Le chevalier errant – L’épée lige, de George R.R. Martin

Posted on 15 janvier 2015
« Le Trône de fer », ce n’est pas seulement d’énormes romans de 1000 pages ou plus, c’est aussi des nouvelles, plus courtes, plus directes, situées une centaine d’années avant les événements contés dans la série principale. On peut s’interroger sur l’intérêt des ces récits. Volonté mercantile capitalisant sur un nom d’auteur et de saga bien connus ? Ou bien réel apport pour l’amateur de cette geste médiévale ? Ma réponse à moi est juste en dessous…

 

Quatrième de couverture :

Qu’il joute ou qu’il guerroie, le chevalier errant n’a d’autres attaches que celles de son coeur, d’autre code que celui de l’honneur. Il loue ses services aux nobles causes et prend la défense des opprimés. Une ligne de conduite qu’a toujours suivie Ser Arlan de Pennytree, et qu’il s’est efforcé d’inculquer à son écuyer, Dunk. Mais la rencontre de ce dernier avec un garçon étrange, qui se fait appeler L’Oeuf, le futur Aegon Targaryen, changera à jamais son destin.

Un an plus tard, Dunk et L’Oeuf, désormais son écuyer, s’engagent au service de Ser Eustace Osgris, un petit seigneur acculé à la défaite par la Veuve Rouge, sa voisine et rivale.

 

A long time ago…

Le chevalier errant - L'épée lige - MartinDeux nouvelles sont au menu de ce volume que l’éditeur a choisi d’appeler « Préludes au Trône de fer », l’une d’une centaine de pages, l’autre d’un peu plus encore. Deux nouvelles conséquentes donc (mais pouvait-il en être autrement dans cet univers où l’auteur ne semble pas savoir faire court ? ^^), mais qui ne reposent pas sur du vent. Situées une centaine d’années avant les événements contés dans la saga principale, elles permettent de découvrir le continent de Westeros sous un nouveau jour.

Le premier récit, « Le chevalier errant » nous narre la rencontre entre Dunk, un chevalier errant donc, et l’Oeuf (traduction littérale de Egg, mais la francisation perd totalement l’aspect phonétique de la VO puisque Egg est le diminutif phonétique du jeune Aegon, petit-fils du roi Daeron II Targaryen au moment du récit. La traduction y perd donc, mais sans doute était-il difficile de faire autrement, sachant que l’Oeuf désigne aussi le jeune homme physiquement, celui-ci se rasant la tête afin de ne pas être reconnu).

Sur fond de chevalerie, puisque le récit prend pour cadre un tournoi organisé par Lord Sorbier en l’honneur de sa fille, le récit est un prétexte à nous présenter deux personnages atypiques et qui deviendront récurrents (George R.R. Martin semble avoir prévu une douzaine de récits les mettant en scène). Atypiques car, en dépit de l’illustre ascendance de l’Oeuf, leurs modestes aventures les met plutôt en contact du bas-peuple. Dunk n’a rien d’un illustre chevalier, à tel point qu’il a bien du mal à se faire engager dans le tournoi. Le point de vue n’est donc pas du tout le même que dans la saga principale qui nous fait plutôt fréquenter la noblesse. « Le chevalier errant » a également pour lui de nous montrer un Royaume des Sept Couronnes en paix et prospère, là encore loin de l’ambiance dangereuse que nous connaissons avec la saga. Et bien sûr une belle galerie de personnages : pour qui accorde de l’importance au background de la saga, découvrir ici une floppée de Targaryen, ça fait son petit effet.

En dehors de ça, le récit reste des plus classiques, ignorant totalement l’aspect fantasy pour devenir une pure nouvelle historique (si on fait abstraction du monde imaginaire bien sûr). Efficace dans sa narration, toujours prenant, c’est une lecture très agréable pour les amateurs d’historique.

La deuxième nouvelle, « L’épée lige » prend place deux ans plus tard. L’Oeuf est officiellement devenu l’écuyer de Dunk, et les deux héros se sont mis au service de Ser Eustace Osgris, et se retrouvent dans une situation précaire lorsque la puissante voisine de celui-ci semble avoir fait dévier la rivière pour son propre bénéfice. Comment Dunk et l’Oeuf se sortiront dignement et sans trop d’effusion de sang (surtout qu’il pourrait bien s’agir du leur) de cet imbroglio, c’est tout l’enjeu du récit qui, plus encore que dans « Le chevalier errant », nous place au niveau des gens de basse extraction. Entre un seigneur qui ne garde de cet état guère plus qu’un titre honorifique et une armée réduite à quelques paysans à peine capables de manier autre chose qu’une fourche, bienvenue dans le Westeros profond !

C’est pourtant l’occasion pour l’auteur de creuser encore un peu plus l’histoire de son univers (en insistant tout particulièrement sur la rébellion des Feunoyr contre les Targaryen) au fil d’un récit plus malin qu’il n’y paraît et surtout là encore très bien mené. Quelques surprises jalonnent un récit teinté de nostalgie, et si l’issue est plus ou moins prévisible, le récit n’en demeure pas moins d’une lecture tout à fait agréable.

Alors, faut-il lire ce petit volume annexe au « Trône de fer » ? Tout dépend de votre fan-attitude vis à vis de la saga. Si vous voulez tout savoir, tout lire sur cet univers, la réponse est évidemment oui, tant il apporte un réel éclairage sur cet univers complexe. Si cela vous est égal mais que vous appréciez la saga, sachez que ces deux nouvelles sont tout à fait dignes d’intérêt, même si vous n’êtes pas féru de background. Quant aux autres, si ces récits sont tout à fait intéressants par eux-mêmes (notamment pour ceux qui apprécient les récits purement médiévaux, sans artifices « fantasyesques »), il me semble tout de même évident que pour en tirer la substantifique moelle, mieux vaut avoir quelques connaissances de l’univers développé par George R.R. Martin

 

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