Mantax, de Dany G. Zuwen

Posted on 28 mars 2013

Il arrive parfois que, sans que l’on sache pourquoi, on se laisse convaincre par une quatrième de couverture un tantinet aguicheuse. C’est au moment où j’avais envie d’une SF simple et directe que ma route a croisé celle de « Mantax », écrit par Dany G. Zuwen. Quelques mails échangés plus tard, le voici dans ma boite aux lettres (le roman, pas l’auteur !^^).

 

Quatrième de couverture :

L’an 2058. L’armée des Nations Unies décide de couper le financement d’un projet top secret sur lequel Tom Loengard, un général en charge du département scientifique de l’Union Africaine, travaille depuis une dizaine d’années. Il se voit alors contraint de collaborer avec Margarett Carvaletti, une milliardaire civile qui accepte de financer son projet.

Furieuse d’être exclue lors des premiers essais et estimant que cela est son droit légitime, Margarett se faufile clandestinement dans le bâtiment. Tom et elle sont alors piégés lorsqu’un mauvais fonctionnement du réacteur irradie une grande partie de l’enceinte – y compris toute voie de sortie.

Avec un réacteur qui se déstabilise rapidement et qui menace tout le continent africain, les deux compagnons d’infortune prennent une décision qui les propulse en territoire inconnu.

N’ayant que l’un l’autre sur qui compter, ils vont tenter de survivre dans un monde où chaque nouvelle rencontre peut être la dernière…

 

Pas convaincu…

MantaxPas de suspense : je voulais quelque chose de simple, direct, sans fioritures, avec de l’action. C’est ce que j’ai eu. Sauf que ça n’a pas fonctionné, et ce pour plusieurs raisons. La première, essentielle à mes yeux, tient à une quasi-absence de descriptions. Dès lors, j’ai eu un mal fou à me représenter ce que l’auteur tentait de raconter. Ce fameux Mantax, ce projet top secret comme indiqué sur la quatrième de couverture, impossible de savoir à quoi il ressemble. Au début, on pense à une sorte de base militaire, avec un coeur nucléaire. Et puis, il devient un vaisseau spatial, mais toujours sans pouvoir cerner une forme générale, ou bien de quoi il est constitué. Pire, il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre quel est son but (et je ne suis toujours pas sûr d’y être parvenu…). Et quand un livre n’arrive pas à projeter d’images dans la tête, c’est quand même plutôt handicapant pour l’immersion…

Ensuite, tout ou presque passe par les dialogues, c’est sans doute le corollaire de l’absence de descriptions. Des dialogues aux phrases courtes, percutants certes, mais lorsque la moitié des phrases prononcées par les personnages sont répétées par le Mantax (du genre : « Allumage des réacteurs ! », « Réacteurs allumés ! », « Verrouille les ennemis. », « Ennemis verrouillés ! », etc…), ça devient vite fatiguant. Mais lorsqu’ensuite, les réactions des personnages sont trop souvent bizarres, voire même incohérentes, ça devient franchement compliqué. Comment en effet expliquer que le premier contact extraterrestre par un scientifique (militaire certes, mais quand même…) ne provoque pas une réaction plus… scientifique ? Syndrome Prometheus ? Tom Loengard ressemble plus à un va-t-en-guerre bas-du-front qu’à un homme de science… Pas de réflexions, pas de surprise, pas d’émerveillement lorsqu’ils arrivent non loin d’une bataille entre des belligérants inconnus, non, on fonce ! C’est quand même la première preuve d’une forme de vie extraterrestre il me semble, ce n’est pas rien ! Ensuite on a droit à Margarett qui, en humaniste jusqu’au bout des ongles qu’elle est, veut absolument intervenir lorsque l’un des intervenants (dont on ne sait toujours rien) semble en difficulté : « Tom, on ne va pas les laisser à leur sort, tout de même ? » ! On croit rêver… Je passe sur l’absence de problème de communication, le dit ET (dont là encore on a bien du mal à se représenter l’apparence, faute de description, hormis qu’il est tadaaaaaa ! De forme humanoïde bien sûr !… Oui, je sais bien, dans d’innombrables romans de SF les extraterrestres sont de forme humanoïde, mais le fait que je le relève ici montre bien que mon taux d’acceptation de trucs « too much » était déjà dépassé…) semblant pouvoir apprendre une nouvelle langue en quelques heures (comme ça, on évacue un problème en quelques lignes)…

Autre problème : tout va vite, très vite, trop vite, et tout semble trop simple. Le Mantax a la solution a tout, il a tout d’un deus ex machina permanent, le suspense en prend un vilain coup. C’est simple : il sait tout faire, à une réponse à tout, peut tout analyser, même des êtres ou des objets n’ayant jamais été vus par l’humanité. Pourtant, Dany G. Zuwen parvient joliment à relancer l’intrigue aux deux tiers du roman, avec une jolie pirouette inattendue. Ça relance l’intérêt et permet de dérouler jusqu’à une fin mystérieuse, qui ouvre sur les tomes qui suivront sans doute.

Malheureusement, ce ne sera pas suffisant pour me convaincre de continuer cette saga, trop simpliste, trop brouillonne, trop maladroite. Dommage, d’autant que ça ne m’amuse pas de dire tout ce que je viens de dire, surtout lorsqu’il s’agit d’un jeune écrivain qui livre ici son « bébé ». Mais c’est le jeu de la critique ! Je tiens tout de même à  remercier l’auteur pour sa sympathie, et lui souhaite bonne réussite pour la suite !

D’autres avis (plus positifs, sauf un) chez Helran, Samlor, LadyScar, Fil de Diane, Tous les livres, Crouton, Enigma.

  
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