Les Cours du Chaos, de Roger Zelazny

Conclusion du cycle de Corwin, « Les cours du Chaos » doit comme il se doit finir cette série en beauté, avec maints combats, batailles et autres événements à grand spectacle. Oui mais on l’a vu dans les tomes précédents, Roger Zelazny n’a pas écrit ce cycle en cédant à la « facilité » d’une fantasy purement épique. Et ce tome-ci ne fait exception, en se permettant même de surprendre le lecteur quant à son déroulement, loin de ce que l’on pouvait imaginer.

 

Quatrième de couverture :

Le roi Oberon s’est éclipsé pour la deuxième fois, laissant sa succession ouverte. Mais ce n’est plus pour manipuler en secret les ambitions de ses enfants qui tous convoitent le trône. C’est pour tenter de sauver le royaume, qu’assaillent déjà les forces du Chaos. Ambre la magique, Ambre et sa Marelle prodigieuse, Ambre, dont notre Terre n’est qu’un reflet, risque de disparaître.
Pour la sauver, il faut en dévoiler les ultimes mystères…

Et la licorne blanche viendra sceller provisoirement le destin des neuf Princes d’Ambre.

 

Un long chemin, physique et mental

Les cours du Chaos - ZelaznyA la fin du tome précédent (attention, gros spoiler !!), on apprend donc que le roi Oberon a trompé tout son monde en utilisant ses pouvoirs de métamorphe pour se faire passer pour Ganelon. Il en expliquera ici ses raisons, ce qui ne fera pas de lui un héros sans reproche puisqu’il n’aura pas fait tout cela sans victimes… Il va tout de même tenter de réparer la Marelle, et par là même, Ambre dans son entièreté, ce qui ne se fera pas sans risque, alors que Benedict est envoyé vers les Cours du Chaos pour contrer les armées qui se massent là-bas. Quant à Corwin, le roi lui réserve une quête bien particulière…

Et c’est ainsi le début d’une quête personnelle pour notre héros, qui devra traverser les ombres pour rejoindre son destin. L’occasion pour l’auteur d’en appeler à l’une de ses passions : les références mythologiques, utilisées de manière détournées. L’arbre Ygg (référence à Yggdrasil bien sûr), l’oiseau Hugi (référence évidente à Hugin) entre autres. Un récit qui surprend, assez long, qui prend son temps, alors qu’on pensait atteindre ici le climax du cycle. Plein d’humour aussi alors que Corwin rencontrera d’étranges créatures qui semblent tout droit sorties de légendes irlandaises, ou bien discutera philosophie avec ce fameux Hugi qui tentera de le décourager.

Et puis tout de même, Ambre est menacé, l’apocalypse rôde, et le romancier ne manque pas d’insister sur cette atmosphère de fin du monde, avec ces paysages dévorés par une tempête qui avance. On sent le monde sur le fil du rasoir, alors que les personnages doivent prendre leurs responsabilités. On a à nouveau droit à d’étonnantes révélations, le retour de personnages que l’on croyait perdus, et d’une certaine manière une conclusion provisoire à l’intrigue principale de ce cycle.

Ce roman, qui a le défaut d’être à mon avis le moins bon des cinq tomes, clôt donc le cycle de Corwin, mais ne solutionne pas toutes les questions soulevées au fil des romans. Il se permet même d’en ajouter de nouvelles, suite aux actions menées dans ce volume-ci ! Mais après tout, il reste encore les cinq livres du cycle de Merlin ! Et entre univers complexe aux vastes possibilités, des personnages plus profonds qu’on aurait pu le penser de prime abord, aux relations pour le moins compliquées (c’est le moins que l’on puisse dire !), y compris au niveau généalogique, on peut dire que cette saga mérite bien son statut d’oeuvre culte du genre fantasy. Je n’ai pourtant pas pour habitude de lire des séries de romans de cette manière, mais le fait d’avoir avalé les cinq tomes à la suite indique bien ce que je peux penser du cycle.

Je tiens à ajouter un mot sur les superbes illustrations de Florence Magnin qui ornent les volumes de la collection « Présence du futur » chez Denoël. Des illustrations très connues, à juste titre tant elles représentent de belle manière cet univers. S’il y a une collection à privilégier, c’est bien celle-là ! Voilà qui donne envie de se procurer le volume « L’univers d’Ambre » qui détaille l’univers, volume abondamment illustré par la même illustratrice. Ou bien, mais là je caresse un doux rêve, mettre la main sur le fameux tarot d’Ambre qui s’arrache maintenant à prix d’or…

Et côté choses qui fâchent, les traductions. Quatre traducteurs différents pour cinq volumes, c’est quand même problématique pour la cohérence du tout. Florilège des problèmes rencontrés : la cité sous-marine reflet d’Ambre qui s’appelle tout d’abord Rebma (ce qui à l’envers nous donne Amber, donc le nom de la cité en VO) avant de devenir dans les tomes suivants Erbma (Ambre à l’envers en français, plus logique), ou bien Julian qui devient subitement Julien dans le tome 5 (pourtant traduit par Bruno Martin qui avait aussi traduit le tome 3 dans lequel Julian s’appelle bien Julian…), mais aussi la forêt d’Arden qui dans le tome 4 devient… les Ardennes. Cohérence, cohérence…

Je râle, mais cela n’entache guère les grandes qualités de ce cycle que je suis heureux d’avoir enfin découvert. Je marque ici une pause, pour éviter l’overdose, mais le cycle de Merlin passera bien évidemment lui aussi à la moulinette. 😉

 

Lire aussi les avis de Eumène de Cardie, ClashDoherty, Craklou, Iani, Tenseki, JulienYan Fanel et Vert (pour la saga complète).

 

  
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