Man of Steel, de Zack Snyder

Posted on 20 juin 2013

Qu’il était attendu ce « Man of Steel » ! Bandes-annonces attirantes, casting à la hauteur, équipe de production tout aussi alléchante (Zack Snyder, déjà réalisateur de « 300 » et « Watchmen » à la réalisation, Christopher Nolan, réalisateur de l’excellente trilogie « The Dark Knight », à la production), il partait sous de bons auspices.

 

Man of steel afficheEt pourtant, il risque fort de diviser le public. Diviser le public tout comme le film lui-même est divisé en deux. En poussant un peu, on pourrait dire qu’il y a une partie Nolan et une partie Snyder. La première partie (la partie Nolan), revient de très belle manière sur le passé du héros, ses questionnements, ses choix, ses erreurs, à travers une narration déconstruite, toute en flashback et autres ellipses temporelles, alternant entre différents moments clés de la jeunesse de Kal-El/Clark Kent/Superman. On est loin d’une narration linéaire classique, et cela permet de s’affranchir d’une trop longue introduction chronologique. Une première moitié plutôt calme donc, qui se permet quelques beaux moments, entre réflexions sur les symboles, le pouvoir, la peur de l’inconnu, et moments d’intimité et d’émotions, notamment avec ses parents adoptifs. Ne négligeant pas pour autant quelques scènes d’action, notamment une séquence d’introduction sur une planète Krypton à l’agonie absolument sublime, sans doute ce que le cinéma a pu offrir de plus beau depuis « Avatar », cette première partie est tout simplement un modèle du genre, représentant peut-être tout ce qu’un film de super-héros devrait être. Oui, à la mode Nolan sur sa trilogie Batman, Superman est replacé dans un contexte tout à fait actuel, réaliste, mais sans oublier que Kal-El est un alien venu d’une autre planète. « Man of Steel » est un pur film de science-fiction, ce que l’introduction montre dans toute sa splendeur.

 

Man of steel 1

 

C’est peut-être la seconde moitié du film qui divisera les spectateurs. Nolan laisse la place à Snyder, la réflexion cède la place à l’action. Et puis il s’agit quand même de Superman, faut pas déconner ! Alors oui, il y  a de l’action, beaucoup d’action, peut-être trop pour certains. Mais quelle action ! Snyder s’est fait plaisir, tout en laissant tomber quelques uns de ses tics un peu lourdingues (oubliez les ralentis !). Effets spéciaux hallucinants (avec tout de même, et c’est étonnant, quelques bémols sur les transitions acteurs virtuels-acteurs réels), scènes de destruction dantesques, combats titanesques entre surhommes, etc… Tout y passe ! Et c’est plutôt bien réalisés, les combats sont lisibles et surtout assez jouissifs (certains y voient du « Dragon Ball Z », et j’avoue qu’il y a parfois un peu de ça). Voire des surhumains que rien ou presque n’égratigne se battre à mains nues permet toutes les folies visuelles. Certains plans sont à ce titre vraiment réussis (comme une quasi vue subjective pour un vol et un combat entre les buildings de Metropolis). On regrettera tout de même un effet « shaky-cam » (caméra qui tremblote) un peu trop présent parfois.

 

Man of steel 2

 

La réussite du film doit aussi beaucoup à son casting. Et on n’est pas loin du sans faute. Henry Cavill ressemble vraiment au casting parfait. Il incarne à merveille l’homme d’acier, aussi bien dans son aspect humain que dans son aspect Superman. Deux autres personnages importants (plus pour l’histoire personnelle du héros que réellement présents à l’écran) sont aussi très réussis : Jor-El, le père de Kal-El, joué par Russel Crowe qui signe là un joli retour sur le devant de la scène et surtout un impeccable Kevin Costner en Jonathan Kent, le père adoptif de Superman, tout en retenue, toujours prêt à conseiller son fiston, bien conscient qu’il va au devant d’une vie difficile mais faisant tout pour lui inculquer le meilleur. Une très belle réussite, et ça me fait plaisir, car j’ai toujours eu beaucoup de sympathie pour cet acteur. Evidemment, pour faire un bon héros, il faut un bon méchant. Là encore, c’est réussi, Michael Shannon endossant de belle manière le rôle du Général Zod, personnage qui, bien que jusqu’au-boutiste (ce qui est totalement justifié par le scénario), lutte fièrement pour ses idéaux. Un méchant certes, qui a perdu son « humanité », mais sincère avant tout et prêt à tout pour la survie de son peuple. Un mot également sur un élément fondamental du long-métrage : sa musique. Hans Zimmer fait du Hans Zimmer, on a un peu l’impression d’avoir déjà entendu ça, il n’empêche que le compositeur signe ici une composition somptueuse, une des meilleures de sa carrière, qui porte le film de bout en bout, aussi bien dans l’action que dans l’émotion. Superbe !

 

Man of steel 3

 

J’imagine que vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé ce film, qui se rapproche pour moi des meilleurs films de super-héros. Dans un style bien différent des films Marvel, beaucoup plus sérieux qu’un « Iron-man » ou un « Avengers », « Man of Steel » nous offre un film plein, offrant une grosse dose d’action, sans oublier (bien au contraire !) de présenter son héros et tous les enjeux qui vont avec. On pourrait sans doute lui reprocher un trop grand déséquilibre entre ses deux composantes bien distinctes, les deux parties ne se mélangeant pas vraiment. Mais le fait d’avoir ces deux éléments dans un seul et même film n’est pas si courant. Ne boudons pas notre plaisir, Superman vient enfin d’avoir un film moderne à sa hauteur, 35 ans après le fameux « Superman » de Richard Donner avec Christopher Reeves. Ouf, il était temps, et vivement la suite avec la même équipe car il y a encore beaucoup à faire et à dire sur l’homme d’acier (son histoire avec Lois Lane, Lex Luthor, etc…). Au vu du démarrage en trombe au box-office américain, nul doute qu’elle arrivera sous peu.

 

Man of steel 4

 

  
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