Thorn et autres récits, de Robert Holdstock

Posted on 26 août 2013

Il y a longtemps déjà que je souhaitais lire du Robert Holdstock. Efelle en a d’ailleurs rajouté une couche dernièrement. Mais avant de me lancer dans un cycle important, je voulais commencer en douceur, histoire de savoir un peu de quoi il retournait. Au cours d’un « Marché du Livre » qui a lieu tous les mois à Bécherel, j’ai déniché ce « mini Lunes d’Encre », un petit volume promotionnel, offert il y a quelques années pour l’achat d’un roman de cette même collection. 140 pages, quatre nouvelles, l’introduction idéale en somme.

 

Quatrième de couverture :

Pas de texte sur la quatrième de couverture.

 

Une belle introduction à l’auteur

Thorn et autres récits - HoldstockOn entre dans le vif du sujet avec « Enfantasme », une excellente entrée en matière qui allie magie, mystères et humour pour revisiter les origines d’Arthur. On y rencontre un Merlin contraint d’accéder à la demande d’un chef de guerre, Uvérian le Dragon (mmmh, Uvérian le Dragon, Uther Pendragon, tiens tiens…) de lui « fournir » un enfantasme, ce qui lui permettrait de s’ébattre joyeusement avec Grainne (mmmh, Graine, Ygraine, tiens tiens…), la splendide épouse de Gorlodubnus (mmmh, Gorlodubnus, Gorlois, tiens tiens… Ok, j’arrête !^^). Une nouvelle captivante, avec une chute bien trouvée (et logique pour les adeptes du cycle arthurien), on commence donc avec un sans-faute !

La deuxième nouvelle, « Le garçon qui franchissait les rapides », est elle aussi superbe. Récit d’un jeune garçon, Caylen, que les habitants du village croient possédé par un démon, l’arrivée d’un homme mystérieux porteur d’un lourd secret fera prendre à la vie du jeune homme un virage inattendu. Une subtile histoire sur les légendes et les croyances, et ce sur quoi elles s’appuient pour rester « vivantes ». Une nouvelle fois une superbe chute, un nouveau sans-faute.

On poursuit avec « Thorn », ou l’histoire d’un sculpteur qui travaille à l’édification d’une église, mais en couvert pour une divinité issue de la nature. Bien évidemment, les choses vont se compliquer tant les dieux païens ont leur propre façon de fonctionner, loin des considérations humaines. Une histoire sombre et cruelle, à l’ambiance très réussie.

Et enfin on termine avec « Les arbres à charisme », curieux mélange de science-fiction et de fantasy, plutôt amusant (avec des références en forme de clins d’oeil au petit monde la SF), mais finalement pas inoubliable, et tranchant assez nettement avec les trois autres nouvelles. Une belle narration tout de même (forme épistolaire) et l’occasion de montrer que Robert Holdstock n’a pas fait uniquement dans la fantasy sylvestre celtique.

Au final, « Thorn et autre récits » aura su me démontrer que la belle plume de l’auteur et les thèmes qu’il traite (ode à la nature et notamment à la forêt, parfois traitée quasiment comme un véritable être vivant, magie relevant plus du druidisme/shamanisme que de la magie classique, s’inspirant et s’intégrant on ne peut mieux dans cet esprit celtique qui baigne le recueil, origine des mythes, etc…), notamment le côté fantasy celtique (aspect celtique qu’il serait, notons-le histoire d’éclaircir les choses, bien trop réducteur d’associer aux seules régions de l’ouest de l’Europe, les Celtes à leur apogée s’étendant largement jusqu’en Europe Centrale) semblent être faits pour me plaire ! Raison de plus pour me pencher dans l’avenir sur son « Codex Merlin », mais également sur le fameux cycle des « Mythagos ».

 

Lire aussi l’avis de ActuSF.

Chronique écrite dans le cadre du challenge « JLNN » de Lune.

  
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