son expansion et son développement, l’Homme, lui, reste seul, face à son propre vide qui le contemple et le consume. Lya, télépathe envoyée sur Ch’kéa pour enquêter sur un mystérieux culte local, sera assaillie par le doute : l’Union des esprits prônée par les Ch’kéens est-elle la bonne réponse ? Sur Cerbère, un individu, seul être vivant de la planète, a volontairement quitté la Terre pour mener une vie de reclus au milieu des étoiles. Pour combien de temps ? Manipulateur de cadavres, combattant pour les Forces expéditionnaires terriennes, ou collectionneur passionné, pour chacun l’heure cruciale du choix a sonné…

 

Martin(e) écrit de la SF

Autant le dire tout de suite, ce recueil, constitué de neuf nouvelles, m’a captivé !

La nouvelle qui lui donne son nom, la plus longue du recueil, donne le ton. Un couple de télépathes, Lyanna et Robb (tiens, tiens, voilà des noms qui sonneront tout particulièrement aux amateurs du « Trône de fer » !) sont chargés de découvrir pourquoi de plus en plus d’humains se convertissent à la religion des autochtones de la planète Ch’kéa, les conduisant inexorablement à un suicide rituel. Réflexion sur la solitude, la communication et l’amour, ce récit extrêmement fin et sensible, mérite amplement le prix Hugo qu’il a obtenu en 1975.

Mais le reste des récits n’a rien à lui envier, notamment « Au matin tombe la brume » sur l’opposition entre science et mystères, avec un ton très mélancolique, ou bien « Pour une poignée de volutoines » sur l’appât du gain et qui se situe dans le même univers que la nouvelle « Retour aux sources » parue dans le Bifrost 67. Il est d’ailleurs intéressant de noter que George R.R. Martin semble avoir eu l’intention de créer un univers cohérent dans lequel s’inscrivent un certain nombre de ses nouvelles puisqu’on y retrouve certains termes communs (comme la race des Hrangans par exemple).

Le cynisme de la nouvelle « Le héros », la noirceur de « L’éclaireur », la courte nouvelle à chute « VSL », la solitude conduisant à la folie de « Il y a solitude et solitude » ou bien l’évocation de mondes extraterrestres fabuleux, dans la nouvelle « Diaporama », saupoudrée de poésie, de nostalgie (et toujours d’un brin de cynisme dans l’opposition entre projet d’utilité publique et ambition personnelle), parachèvent ce superbe recueil. Seule « La sortie de San Breta » m’a semblé un peu faible, seule nouvelle fantastique du recueil d’ailleurs.

Que cela ne vous dissuade pas de lire ces récits, même s’il devient bien difficile de se procurer le recueil. C’est la preuve éclatante que limiter Martin au « Trône de fer » est bien trop réducteur. Et pourtant, ces récits ne sont que ses premiers écrits ! Ça laisse rêveur, et m’encourage fortement à en lire d’autres, nouvelles ou romans ! Croyez-moi, vous devriez en faire de même !

Chronique écrite dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode VI » de Lhisbei.

  
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