Exodes, de Jean-Marc Ligny

Posted on 29 juillet 2013

Voilà un roman qui a beaucoup fait parler de lui à sa sortie, parce que crédible, terrible, flippant. Il végétait sur ma PAL depuis trop longtemps, j’ai donc décidé de lui faire un sort. Je ne me suis pas jeter du haut d’un immeuble à l’issue de ma lecture, mais ce n’est pas passé loin, c’est dire l’espoir que véhicule ce roman…

 

Quatrième de couverture :

Le réchauffement climatique s’est emballé au point que la Terre devient une planète hostile à la vie. Partout la civilisation s’effondre, les hommes n’en ont plus pour longtemps, et ils le savent.

Va-t-on, comme Pradeesh Gorayan et sa famille, dans l’enclave sous dôme de Genève, poursuivre notre train-train comme si de rien n’était ?

Va-t-on, comme Mercedes Sanchez, en Espagne, se réfugier dans la religions et attendre des Anges venus du ciel qu’ils nous emportent au jardin d’Éden ?

Va-t-on, comme Fernando, le fils de Mercedes, rejoindre les Boutefeux et précipiter notre destruction dans une orgie de feu et de violence ?

Va-t-on, comme l’Italienne Paula Rossi, vendre corps et âme pour quelques médicaments ?

Va-t-on, comme Mélanie Lemoine, consacrer nos ultimes forces à sauver les derniers animaux ?

Va-t-on, comme le marin Olaf Eriksson et sa femme, fuir les îles Lofoten et chercher une terre un peu plus hospitalière, vierge de toute présence humaine ?

C’est le temps des exodes, et, tels des termines sur une bûche enflammée, les derniers hommes courent en tous sens pour échapper à l’enfer…

 

Noir c’est noir

Exodes - LignyDans un futur non daté mais proche (mais que l’on n’espère pas trop proche quand même…), la Terre se meurt, et les hommes et les femmes qui la peuplent tentent de survivre aux rythmes de ses soubresauts : inondations, tempêtes, chaleur insoutenable. Résultat : la ceinture équatoriale, véritable fournaise, s’est très largement agrandie, et une bonne partie de la planète est devenue inhabitable. Les populations se sont déplacées vers des lieux encore un tant soit peu hospitaliers, provoquant les Guerres d’Immigrations. Les gouvernements ont fini par sombrer, les peuples sont livrés à eux-mêmes, parfois en formant des communautés pacifiques, parfois misant sur la violence et la terreur tels les Boutefeux ravagés par la drogue et ayant juré de tout passer par les flammes, ou les Mangemorts au nom évocateur…

C’est dans ce contexte que l’on suit plusieurs personnages, cités sur la quatrième de couverture. Le roman est divisé en quatre parties, chaque partie étant également séparée en chapitres s’intéressant successivement à un de ces personnages. Une construction intéressante et très cohérente, loin d’être un simple artifice. Bien évidemment, tous ces personnages vont se croiser au fil du roman, filant vers une fin inéluctable.

Ce n’est pas un roman joyeux, disons-le clairement. Il y a pourtant ici et là quelques notes non pas heureuses, mais disons d’espoir. Quelques notes parsemées ici ou là, rapidement ravagées par les drames qui ne cessent de pleuvoir sur l’humanité. L’humanité dans sa globalité qui a sans doute bien cherché ce qui lui arrive, mais quand on se rapproche des individus, il est bien difficile de ne pas s’émouvoir de ce qu’ils vivent…

« Exodes » pose bien des questions sur le comportement des hommes, aussi bien sur les conséquences écologiques de leurs actes (sans chercher de cause précise à ce qui est arrivé, mais la simple énumération des changements climatiques fait froid dans le dos) que sur les comportements de survie. Car les personnages du roman en sont la preuve : c’est l’instinct de survie qui prime, aussi bien à travers Pradeesh Gorayan, habitant de l’enclave de Davos en Suisse (un endroit sur-protégé ou une élite tente de survivre sans rien changer aux habitudes qui ont mené à la mort de la Terre), qu’à travers Fernando Sanchez qui se sent vivre en détruisant par le feu tout ce qu’il rencontre. C’est aussi le cas chez Paula Rossi, prête à faire commerce de son corps pour sortir ses enfants de l’horreur et trouver un médecin pour soigner le plus jeune, ou chez Mélanie Lemoine qui a voué sa vie à sauver les rares animaux qui peuvent l’être. Diversité des comportements donc, mais tous tendent au fond vers un même but : vivre.

Un roman sans aucun doute dans l’air du temps, mais terriblement déprimant, avec certaines images chocs, à l’image de certains paysages traversés par les personnages : rivières asséchées, plaines envahies par la mer, nombreuses ruines de l’ancienne civilisation et autres lieux auparavant vivants maintenant totalement détruits. Frôlant parfois un peu la démonstration, il n’en reste pas moins qu’Exodes constitue un roman important, un roman marquant. Et moi en tant que lecteur, j’ai pris une belle claque.

 

Lire aussi les avis de Lune, Gromovar, Julien, Cornwall, EndeaTigger Lilly, Brize, les chemnis de Khatovar, les vagabonds du rêve, la maison muette, Gruznamur.

  
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