Space opéra, de Jack Vance

Posted on 7 juillet 2014
Quoi de mieux pour débuter un challenge sur le space opera qu’un roman baptisé « Space opéra » ? Jack Vance s’amuse ici avec le terme qu’il prend au pied de la lettre pour servir au lecteur un « petit » roman drôle et caustique…

 

Quatrième de couverture :

La musique, dit-on, est universelle…

C’est pour s’en assurer que Dame Isabel Grayce décide un beau jour, accompagnée d’une troupe d’opéra au grand complet, de quitter la Terre à bord du Phébus afin d’offrir aux multiples races extraterrestres de la Galaxie les ivresses de la Grande Musique. Objectif ultime : la planète Rlaru, dont la réputation a traversé le vide interstellaire.

Mais la musique n’adoucit pas forcément les mœurs, et les performances de la compagnie, au fil de son voyage à travers les mondes, va rarement rencontrer l’accueil espéré. Entre des extraterrestres passablement récalcitrants, guère sensibles aux sirènes artistiques, et les divagations romantiques de Roger, le neveu de Dame Isabel, et du capitaine d’un vaisseau bientôt fantôme, l’odyssée du Phébus pourrait bien prendre des airs de Crépuscule des Dieux !

Jack Vance nous offre ici un petit chef-d’œuvre de space opera humoristique, où la Musique des Sphères est à la portée du canon d’un chœur d’opéra !

 

Space opera = opéra dans l’espace, CQFD

Space opéra - VanceJack Vance commence à se faire assez présent sur ce blog, et il faut bien dire qu’au fil de mes lectures, je n’ai pas eu souvent l’occasion de me plaindre. L’évasion est toujours au rendez-vous, l’auteur sait embarquer le lecteur dans des aventures colorées et dépaysantes. Dans ce « Space opéra », Vance se joue du terme pour le prendre au pied de la lettre, et ainsi proposer un voyage galactique au rythme de l’opéra.

En effet, ce roman met en scène une certaine Dame Isabel Grayce qui décide, au terme d’une représentation dont personne ne sait réellement dire s’il a assisté à un chef d’oeuvre ou une supercherie, de tester l’universalité de la musique. Les peuples extraterrestres, quels qu’ils soient, sont-ils eux aussi sensibles à la « grande » musique, la seule, l’unique : l’opéra ? C’est donc l’occasion pour elle de former un équipage et une grande troupe de musiciens à même de jouer les plus grands airs sur différentes planètes, jusqu’au but ultime du voyage : la planète Rlaru, dont les habitants sont, dit-on, de grands amateurs de musique.

À travers ce roman, Jack Vance n’hésite pas à se moquer, avec beaucoup d’humour, de ces personnages élitistes, fervents admirateurs de la musique classique et dénigrant ouvertement tout autre types de musique. Entre bourgeoisie guindée et artistes à l’égo boursouflé, le milieu en prend pour son grade. Pour autant, le romancier se fend d’un personnage à la fois odieux et attachant en la personne d’Isabel Grayce. Intolérante, imbue d’elle même, sûre de ses choix, persuadée de détenir la vérité et n’hésitant pas à user de chantage pour arriver à ses fins, elle reste pourtant attachante en restant droite dans ses bottes et en continuant à croire en la mission qu’elle s’est elle-même fixée, malgré les déboires de son aventure.

Car déboires il y aura ! Ces extraterrestres n’ont en effet pas tous le même rapport à la musique que les humains. Entre incompréhension, ignorance voire hostilité, la théorie d’Isabel Grayce est mise à mal ! Et ce ne sont pas les problèmes amoureux de son neveu Roger Wool, cristallisés en la personne de Madoc Roswyn qui fera tourner la tête de plus d’un homme d’équipage, ou les secrets du capitaine Adolph Gondar qui vont aider à s’en sortir.

« Space opéra » est un roman drôle et léger, caustique aussi, n’hésitant pas à faire dans la critique l’air de rien et brassant quelques réflexions telles que la difficulté de communiquer, les problématiques du langage, etc… Sans doute pas un roman majeur de Jack Vance, il souffre d’un incontestable problème de répétition : quand bien même on suit avec intérêt les aventures du vaisseau Phébus, il faut bien dire que le schéma identique ou presque sur chaque planète (arrivée – représentation – réaction des spectateurs – contre-réaction de l’équipage – départ vers une autre planète) ternit un peu le tableau.

Ceci dit, encore une fois, l’évasion est au rendez-vous, et quand elle rime avec humour, c’est que Jack Vance a une nouvelle fois réussi son pari. Un roman sympathique qui laisse un bon petit souvenir.

Lire aussi les avis de Lhisbei, Tigger Lilly, Culture-SF, Au détour d’un livre, SF Emoi.

 

Critique écrite dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode II »  de Lhisbei.

 

  
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