Zapping cinéma, épisode 10

Posted on 16 mai 2014
Un zapping cinéma qu’il faudrait que je renomme puisqu’à nouveau il ne concerne que des séances de rattrapage en VOD et une série TV. Mais ça reste du cinéma n’est-ce pas ? Et de la TV aussi, ok…^^

 

Carnage - afficheCarnage, de Roman Polanski

Un film adapté d’une pièce de théâtre, et ça se sent (un peu trop ?) puisque l’intégralité du film (hormis le plan d’introduction et de conclusion) se passe dans un seul et même appartement. Deux couples se rencontrent suite à l’altercation qui a eu lieu entre leurs enfants, l’un ayant brisé deux dents de l’autre avec un bâton. S’en suit une discussion qui, entre malentendus, désaccords et situations rocambolesques, va progressivement s’envenimée. Humour noir et cynisme grinçant sont au programme de ce film sympathique mais pas majeur de Polanski. Pour autant, le casting étincelant fait des merveilles (et il le fallait bien puisque le film repose repose entièrement sur les épaules de ce quatuor, même si on sent les acteurs parfois sur la corde raide et à la limite du too-much) : Jodie Foster, Kate Winslet, John C. Reilly, et un admirable Christoph Waltz au terrifiant et drôlissime cynisme. Reste tout de même quelques longueurs malgré sa courte durée d’1h20 (difficile de faire durer cette situation sans ressentir une certaine lassitude), mais les dialogues jubilatoires et la performance des acteurs fait le reste. Un bon moment !

 

Zulu - afficheZulu, de Jérôme Salle

« Zulu » est un thriller âpre, réalisé par le français Jérôme Salle. Dans une Afrique du Sud post-apartheid mais toujours rongée par ses démons intérieurs, deux policiers (campés par un toujours impeccable Forest Whitaker et un Orlando Bloom bien décidé à casser son image de beau gosse bien sous tous rapports) tentent d’élucider une affaire de meurtre qui semble avoir des ramifications plus complexes qu’il n’y parait. Ne s’épargnant pas quelques scènes de violence, le film se révèle plutôt efficace, aussi bien dans les scènes d’action que sur le plan psychologique (même si sur ce dernier point, rien de forcément très original). J’aurais tout de même aimé que la réflexion politique aille un peu plus loin, mais ce n’était sans doute pas le propos de ce film qui aurait alors dû sérieusement rallonger la sauce, au risque de diluer sa force. Car de ce côté là, l’intensité est bien présente. Certes, il y a ici ou là quelques facilité scénaristiques mais une belle scène finale (portée par une superbe musique du lui aussi français Alexandre Desplat) rattrape le tout.

 

Away we go - afficheAway we go, de Sam Mendes

Sam Mendes est un réalisateur que j’apprécie. Beaucoup. Avec des films aussi excellents que « Les sentiers de la perdition », le célèbre « American Beauty » et surtout le prodigieux chef d’oeuvre (que je ne saurais trop vous recommander) « Les noces rebelles », difficile de ne pas suivre sa carrière avec intérêt. Il y a dans sa filmographie un regard acéré sur notre société, il sait la décrypter et en parler sur un ton juste (notamment lorsque certaines scènes font écho à votre vie personnelle comme c’est le cas ici). « Away we go » est pourtant un film très simple, sur un couple qui attend un enfant mais qui ne sait pas vraiment comment se situer. Sans attaches matérielles, ils vont à la rencontre de leur famille et leurs amis dispersés sur le continent américain pour décider d’où s’installer. S’en suit une galerie de portraits parfois cinglés, parfois pathétiques, et parfois juste tristes. Un film court (1h30) mais qui prend son temps, accompagné d’une très jolie B.O. Et pour qu’un film de ce genre fonctionne, il faut que le couple à l’écran fonctionne. Et c’est le cas à la puissance 1000. John Krasinski et Maya Rudolph sont superbes, à la fois extrêmement justes et terriblement sympathiques et attachants. Le genre de film qui, mine de rien, vous fait réfléchir à votre propre vie, et surtout vous fait du bien.

 

Orphan Black - afficheOrphan Black, saison 1, de John Fawcett et Graeme Manson

On en avait parlé sur le forum du Planète-SF, conseillé par Gromovar et surtout Baroona. Voilà donc une série qui met en scène une jeune femme témoin d’un suicide d’une femme qui lui ressemble étrangement. Les choses se compliquent lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle n’est pas la seule à lui ressembler, et qu’elles semblent toutes poursuivies par un tueur…
Tout n’est pas foncièrement original dans cette série, la narration notamment (à base de complots/trahisons/retournements de situation) me fait penser à la façon de fonctionner de la série « Alias » sans aller aussi loin d’en l’excès (mais il ne s’agit ici que de la 1ère saison), mais c’est très rythmé, et sur 10 épisodes, difficile de s’arrêter avant le fin mot… qu’on n’aura pas tout de suite bien sûr, cliffhanger oblige !
La très belle prestation de Tatiana Maslany est à souligner, elle qui parvient à jouer un paquet de rôles différents, tous très réussis, et qui ont chacun leur personnalité (sans éviter quelques clichés au passage : la jeune femme issue de la rue et un brin rebelle, la geek, la desperate housewive, etc…).
Il y a par moments des passages et des considérations qui ne dénoteraient pas dans un vrai contexte SF voire cyberpunk (transhumanisme, évolution future de l’humain, éthique de la science, etc…). J’aimerais voir les scénaristes aller vraiment plus avant dans cette réflexion, ce que le dernier épisode laisse entrevoir. La deuxième saison nous donnera peut-être quelques réponses. Je répondrai présent.

 

  
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