L’oeuf de dragon, de George R.R. Martin

Posted on 15 juillet 2016
Bon, c’est pas tout ça, mais avant de me faire entièrement spoiler les événements importants de la série « GAME OF THRONES », il faudrait que je me remette à la regarder (j’en suis pour l’instant à la fin de la SAISON 4). Sauf que j’ai envie de connaître l’histoire d’abord avec les romans (donc oui, forcément, il va rapidement y avoir un problème, mais je ne peux que faire avec…). Du coup, il faut aussi que je je continue ma lecture (j’ai terminé LE TOME 4 il y a déjà longtemps) (quand je vous disais que j’ai un planning chargé, c’est pas des blagues !^^). Et pour revenir à Westeros de façon « légère », j’y reviens à travers la troisième aventure de Dunk et l’Oeuf, au temps du règne des Targaryen, avec la novella « L’oeuf de dragon », de moins de 200 pages.

 

Quatrième de couverture :

Chevalier sans terre et sans nom, Dunk a choisi la voie de l’errance. Lui et son écuyer, un certain Aegon Targaryen, qui cache son illustre ascendance sous le sobriquet de l’Oeuf, louent leur épée aux causes les plus justes au hasard de leurs pérégrinations. Leurs pas les conduisent cette fois aux noces de Lord Beurpuits, où doit avoir lieu un tournoi rassemblant la fine fleur de la chevalerie, et dont le vainqueur se verra attribuer un trophée sans prix : un oeuf de dragon ! Mais les dés sont pipés, et les deux hommes vont se retrouver malgré eux au coeur d’une conspiration visant les plus hautes instances du royaume.

 

Tournoi, chevalerie, oeuf de dragon et même un peu plus…

L'oeuf de dragon - Martin - couverture« L’oeuf de dragon » est donc la nouvelle aventure de Dunk le chevalier errant et son écuyer l’Oeuf à la prestigieuse ascendance (son oncle n’est rien d’autre que le roi Aerys Targaryen). En chemin pour rejoindre Winterfell qui doit faire face à la rébellion de la famille Greyjoy (le Nord est donc en demande de soutiens armés, un lieu idéal pour un chevalier prêt à louer son épée), Duncan et l’Oeuf croisent un convoi de plusieurs chevaliers faisant route vers un tournoi organisé par Lord Beurpuits à l’occasion de son mariage, avec rien de moins qu’un oeuf de dragon à la clé pour le vainqueur. L’occasion si tout se passe bien pour ser Duncan de se faire un peu d’argent et vivre un peu plus dignement avant d’arriver à Winterfell. Mais ce tournoi pourrait bien être plus qu’un simple tournoi…

On retrouve donc nos deux héros environ 90 ans avant les événements contés dans la saga principale du « Trône de fer », une époque où les choses étaient plus stables : les Targaryen sont au pouvoir depuis plus de deux siècles malgré quelques difficultés ici ou là, la dernière en date étant la rébellion Feunoyr une quinzaine d’années auparavant. L’hiver est loin, la vie semble à peu près paisible. Mais le feu couve, car dans l’ombre, certains ourdissent de sombres machinations. Le tournoi de Lord Beurpuits pourraient mettre à rude épreuve autant les lances que les poignards.

Certes, ce récit, qui prend la suite des deux autres parus précédemment (« Le chevalier errant » et « L’épée lige », que je conseille fortement de lire avant « L’oeuf de dragon » pour profiter pleinement de ce dernier), reste sur le même ton que ses deux prédécesseurs, c’est à dire plus accessible et moins violent que la saga principale, plus apaisé en somme même si les coups bas ne manquent pas de pleuvoir. Mais il ne faut pas pour autant y voir un sous-« Trône de fer » au rabais tant il a à offrir au lecteur si celui-ci s’intéresse au monde imaginé par George R.R. Martin (la complexité et le grand nombre de personnages en moins forcément, vu la taille de cette novella). Car les clins d’oeil et autres personnages emblématiques sont légions et le lecteur éclairé se délectera de vivre « en direct » certains événements importants constitutifs du monde de Westeros, tout autant que de voir les personnages de Dunk et l’Oeuf qui prennent de l’épaisseur. Ceci dit, même pour un lecteur « lambda », cette novella reste tout à fait agréable, fluide et bien écrite, et permet de passer quelques heures de grand plaisir, en attendant le récit suivant (un mot au passage sur la traduction de Patrick Marcel qui a pris le relais de Jean Sola : cette traduction se révèle très agréable, extrêmement fluide, mais il faut évidemment faire une croix, quelque peu à regret je l’avoue, sur la langue plus médiévalisante de Jean Sola qui, certes, outrepassait quelque peu son rôle de traducteur, mais donnait tout de même une saveur particulière aux récits de Martin).

George Martin s’est d’ailleurs laissé une grosse marge de manoeuvre pour les aventures suivantes de nos deux héros qui se dirigent certes vers un grand avenir mais qui reste encore lointain (autant dire qu’il va se passer encore bien longtemps avant qu’on apprenne ce qui s’est vraiment passé à Lestival, pour ceux qui voient de quoi je parle…). À ce titre, « L’oeuf de dragon » n’offre pas en tant que tel une aventure absolument inoubliable qui bouleversera les deux protagonistes, mais reste un récit savoureux comme l’écrivain sait les faire (et croyez-moi, il sait les faire ! Dommage tout de même qu’il soit un peu trop similaire au premier récit mettant en scène Dunk et l’Oeuf dans son « décor » de tournoi…) et tout de même une lecture plus que conseillée si on est amateur du « Trône de fer » et de la complexité de son univers. Ce texte développe encore un peu plus le worldbuilding d’un monde qui est aujourd’hui, quoiqu’on en dise et malgré l’irrationalité de tout ce qui touche à la saga, rien de moins qu’un mètre étalon du genre (on le verra très bientôt dans un prochain article).

Bref, je me suis délecté de cette lecture, et j’ai déjà hâte de me plonger enfin dans le cinquième gros volume du « Trône de fer ».

 

Lire aussi les avis de Xapur, Luna, Julia, Karline, Flynn, Fabien, Audrey, Allisonline, Girlkissedbyfire, Anaïs, Lord Arsenik, Daphné

Critique écrite dans le cadre des challenges « CRAAA » de Cornwall et « S4F3s2 » de Xapur.

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