Superman : Red Son, de Mark Millar, Dave Johnson et Kilian Plunkett

Posted on 18 juin 2013

Les uchronies ne sont bien évidemment l’apanage des romans, les comics s’y sont aussi frottés. La preuve avec le pitch génial de « Superman : Red Son » : et si Superman avait atterri sur Terre quelques heures plus tôt, et donc non plus aux Etats-Unis mais en URSS ?

 

Quatrième de couverture :

« Que se serait-il passé si le jeune Kal-El, unique survivant de la planète Krypton, avait atterri en Union Soviétique plutôt qu’aux États-Unis ? Découvrez l’histoire du ‘camarade Superman ‘ et de son rival de toujours, Lex Luthor ! »

 

Superman au pays des Soviets

Superman Red Son couvSuperman est un personnage délicat à manier. Tellement fort, tellement surhumain, que rien ou presque ne peut lui arriver. Et utiliser la kryptonite à tous les coups pour l’affaiblir reste une solution de facilité, au risque de bien vite tourner en rond. Avec « Superman : Red Son », Mark Millar a décidé de jouer le jeu d’un Superman « parallèle ». Rien de commun avec le Superman classique (même s’il s’est permis un raccord avec le personnage que l’on connait à la toute fin du récit), ici Superman est au service du communisme ! Donc oui, je ne suis pas un grand fan de l’homme d’acier, mais ce pitch m’a fait me pencher sur ce volume.

En effet, voir le Kryptonien adopté par Staline, puis leader communiste à la mort de ce dernier, souhaitant faire le bien de tous, mais s’apercevant que cela n’est pas si simple, voilà qui avait tout pour plaire !

Superman Red Son 1Et je suis à la fois charmé et déçu. Charmé tout d’abord par ce qui saute aux yeux : la réussite visuelle. S’inspirant d’affiches de propagande, certaines planches sont vraiment superbes dans le choix des couleurs, les postures, etc… Jolis travail des dessinateurs Dave Johnson et Kilian Plunkett. Charmé également par la reprise des grands personnages de l’univers DC et l’inventivité de Mark Millar pour leur positionnement : Wonder Woman en alliée puis en ennemie de Superman, un superbe Batman coiffé d’une chapka en anarchiste qui veut tout faire pour faire tomber l’homme d’acier, Lois Lane mariée à Lex Luthor, et sans doute tout un tas d’autres que je n’ai pas relevés.

Superman Red Son 2Ce qui me déçoit un peu, c’est que j’aurais aimé que Mark Millar aille un peu plus loin dans la critique sociétale. Il y a bien quelques pistes de réflexion ici ou là, mais j’ai eu l’impression qu’il avait enclenché le frein à main, comme s’il n’osait pas y aller à fond, aussi bien sur le plan réflexif (le totalitarisme voire le fanatisme incarné par un Superman pourtant pétri de bonnes intentions), que sur le pur plan scénaristique. Peut être que s’attaquer au « mythe » Superman est finalement (en tout cas aux USA) quelque chose de plus délicat qu’on veut bien le croire, surtout quand il s’agit de faire passer le symbole de l’Amérique toute puissante chez l’ennemi historique !

Reste tout de même une uchronie rafraîchissante, une vision originale et décalée qui ne manque pas d’intérêt. Ce n’est donc pas le chef d’oeuvre attendu, mais ce fut tout de même un très bon moment !

  
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