Breaking Bad

Posted on 23 janvier 2014

Tout le monde connait cette série, au moins de nom, en tout cas toutes celles et ceux qui passent par ici. Mais qu’importe, puisque si le show s’est achevé en fin d’année dernière aux US et qu’il faut définitivement tirer un trait sur ce qui représente pour moi le must absolu en matière de série télé, c’est l’occasion pour moi de crier ici mon amour inconditionnel envers Vince Gilligan, le créateur de la série, et son bébé.

 

Breaking Bad 2

 

La grande force de « Breaking Bad », c’est son écriture. Toute en finesse, à première vue assez indolente (la première saison se permet de bien prendre son temps), elle est néanmoins remarquable de cohérence et totalement implacable. Le bénéfice de passer sur une chaîne câblée américaine, c’est que le show peut se permettre d’aller au bout de ses idées. Et on peut dire que Vince Gilligan ne s’est pas gêné pour le faire ! N’épargnant rien à ses personnages, ni aux spectateurs, en jouant sur la moralité, l’ambiguïté, les conséquences de nos actes, floutant la limite entre bien et mal, tout en nuance de gris, l’équilibre trouvé par le showrunner est à saluer. Qu’est ce qui fait pencher un homme vers le côté obscur ? Ses actes, ses motivations, ou bien la décision consciente de devenir mauvais ? Tout le sel de la série est ici.

 

Breaking Bad 3  Breaking Bad 4

 

Bien sûr, « Breaking Bad » doit aussi beaucoup à ses personnages, et en premier lieu à ce fantastique personnage principal qu’est Walter White. Au départ simple prof de chimie dans un lycée, il apprend qu’il est atteint d’un cancer. Dans sa volonté de protéger sa famille et de tout faire pour la mettre à l’abri du besoin (et devant des frais médicaux exorbitants), il utilise ses connaissances en chimie et se lance dans un petit trafic de méthamphétamine. C’est l’engrenage qui se met en route. Implacable. Un engrenage duquel Walter White n’arrivera pas à se défaire. Mais le veut-il vraiment ? C’est là toute l’ambiguïté du personnage, un personnage complexe et fascinant, là encore tout en nuances de gris. Car oui Walt est attachant. Il tient à sa famille plus que tout. Oui on l’aime. Mais il est aussi capable des pires choses, menaçant, manipulateur, voire plus… La série n’hésite à mettre le spectateur mal à l’aise, en lui montrant clairement les contradictions du prof-dealer. Un personnage comme on en voit peu, et qui peut passer en un instant du type normal à un autre bigrement plus inquiétant (un passage devenu culte) :

 

 

Autour de lui gravitent tout une série de personnages tout aussi réussis, de Jesse Pinkman, le camé-dealer au grand coeur, à Skyler White, la femme de Walt, une femme forte et indépendante, qui fait elle aussi passer sa famille avant tout mais pas forcément de la même manière que son époux, en passant par Hank Shrader, le beau-frère de Walt, agent de la brigade des stups, mais aussi le glaçant Gustavo Fring, dealer sans pitié, ou bien Saul Goodman, avocat véreux, associé (et roue de secours très utile !) dans tous les mauvais coups de Jesse et Walt (devenu tellement emblématique qu’il bénéficiera même d’une série rien que pour lui prochainement !). Toutes ces personnes suivent une évolution intéressante, en passant par des hauts et des bas, mais toutes sortiront changées de ces événements (en tout cas celles qui s’en sortent…).

 

Les lunettes n'ont pas changé, mais le reste...

Les lunettes n’ont pas changé, mais le reste…

 

Les acteurs incarnent leur personnage à la perfection, et je ne cesserai de m’ébahir devant la prestation de grande classe de Bryan Cranston, unanimement saluée, qui personnifie magistralement Walter. La pluie de récompenses est totalement justifié (entre autres, 3 Emmy Awards et un Golden Globe, mais la liste est très longue !). Mais il n’est pas le seul, Aaron Paul (Jesse Pinkman) est lui aussi impressionnant (2 Emmy Awards), etc… Je pourrais ainsi citer une bonne partie du casting.

 

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La série étonne également sur le plan cinématographique. Entre plans millimétrés et colorimétrie réfléchie (couleurs saturées dans le désert, plus sombres dans les labos, etc…), c’est très réussi, et tout à fait au niveau d’un long métrage.

 

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Étalée sur 62 épisodes et cinq saisons (la meilleur durée pour une série ?) assez ramassées (7 épisodes pour la première, 13 pour les suivantes et 2×8 pour la dernière, n’est-on pas là aussi dans la longueur idéale pour une saison, permettant de laisser de côté les épisodes « one-shot » à l’intérêt souvent discutable, trop souvent utilisés par les séries plus longues ?), la série se clôt de manière implacable, avec un rush fantastique sur les 8 derniers épisodes (mais une fois passée la première saison, toutes les suivantes sont un rush fantastique !). Best série of the world je vous dis ! Même le générique est génial, avec ces quelques notes de musique reconnaissable entre mille, et son iconographie frappante.

 

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Breaking Bad 7

 

Alors bien sûr, cet article sur une série qui n’a rien de SFFF n’a a priori pas grand chose à faire ici, mais c’est aussi un prétexte pour que tout le monde se mette dans la tête l’écriture de mon nom. Car maintenant, quand je vous demanderai :

 

 

Vous pourrez répondre sans vous tromper (n’est-ce pas Gzhappure ! :mrgreen: ) :

 

Pour la petite histoire, "Rh" c'est le rhodium.

Pour la petite histoire, « Rh » c’est le rhodium.

 

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(Modèles de T-shirts par Jeffrey Lo et Geekshirts)

  

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