Godzilla, de Gareth Edwards

Posted on 25 mai 2014

Godzilla. Un nom qui me fait frémir, non pas à cause du monstre en lui-même (je ne suis pas suffisamment connaisseur du « personnage »), mais plutôt à cause du douloureux souvenir du film de Roland Emmerich en 1998 avec Jean Reno… Autant dire que c’était au départ mal barré pour me faire aller au ciné voir ce nouvel opus sur la bête. Et pourtant, la science marketing du studio a fait son effet. A coup de bandes-annonces bien faites, aguicheuses et bien montées (non, n’ayez pas l’esprit mal placé…^^), insistant sur une ambiance vraiment stressante, l’envie d’aller tâter du bestiau est arrivée.

Godzilla 13

Et ça commence plutôt bien, comme souvent dans ce genre de film : tant qu’on ne voit pas la bête. Scènes d’exposition, puis dramatiques dans la longue introduction, tout cela est bien mené. Je commence à me dire que Gareth Edwards (réalisateur que j’avais apprécié dans « Monsters ») a fait du bien à la licence. Et puis… Et puis… Ça a fait pschitt…

Godzilla 04

Parce qu’après, c’est festival ! Festival d’acteurs en roue libre, notamment Ken Watanabe qui incarne un scientifique qui ne sait rien faire d’autre que froncer les sourcils tout le long du film pour montrer qu’il réfléchit (sa prestation est du niveau de Keanu Reeves dans « Le jour où la Terre s’arrêta », c’est dire !). Seul Bryan Cranston surnage, mais son rôle reste trop court…

Godzilla 08

Festival d’incohérences scénaristiques et de personnages idiots (des soldats qui inspectent des salles dans un complexe militaire à la recherche d’un monstre alors que celui-ci est sorti à l’extérieur en défonçant tout son passage, y compris la montagne dans laquelle était construit le complexe… Sérieusement… -_- Ou bien un bus qui s’arrête à cause d’un obstacle juste devant lui, obstacle qui disparaît comme par magie dans le plan suivant… Et j’en ai encore plein d’autres en réserve, mais je ne spoilerai pas), festival de déploiement militaire pour contrer la menace (chose qui ne m’intéresse pas vraiment, je pensais qu’on allait plutôt s’intéresser aux personnages comme l’avait si bien fait le réalisateur dans son film précédent), festival de premier degré pour un film qui n’a pas l’intelligence de jouer la série Z assumée comme l’avait réussi « Pacific Rim », festival d’explications  (ou plutôt d’approximations) scientifiques improbables, festival de personnages inintéressants dont on se fout ou presque (et les femmes, mon dieu les femmes… Déjà on les compte sur les doigts d’une main, et leur rôle est réduit de la figuration de femme éplorée, gardant les enfants, etc… C’est d’une tristesse…), etc… Gareth Edwards tente également de recycler quelques petites choses déjà vues dans « Monsters », tel le « câlin monstrueux », mais autant ça fonctionnait dans ce dernier (et avait une réelle signification), autant ici ça tombe à plat. Preuve d’un manque d’idées ?

Godzilla 11

Ceci dit, tout n’est pas à jeter heureusement, quelques belles scènes planent au-dessus du lot (le superbe saut halo par exemple, déjà vu dans la bande-annonce), et techniquement bien sûr, ça envoie du lourd. La réalisation globale est d’ailleurs vraiment à la hauteur, et les combats sont vraiment bien filmés. Le symbolisme du film est intéressant (bien qu’asséné à coup de marteau dans la tête des spectateurs, au cas où ceux-ci seraient idiots…), Fukushima bien sûr, le 11 septembre au détour d’une image, et la puissance de la nature, incarnée par un Godzilla qui oublie qu’il dispose de quelques bottes secrètes, sauf à la fin du film, forcément…

Godzilla 01

Alors j’ai envie de dire tout ça pour ça !… J’ai été voir ce film peu de temps après « The Amazing Spider-Man 2 », et j’ai trouvé ce dernier bien moins long que ce « Godzilla » qui dure pourtant vingt bonnes minutes de moins… Ça se prend trop au sérieux pour moi. Quitte à voir un bon gros film de monstres qui tache (car elle est partie loin la subtilité de « Monsters »…), j’ai nettement préféré la bonne humeur assumée d’un « Pacific Rim » par-un-geek-pour-les-geeks. Peut-être est-ce ma faute, peut-être me suis-je fourvoyé en m’imaginant aller voir quelque chose de différent, mais pour moi « Godzilla » est la démonstration indécente qu’il est facile de duper le spectateur avec un marketing bien mené. Mais également que l’idée d’embaucher un scénariste ne semble toujours pas avoir fait surface chez les fabricants de blockbusters. À moins que, chez les mutants… 😉

Godzilla 02

Godzilla - affiche

  

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