Zapping VOD, épisode 31

Posted on 19 mai 2016
Cette fois, c’est du 100% netflix. Avec du revisionnage de film culte (« Contact »), une découverte d’un étrange petit film de SF (« The signal »), et une production made in Netflix (« Beasts of no nation »).

 

Beasts of no nation - afficheBeasts of no nation, de Cary Joji Fukunaga

Après « Hush », « Beasts of no nation » est une autre des désormais de plus en plus nombreuses productions Netflix (disons tout de même pour être honnête que Netflix n’a pas payé le développement du film mais a plutôt acquis les droits de diffusion). Et on peut dire que la société américaine s’attaque ici à un sujet délicat : les enfants-soldats en Afrique.

Sur un ton qui évite tout patho trop appuyé, reposant uniquement sur la rudesse de son contexte et son propos, le film de Cary Joji Fukunaga (notamment connu chez nous pour avoir réalisé l’excellente première saison de « True detective »), « Beasts of no nation » nous montre la terrible réalité des guerres en Afrique. Guerres civiles, révoltes et répressions militaires, gouvernements corrompus, nettoyages ethniques, ce qui se passe devant nos yeux fait froid dans le dos.

Agu est un jeune garçon qui, alors que la guerre arrive dans son village et que sa mère et sa petite soeur sont mises à l’abri dans l’un des derniers taxis qui fuient cette zone, va voir son père et son grand frère assassinés par une milice sous ses yeux. Fuyant dans la jungle, il va être confronté au « Commandant » (exceptionnel Idris Elba qui joue ici une sorte de Colonel Kurtz (« Apocalypse now ») en version africaine) à la tête d’une armée de jeunes enfants. Perdu, esseulé, impressionné par cet homme dangereusement charismatique, il va lui aussi abandonner son innocence et se retrouver embarqué dans une guerre dont il ne sait rien.

Toujours sur le fil du rasoir (difficile d’avoir un avis tranché sur les personnages entre un Commandant charismatique, sauveur et monstre à la fois, et Agu (joué par Abraham Attah qui a déjà raflé une récompense, celle du meilleur espoir, à la Mostra de Venise) qui, tout enfant qu’il est, accomplira des choses abominables), ce film viscéral nous offre un point de vue étouffant sur les convulsions d’une Afrique noire qui se cherche, entraînant avec elle sa jeunesse à la fois victime et actrice de ses guerres. N’omettant tout de même pas d’offrir, pour souffler un peu, un mince filet d’espoir, ce film marquant (scandaleusement absent de la dernière cérémonie des Oscars) dont la violence à l’image reste contenue (sans tout de même éviter quelques scènes chocs, notamment la terrible « initiation » du jeune Agu au meurtre à la machette) mériterait une diffusion à grande échelle.

 

The signal - afficheThe signal, de William Eubank

Au détour de mes recherches sur ce que Netflix a à offrir, je tombe au rayon SF sur « The signal », film dans lequel deux étudiants (Nick et Jonas) du MIT, accompagnés de la petite amie de l’un d’eux, se lance dans un road trip à travers les Etats-Unis. Leur voyage va se trouver dévié par l’apparition sur le réseau d’un hacker qui capte leur attention. Durant l’un de leurs arrêts pour tenter d’en savoir plus, une chose étrange se produit. Puis Nick se réveille allongé sur un lit, dans ce qui ressemble à un hôpital, mais aussi à une prison.

Oui, vu comme ça, ça peut le faire. Le début commence plutôt de manière classique pais parvient à installer un petit quelque chose d’attractif. Et puis on arrive dans ce fameux « hôpital-prison ». Et là, le film m’a perdu, petit à petit. Pourtant les acteurs font leur boulot (Laurence Fishburne, j’aime beaucoup), et visuellement il ne manque pas d’attrait malgré son petit budget.

Mais il y a ce scénario abscons, qui ne s’éclaire quelque peu que sur la toute fin, la dernière image même (et encore, cette fin, certes un brin vertigineuse et gorgée de « sense of wonder » amène plus de questions que de réponses). Faire dans le mystérieux c’est bien, mais quand c’est à l’excès avec bien peu de choses à quoi se raccrocher, j’avoue que j’ai plus de mal (ou alors il faut carrément jouer avec le concept sans tenter de donner aucune explication, tel le premier « Cube » par exemple).

Bref, un film étonnant, souvent frustrant, obscur, mais parfois traversé de quelques fulgurances formelles qui lui donnent une certain attrait. Mais cela reste peu, en tout cas pas suffisant pour moi pour que je puisse le conseiller, sauf aux amateurs de films SF expérimentaux.

 

Contact - afficheContact, de Robert Zemeckis

Je ne vais pas faire long sur ce film très connu, par les amateurs de SF bien sûr mais pas seulement. Il s’agit bien sûr d’un re-visionnage, l’occasion de replonger dans un film résolument SF (Hadden est un vrai personnage de romans SF !), mais qui n’oublie pas de questionner sur des questions théologiques (quelle est la place de Dieu dans l’univers, par l’entremise de l’homme d’église ouvert à la science Palmer Joss, joué par le déjà bon Matthew McConaughey) ou bien purement scientifiques. Une SF optimiste également, portée par une scientifique idéaliste, Ellie Arroway (superbe Jodie Foster), qui véhicule de belle manière un « sense of wonder » cher aux amateurs de science-fiction.

Plus prosaïquement, ce nouveau visionnage a également été l’occasion de s’attarder un peu sur la maîtrise technique de Robert Zemeckis, avec la célèbre et superbe introduction du film, ou bien la fameuse scène du miroir. Une maîtrise de la technique cinématographique qui n’oublie par les effets spéciaux, discrets mais très réussis (n’oublions pas que le film va bientôt souffler ses vingt bougies).

Un re-visionnage qui m’a donc montré que ce film n’a pas vieilli d’un iota, et qu’il reste encore aujourd’hui un des très grands films de science-fiction, avec en prime un casting de fou (en plus des deux acteurs cités au-dessus, ajoutons James Woods, John Hurt, Tom Skerritt, Angela Bassett, David Morse, Rob Lowe, bref, le gratin des années 90). Intemporel.

 

  
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