X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer

Posted on 28 mai 2014

La franchise X-Men est une des franchises de super-héros que j’apprécie le plus. Parce qu’il y a un fond, un message, et des personnages plus complexes qu’il n’y paraît. Toutefois non dénuée de défauts (notamment avec un assez pauvre « X-Men Origins : Wolverine »), elle avait néanmoins montré qu’elle avait encore des choses à dire avec le très bon « X-Men : Le Commencement ». Un des problèmes apparu au fil des ans et des nouveaux opus (réalisés par différentes personnes, avec parfois une vision différente des autres) est que la saga cinématographique est devenue un sacré bazar ! Problèmes de cohérences, de continuité, tout cela laissait parfois à désirer… Alors quand Bryan Singer (réalisateur des deux premiers films X-Men) décide de revenir aux manettes pour mettre un peu d’ordre dans tout ça, on peut espérer le meilleur.

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Le film commence dans une atmosphère qui surprend : on ne sait pas où on est, à quelle époque… Déstabilisant ! Et puis les choses se mettent en place : le futur est sombre, en 2023 les mutants sont internés dans des camps. L’allusion est forte, et fait forcément résonance avec ce qu’a vécu Magnéto durant la deuxième guerre mondiale (souvenez-vous, la très forte scène d’intro de « X-Men 1 », reprise dans « X-Men : Le Commencement »). Les Sentinelles, ces robots capables de changer de forme et d’adapter leurs capacités en fonction de leurs adversaires, sont redoutables d’efficacité et pourchassent à mort les mutants qui continuent à fuir ce qui ressemble bien à une nouvelle « solution finale ». Une seule possibilité semble s’imposer : faire revenir quelqu’un dans le passé, grâce aux pouvoirs de Kitty Pryde (elle a ce pouvoir, Kitty Pryde ? C’est nouveau ? Mais peu importe après tout !) pour tenter de faire changer les événements qui ont abouti à cette situation. C’est Logan/Wolverine qui s’y colle, son pouvoir de guérison devant lui permettre de supporter le voyage.

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Ce film offre donc la possibilité de réunir les castings des deux époques portées à l’écran. Tous les personnages ne sont pas doublés (passé/futur), en fait seuls Xavier et Magnéto le sont (les autres sont absents du futur, pour X raisons, haha !), Patrick Stewart/James McAvoy pour le premier, Ian McKellen/Michael Fassbender pour le second. Mais le futur nous permet tout de même de voir, en plus des deux cités au-dessus, Tornade, Colossus, Iceberg, Bishop (Omar Sy !), ou encore Blink (personnage très intéressant qui offre de jolies perspectives, les joueurs du jeu vidéo « Portal » comprendront tout de suite) entre autres. Un futur sombre, on l’a dit, et qui n’épargne vraiment pas les personnages, parfois de manière très violente. Pas de sang bien sûr, pour garder un classement « tout public », pour autant démembrements et crânes défoncés, X-Men ou pas, ça marque…

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Mais l’essentiel du film se passe dans le passé. En 1973 très exactement. Là, Wolverine rencontrera un Professeur Xavier qui n’est plus que l’ombre du lui-même (incarné par un James McAvoy qui livre ici une excellente prestation) suite aux événements de « X-Men : Le Commencement », tandis que Magnéto (Michael Fassbender charismatique dans la peau de ce personnage complexe et fascinant) semble être inaccessible, pour des raisons que je n’expliquerai pas ici. Mystique (gracieuse Jennifer Lawrence) sera le personnage central, celui sur lequel tout se joue, alors que Wolverine restera finalement assez spectateur de l’action, sorte d’avatar du spectateur tout compte fait. La galerie de mutants tient là plus du fan-service qu’autre chose tant les apparitions de certains sont courtes (Havok, le Crapaud, Ink), mais pourtant rien n’est gratuit et tout s’intègre dans une globalité qui ne laisse rien au hasard. Car le scénario a clairement été pensé en ayant les six films précédents de la franchise en tête (et pour profiter pleinement du spectacle, le spectateur devrait en faire autant !). Nombreuses références et autres clins d’oeil (le film peut tout aussi bien être vu par un novice, rassurez-vous !) mais surtout cette intention de tout remettre à plat. Et là, j’entre de plein pied dans les spoilers… 😉

Pour ceux qui ont vu le film : clic ! Les autres : continuez au paragraphe suivant.

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Mais tout ceci n’est pas la seule force du scénario, qui brasse également les thèmes habituelles de cette saga : l’acceptation, la différence, le racisme, etc… Des thèmes forts, s’appuyant sur notre propre histoire. Mais aussi des thèmes qui sentent un peu la redite tant ils semblent être toujours les mêmes d’un film à l’autre. Les scènes entre Xavier et Magnéto ont vraiment un fond intéressant, magnifié par le jeu de McAvoy et Fassbender, les deux gros atouts du film côté acteurs. Mystique apporte également son lot de réflexions, et les actions des uns et des autres questionnera forcément le spectateur. Qui a raison ? Qui a tort ? Par quels moyens arriver à ses fins ? Et si la vérité se situait dans un entre-deux, cette zone de gris entre l’optimisme de Xavier et l’extrémisme de Magnéto, personnages dont les buts ne sont finalement pas si éloignés ? Les fait que ses deux héros se connaissent par coeur et soit à la fois amis et ennemis ne fait que compliquer l’équation, et finalement les points de vue des différents protagonistes peuvent finir par tous sembler acceptables…

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Au chapitre de la réalisation, Bryan Singer oblige, il n’y a pas grand chose à reprocher, et le fait que les combats et les destructions ne soient pas prédominants me réjouit au plus haut point. Il y en a bien sûr (faut pas déconner quand même !^^), et la démonstration technique impose le respect, mais l’essentiel ne se situe pas là. Encore une fois, « X-Men » c’est plus que ça, l’antithèse d’ « Avengers » (qu’on regarde sourire aux lèvres, mais en laissant son cerveau à l’entrée du cinéma, l’action phagocytant la réflexion) en somme. Entre effets de style, pause dans l’action, instants de silence, le réalisateur impose sa patte, ne cédant jamais à l’esbroufe pour l’esbroufe. Et puis comment ne pas parler d’UNE scène, sans doute la plus marquante du film, à la fois techniquement bluffante et très drôle, un moment de bravoure que le réalisateur accorde à un personnage finalement secondaire dans l’intrigue : Vif-Argent, ce sprinteur de l’extrême. Ralenti, bullet-time, etc… Renversant !

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Bref, deux heures de bonheur, que j’ai à peine vu passer (à peine, car il y a bien un petit problème de rythme à un moment, comme un instant de flottement dans l’intrigue). « X-Men : Days of Future Past » est la démonstration qu’avec Bryan Singer aux commandes, la franchise X-Men est entre de bonnes mains et qu’elle est (en tout cas pour moi) ce qui se fait de mieux dans le genre super-héroïque. L’attente pour « X-Men Apocalypse » (prévu pour mi-2016, toujours avec Bryan Singer à sa tête) n’en est que plus longue !

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X-Men Days of Future Past - affiche

  
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