Rendez-vous avec Rama, de Arthur C. Clarke

Posted on 27 août 2012

Mon premier Arthur C. Clarke ! Voilà qui en fera frémir certains (ils se reconnaîtront ! 😀 ) ! Ceci dit, ce n’est pas tout à fait ma première lecture de l’auteur, puisque j’ai déjà lu ce roman il y a pas mal d’années de cela, durant l’adolescence. Il m’avait fait forte impression à l’époque, mais je dois dire que les détails se sont fortement estompés. Je ne me souvenais plus que de l’histoire générale, sans parvenir à me souvenir de la fin. Il s’agit donc d’une relecture, qui me titillait depuis un moment, et que le challenge de Lhisbei a fini par concrétiser. Le charme opère-t-il toujours ?

 

Quatrième de couverture :

2130. Un objet spatial non identifié est localisé dans le système solaire : c’est un cylindre aux proportions extraordinaires – 30 km de long -, et qui se déplace au tiers de la vitesse de la lumière – 100 000 km/h. Il sera baptisé Rama. La curiosité cède cependant le pas à l’effarement quand l’équipage du vaisseau spatial « Endeavour » parvient à pénétrer dans son habitacle. Car cet « Artefact », qui semble n’avoir jamais subi la moindre altération du temps, contient en son sein un véritable monde miniature. Son exploration minutieuse révèle en effet une mer, des reliefs, des routes, des villes… Un univers de silence et de non-vie, où tout semble d’une haute technologie et pourtant vieux de millions d’années ! Qui peut bien être aux commandes de Rama ?

 

Mystère spatial

Au 22ème siècle, l’humanité découvre un artefact vraisemblablement d’origine extraterrestre qui traverse le système solaire. L’occasion est trop belle pour ne pas l’explorer, et qui sait, tenter d’entrer en contact avec ses créateurs. Arthur C. Clarke ne s’embarrasse pas d’une trop longue introduction, alors que le lecteur n’attend qu’un chose : découvrir ce qu’est Rama, quel est son but, et qui sont ses habitants. Notons tout de même que le système mis en place dans le roman pour détecter les astéroïdes a effectivement été mis en place bien des années plus tard par la NASA. Ça situe le niveau d’exactitude scientifique de l’auteur…

Et puis vient l’exploration. Et la finesse de l’écriture de Clarke fonctionne à merveille. Ses descriptions précises de la configuration et des étranges paysages de Rama font naître des images dans l’esprit du lecteur qui, désirant tellement en savoir plus sur cet objet, ne peut plus lâcher le roman avant la fin ! En tout cas, c’est ce qui m’est arrivé, signe d’une incroyable et passionnante plongée en apnée dans cet étrange cylindre. Je ne vous dirai bien sûr rien de ce que les explorateurs découvrent à l’intérieur, puisque tout l’intérêt de ce roman se situe là, dans cette exploration méthodique mais aussi rapide, avant que l’objet ne poursuive sa route, à moins que… Et malgré un propos assez scientifique, Arthur C. Clarke arrive à donner une dimension contemplative au roman, de par l’immensité incompréhensible de Rama. Il y a également quelques passages un peu plus tendus, pour rythmer le récit.

Alors certes, l’écriture d’Arthur C. Clarke n’est pas sans défaut non plus, le premier d’entre eux étant commun à des bien des auteurs de hard-SF : le style est assez sec, froid, et la psychologie des personnages n’est pas la préoccupation première de l’auteur. Il faut dire que le personnage principal du roman, c’est bel et bien Rama lui-même, objet si mystérieux, objet de fantasme, de convoitise, de crainte également, objet vieux de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’années, et qui semble revenir à la vie, mais dans quel but ? Il aurait été tellement facile pour l’écrivain de pondre une histoire où le mystère cède sa place à une explication détaillée, où tous les tenants et les aboutissants sont explorés. Mais c’est tout ce mystère que Clarke a su maintenir tout au long du récit qui fait la force de « Rendez-vous avec Rama ». Comme au cinéma, moins on en dévoile, mieux ça fonctionne. C’est pleinement le cas ici, et on referme le roman, convaincu d’avoir vécu un grand moment, émerveillé par tant de mystères, réflechissant à la place de l’homme dans l’univers, voire à la petitesse de l’homme face à ce qui le dépasse complètement (le rapprochant en cela de « Stalker » des frères Strougatski).

Ce roman, qui a obtenu de nombreux prix (entre autres : Locus 1973, Hugo et Nebula 1974, soit les plus prestigieux) a connu plusieurs suites qui ont, elles, bien moins bonne presse. Sans doute est-il préférable de rester sur mon excellente impression. Superbe !

Lire les critiques de Guillaume, Ryû.

Chronique écrite dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode VI » de Lhisbei.

  
Facebooktwittergoogle_pluspinterestmailFacebooktwittergoogle_pluspinterestmail