Le Trône de fer, intégrale 2, de George R.R. Martin

Posted on 11 avril 2013

Suite de ma lecture de cette célébrissime saga, avec en ligne de mire la vision dans la foulée de la saison 2 de la série TV. George R.R. Martin, qui ne m’a jusqu’ici jamais déçu, parvient-il à entretenir la flamme ? Cette flamme qu’il avait si brillamment allumée dans le tome 1 ? Soyez tout de même prévenu(e)s : tome 2 oblige, il y a des spoilers qui traînent ici ou là (y compris sur ce tome 2 d’ailleurs, ce n’est pourtant pas dans mes habitudes mais je n’ai pu m’en empêcher…).

 

Quatrième de couverture :

Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s’en sortiront indemnes…

 

Le roi Martin reste sur le trône

trone-de-fer-integrale-2Avec le tome 1 et sa fin pour le moins… tranchante, j’avais hâte de me replonger dans les intrigues de Westeros. Evidemment, compte-tenu du nombre de personnages et de fils narratifs mis en place par l’auteur, une petite remise à niveau s’imposait. Pour cela, une nouvelle fois le site de la Garde de Nuit et ses résumés chapitre par chapitre font des merveilles.

Et une fois le tout remis en mémoire, j’ai replongé avec délectation dans cet univers de trahison, d’alliance et de guerres. Les éléments qui faisaient la qualité du premier tome se retrouvent ici aussi, avec d’autres petits plus assez notables. Par exemple, l’élément fantasy est ici plus présent qu’auparavant : en plus des dragons apparus à la fin du tome 1, d’autres personnages relevant de manière claire de la fantasy font leur apparition. Malgré cela, on ressent toujours autant cette inspiration très historique que Martin ne renie absolument pas (bien au contraire, il insiste sur son inspiration des « Rois maudits » de Maurice Druon par exemple) : le ton reste extrêmement réaliste, ancrant très clairement son monde sur une assise très médiévale plus que fantasy, même si cela pourrait changer dans l’avenir. Par exemple, on sent bien que déplacer une armée ne se fait pas d’un claquement de doigts, l’aspect logistique est d’une importance fondamentale. Ainsi, la guerre peut sembler assez statique de prime abord (d’autant plus que le romancier prend bien son temps pour développer ses intrigues), mais s’inscrit pleinement dans la mouvance réaliste du roman.

George Martin semble également avoir un peu plus ciselé sa narration. Son utilisation des ellipses est à ce titre assez marquante. Le romancier insiste moins sur les faits que sur leurs conséquences. C’est une technique de laquelle de nombreux auteurs devraient s’inspirer : il peut être intéressant de s’attarder sur une bataille, mais au fond, c’est ce qui va en résulter qui importe. Martin use abondamment de cette technique dans ce roman, et va même plus loin : ainsi, l’un des personnages personnages principaux de la saga, Robb Stark, parti en guerre contre les Lannister, n’est pas présent directement, malgré son importance dans l’histoire. Mais il reste un élément primordial, puisque tout ce qui le concerne est vu à travers les yeux d’autres personnages, ou bien via ces fameux corbeaux, porteurs de messages entre les différentes places-fortes.

Reste que ce qui fait la force du roman est toujours là : les personnages. Ils sont vivants, ils évoluent. De Arya Stark qui tente de passer incognito pour rejoindre Winterfell, à Tyrion Lannister, personnage fascinant qui use toujours autant de son intelligence pour se sortir (lui et sa famille, au delà des sentiments que certains lui inspirent…) des mauvais pas qui ne manquent pas d’arriver, en passant par certains qui prennent une vraie tournure dramatique (je pense bien évidemment à Theon Greyjoy) il y en a pour tous les goûts. L’auteur parvient même en quelques lignes à développer et à rendre certains personnages diablement intéressants, le seul et unique passage qui concerne Jaime Lannister est vraiment passionnant. D’autres dont on sent que l’importance ira crescendo font également leur apparition. L’ampleur de ce cycle devient ainsi réellement impressionnante.

Enfin, tout en conservant sa narration à la troisième personne, s’intéressant tour à tour à différents personnages, Martin continue de parfaire son univers : histoire, géographie, tous les éléments qui permettent de lui donner une réelle consistance sont toujours bien amenés, sans que cela sonne comme un passage obligé, style « background de jeu de rôles ».

Bref, pas de surprise avec cette deuxième intégrale : c’est une incontestable réussite. Pas sans défauts, soyons honnête, avec notamment quelques passages un peu longuets vers le milieu, mais le dernier quart rattrape tout !. Et je sais d’ores et déjà que je prendrai un grand plaisir en lisant la suite, dans quelques mois (pour mettre le moins de temps possible entre ma lecture et l’écriture de la suite du cycle qui avance à petits pas…). Une chose est sûre : il est rassurant de voir que cette saga, plébiscitée par le public, réconcilie enfin chiffres de vente et qualité d’écriture. Vivement la suite !

 

D’autre avis chez Blackwolf, Endea, Tigger LillyIf is dead, les singes de l’espace, l’arbre monde, la capharnaüm élcairé, Doris Facciolo.

  
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