Comics express, épisode 3

On continue avec la collection Hachette-Marvel. Ça fait un moment que je n’ai plus dit un mot sur les derniers volumes reçus, voici donc une première session de rattrapage avec au menu The Incredible HulkWolverine et les Avengers. Et pour les retardataires, les deux premiers comptes-rendus se trouvent ici et .

 

Comics Hachette 07  - The Incredible Hulk, Planète Hulk acte 1The Incredible Hulk : Planète Hulk acte 1, de Greg Pak, Carlo Pagulayan et Aaron Lopresti

Ah, Hulk ! Le fameux géant vert ! Un super-héros qui ne m’a jamais vraiment intéressé. Ok, il est fort, ok il n’arrive pas à se contrôler, mais sorti de là, c’est toujours la foire à la destruction, et ça ne vole pas bien haut… Du moins, c’est comme ça que je le vois, et je l’avoue, c’est sans doute très cliché. Mais que voulez-vous, les clichés ont parfois la vie dure…

Et voici donc que je reçois ce « Planète Hulk, acte 1 », donc autant le lire. Et là, c’est le choc, tous mes a priori volent en éclats, c’est peut-être le meilleur comics de la collection que j’ai lu jusqu’ici (avec « Thor Renaissance ») ! Hulk, incontrôlable, est donc envoyé par certains de ses « amis » sur une lointaine planète inhabitée, de manière à ne plus menacer personne. Mais le vaisseau subit un problème, et c’est sur une planète pleine de vie qu’il échoue…

A partir de là, le scénariste Greg Pak fait de cette histoire quelque chose d’absolument grandiose. Faisant de Hulk un gladiateur dans le plus pur style péplum (avec combats dans l’arène), puis quelque chose de bien plus grand, avec prophétie et tout le toutim, le récit vire carrément au planet-opera (avec background fouillé, différentes races avec leur histoire, leur géographie, etc… Oui oui, tout ça dans un comics !), et Hulk de mener finalement la révolte du peuple devant un pouvoir dictatorial et sanguinaire.

Il y a donc un monde profond et cohérent dans ce récit, et Hulk reste certes le personnage principal de l’intrigue mais on s’attache tout autant aux autres protagonistes comme Korg, Miek ou Caiera qui ont tous un passé, un caractère intéressants. Le tout est porté par une histoire épique, un drame personnel qui prend une toute autre ampleur lorsqu’il se transforme en drame planétaire. De l’action il y en a bien sûr, Hulk oblige, mais jamais elle ne prend le pas sur le reste, et l’émotion est bien présente, entre moments intimes ou dramatiques. C’est une véritable tragédie grecque qu’on nous met devant les yeux, en y ajoutant au passage quelques références à d’autres personnages emblématique de l’univers Marvel (notamment le Surfeur d’Argent qui fait une apparition remarquable et remarquée) !

Les dessins soutiennent parfaitement l’histoire, détaillés et colorés, avec quelques superbes planches qu’on prend le temps d’admirer. Ils capturent parfaitement l’atmosphère de ce récit, à mi-chemin entre heroic-fantasy et pure SF planet-opera. Citons également la qualité des bonus présentés, avec une double page sur Greg Pak, et quatre page qui approfondissent le background (cartes de la planète et de la capitale, présentation des principales peuplades, et précisions sur les principaux personnages de l’histoire).

« Planète Hulk, acte 1 », c’est donc, contrairement à ce que j’attendais, du grand comics, et je trépigne déjà avant l’arrivée de la deuxième partie, et ça tombe bien puisque c’est pour bientôt… Un gros coup de cœur pour ce Spartacus version comics !

Chronique écrite dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode II »  de Lhisbei.

Summer Star Wars, épisode II

 

Comics Hachette 08 - WolverineWolverine, de Chris Claremont et Frank Miller

Ce volume, qui reprend les épisodes 1 à 4 de la saga « Wolverine », nous propose ni plus ni moins que les premières aventures solo du héros aux griffes d’adamantium, lesquelles ont inspiré en partie l’adaptation cinématographique « The Wolverine : Le combat de l’immortel ». Et ces aventures donnent une consistance bienvenue à un personnage qui jusqu’ici faisait un peu figure de bourrin de service.

Ici, la donne change : il est amoureux, ressent des émotions, a des états d’âme. Et lorsqu’il découvre que la femme de sa vie, Mariko Yashida, héritière d’une riche famille japonaise, a épousé un autre homme pour éponger la dette de son père (et respecter le code d’honneur de sa famille), Wolverine va devoir remettre sa vie en cause.

Chris Claremont au scénario s’est donné de la peine pour sortir le héros de son aspect « animal », même si la dualité homme/animal reste toujours présente au fond de lui. Wolverine est et restera un tueur. Mais il sort de cet aspect trop monolithique qui faisait de lui un grognard violent pour en faire un homme avec ses interrogations, ses doutes. Le début de l’aventure est même tout particulièrement bien écrite (la première ligne : « Je suis le meilleur dans ma partie, mais ce que je fais n’est pas joli » cerne bien le personnage, avant que tout ne se complique), de même lorsque Logan remet en cause le fondement de son existence.

Le dessin de Frank Miller s’est mis au diapason, ne cédant pas au spectaculaire à tout prix, et permettant d’installer des ambiances en adéquation avec le récit : représentation de kabuki, combat entre ombre et lumière, etc… La narration en profite pleinement, et le tout se montre bien rythmé, et surtout bien raconté.

Je n’attendais pas forcément de grandes choses du côté solo de Wolverine, mais j’ai été surpris par la qualité de ce récit. Il y aura d’autres aventures solo du héros dans la collection, si elle sont du même niveau que celle-ci, ça promet !

 

Comics Hachette 09 - Avengers, La SéparationAvengers : La Séparation, de Brian Michael Bendis et David Finch

Avec un titre pareil, on peut s’attendre à pas mal de chamboulement dans l’univers des Avengers. Et c’est le cas puisque Brian Michael Bendis a été embauché sur cette franchise pour tout casser, avant de partir sur un renouveau. Et ce volume nous montre comment le scénariste a tout cassé dans cet univers. Il y a des morts, de la trahison, de l’action et des révélations à gogo, bref, on est dans le blockbuster du comics.

Les dessins sont efficaces, et insistent bien sur le côté apocalyptique du récit (couleurs sombres et rougeâtres, obscurité constante, un air de fin du monde en somme !). Quant au récit, il est clair et l’action laisse aussi la place à quelques scènes de discussions. Pour autant, malgré un résumé de la situation au début du récit, le grand nombre de personnages de l’univers Marvel intervenant dans le récit demande un minimum de connaissances du-dit univers, car j’ai toujours trouvé frustrant de voir apparaître quelqu’un que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, ou bien de voir rappeler des événements que je ne connais pas, alors que ça doit faire grand plaisir aux fans de comics. Mais là, c’est un problème purement personnel, et ça ne gène en d’ailleurs en rien le suivi du récit. Quant aux fans justement, j’ai trouvé amusant de sentir, dans le bonus consacré à Bendis en fin de volume (seul et unique bonus d’ailleurs, c’est en baisse de ce côté là par rapport aux autres numéros), qu’un bon nombre d’entre eux n’ont visiblement pas apprécié qu’on casse leur « jouet »…

Toujours est-il que ce volume offre ce qu’il est censé offrir : de l’action, des sacrifices, et une remise à plat de l’équipe, notamment à travers l’épisode final (« Avengers Finale ») qui offre un joli défilé de différents illustrateurs à travers pratiquement une dizaine de superbe doubles-pages qui sonnent comme un adieu, le pincement au cœur qui va avec, et intensifient le côté hommage et fin de l’histoire de cette équipe. Mais bien sûr, avec les comics, ce n’est forcément qu’un au-revoir…

 

Trois nouveaux volumes de grande qualité donc, l’occasion de souligner une nouvelle fois que cette collection a tout pour plaire et propose vraiment un bel éventail de ce que les comics peuvent offrir de mieux.

 

  
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