Zapping cinéma, épisode 18 (spécial Mad Max !)

Posted on 22 mai 2015
Alors que le quatrième épisode de la fameuse série post-apocalyptique vient de sortir, j’ai décidé de revenir sur les trois premiers, que je n’avais pas revus depuis une vingtaine d’années. Autant dire que mes souvenirs étaient bien poussiéreux, et que cette nouvelle vision amène à regarder les choses différemment qu’à l’époque où j’étais un jeune adolescent…

 

Mad Max 1 - afficheMad Max, de George Miller

Ce premier « Mad Max » est clairement un film fauché. Peu de moyens, filmé à la fin des années 70, il a vieilli. Les cascades font parfois sourire, les plans les plus délicats à filmer (ou qui auraient pu être les plus couteux) de passent hors-champ, bref, on sent qu’il a parfois été fait avec trois bouts de ficelles. Mais on sent aussi tout de suite qu’il y a petit quelque chose qui lui donne un cachet tout particulier.

Les véhicules déjà, très présents, customisés avec trois fois rien, mais qui seront l’un des fondements de la série, la plupart des scènes d’action ayant lieu avec des engins motorisés. Mel Gibson ensuite, tout jeune (à peine plus de 20 ans au moment du tournage) mais déjà terriblement charismatique. Et puis ce film n’est finalement pas tant un film d’action que ça. Il présente aussi de nombreuses scènes plus reposantes, notamment avec Max, sa femme et son fils, lors d’une mise au vert suite au drame qui a touché le coéquipier du héros.

Mais le gros plus de ce film à mon sens, c’est son ambiance. Parce que certes la série « Mad Max » est un peu l’archétype du post-apo, mais dans ce premier film la civilisation est toujours là. Ce monde ressemble encore beaucoup au nôtre, mais il est déjà en train de sombrer : la police existe toujours (dans des locaux délabrés) mais les gangs font régner la terreur sur les routes, les villes sont toujours présentes mais on sent aussi l’absence de gouvernement central. Il y a en somme une atmosphère de peur et de désenchantement face à un monde qui a connu ses plus belles heures et qui est en passe de sombrer dans l’abîme…

Ce premier volet accuse donc un peu son âge mais il a encore des arguments à faire valoir.

 

Mad Max 2 - afficheMad Max 2 : le défi, de George Miller

Après le succès du premier film, George Miller peut s’atteler à une suite plus sereinement sur le plan financier. Et il livrera un « Mad Max 2 » qui ne fera rien de moins que codifier à lui tout seul un genre qui survit encore de nos jours avec cette esthétique si marquante : le post-apo désertique.

Cette fois la civilisation a chuté, la guerre du pétrole a ravagé notre monde. La police n’est plus qu’un lointain souvenir, et Max n’est plus l’homme qu’il était dans le premier opus. Il est devenu une sorte de justicier solitaire, un homme qui tente de survivre à tout prix, mais qui garde tout de même une bonne part d’humanité, un mot dont nombre d’êtres humains ne connaissent même plus la signification.

Le scénario tient toujours sur un timbre-poste, mais le film bénéficie d’une mise en scène qui peut enfin s’exprimer pleinement tout en bénéficiant d’un montage percutant. Mel Gibson reste fidèle au poste, parfait dans le rôle de Max. Les courses-poursuites sont toujours de mise, les grosses cylindrées sont bien là, mais ce « Mad max 2 : le défi » n’est pas une redite. George Miller s’amuse en effet en ajoutant de l’humour et de l’outrance à ce qui avait fait le succès du premier « Mad Max ». De l’humour avec le side-kick du héros, ce pilote de gyrocoptère qui deviendra un allié de poids à qui Max devra rien de moins que la vie. Et de l’outrance avec ce gang de vilains pas beaux bardés de cuir et dans lequel l’esthétique punk-sado-maso-gay des années 80 est à son paroxysme. On frise là le ridicule (voire on y est totalement), c’est ce qui a le plus mal vieilli dans le film.

Mais puis comme je le disais, ce long-métrage a inventé un style, un genre. Le post-apo existait certes avant la saga, mais il a su lui donner une esthétique très marquée. Il suffit de regarder la saga de jeux vidéo « Fallout » ou bien les animes « Ken le survivant » pour comprendre l’influence du film sur nombre d’oeuvres qui le suivront. Aujourd’hui encore, dès qu’on parle de post-apo, on retrouve bien souvent le désert, les gangs, les justiciers solitaires, etc…

Alors même si lui aussi a un peu vieilli (moins que son prédécesseur sur le plan visuel tout de même), ce film reste un monument, d’une manière ou d’une autre.

 

Mad Max 3 - afficheMad Max : au-delà du dôme du tonnerre, de George Miller et George Ogilvie

Ah ce fameux troisième épisode, tant décrié ! À raison ? Oui, sans aucun doute. Il a pourtant des qualités : un début intéressant, une ambiance post-apo (en tout cas au début là encore) qui capitalise sur le style mis en place dans le deuxième opus, et surtout un scénario. Oui, il y a une intrigue autrement plus complexe (toutes proportions gardées, ce n’est pas non plus un truc à se triturer le cerveau…) que ce qui faisait office de ligne directrice dans les deux premiers films de la franchise. Et quelque part, ça en fait un peu le film le plus accessible des trois.

Oui mais. Car ce « Mad Max » n’est pas un « Mad Max ». Il oublie en effet en chemin tout ce qui fait le sel et l’identité de la saga : les gangs, les courses-poursuites, une certaine dose de nihilisme. Oh il tente bien de retrouver un semblant d’âme dans la dernière partie avec enfin le retour des bolides, mais entretemps il se sera perdu avec Mel Gibson jouant les papas poules auprès d’un groupe d’enfants vivants dans une oasis. Non pas que ce passage soit inintéressant, la « mythologie » qui nourrit ce groupe de gamins et d’ailleurs assez poignante, mais on est tellement loin du vrai Mad Max

Avec ce film, qui ne démérite pourtant pas mais a le défaut de démarrer fort avant de s’endormir petit à petit, la franchise s’est un peu perdue en route, et il s’en est fallu de peu qu’il signe la fin du guerrier de la route au cinéma. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté de George Miller qui après bien des années parviendra à mettre en scène un nouvel opus. Et quel opus !…

 

  
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