Zapping cinéma et VOD, épisode 33

Posted on 4 août 2016
Ce zapping sera un peu testostéroné… En effet, étant dans un trip « antique », j’avais envie de revoir le fameux film « 300 » de Zack Snyder qui a fait à sa sortie couler tellement d’encre et d’en profiter pour voir sa suite (au moins spirituelle) que j’avais ratée lors de sa sortie ciné. Et puis, tout de même, un peu de SF avec le non moins fameux documentaire sur l’adaptation qui ne s’est jamais faite de « Dune » par Jodorowsky.

 

300 - affiche300, de Zack Snyder

J’avais déjà vu ce film à sa sortie au cinéma, mais mon trip antique m’a poussé à le regarder à nouveau, avant d’enchaîner sur sa suite. Presque neuf ans après sa sortie en salles, que vaut cette nouvelle vision ? Et bien je dois le dire, toujours autant de plaisir. Oui j’ai aimé et j’aime encore cette ode au sacrifice, ce combat à un contre mille, ces corps huilés et bodybuildés, cette défaite qui n’est rien d’autre qu’une victoire.

Bien sûr, l’esthétique si particulière de ce film est depuis devenue relativement banale (mais toujours impressionnante aujourd’hui), mais cette vision surréaliste et purement fantaisiste d’une bataille historique de l’Antiquité fait toujours son effet. Oui c’est surjoué, oui ça parle beaucoup avec une voie grave pour faire genre « je suis viril », oui les acteurs ont tendance à montrer les dents pour faire voir qu’ils sont hargneux, oui c’est too much à tous les étages, oui l’intrigue n’est pas aussi développée qu’un « Troie » par exemple (pour rester dans le monde antique). Mais j’aime ça, c’est comme ça. C’est un pur film pop-corn (adapté d’un comics de Frank Miller, ne l’oublions pas, ce qui explique beaucoup de choses) un jeu vidéo qui a enfilé le costume d’un film, mais basé sur un élément historique certes transformé par la machine hollywwodienne (les Spartiates n’étaient pas seuls au combat côté grec par exemple) et virant carrément fantasy/fantastique par moment (certains monstres perses) mais pourtant utilisant des bases bien réelles, avec même des citations issues des écrits de l’historien grec Hérodote (« Come and get them ! », « Then we will fight in the shade », « You have many slaves but few warriors ») et du poète Simonides (« Go tell the Spartans, passerby, that here, by Spartan law, we lie »). Ça n’en fait pas un film historique, ni intello (ce que n’est pas non plus le comics d’origine), j’ai même plutôt tendance à le voir comme une partie désespérée de Warhammer version antique… ^^

Mais il a marqué les esprits, à coup de punchlines marquantes (« This is Sparta ! », « Tonight we dine in hell ! »), et avec en tête de casting un Gerald Butler réellement charismatique. Deux qualités parmi d’autres pour un film que d’aucuns trouveront ridicule et kitsch à souhait (je les vois déjà venir… 😉 ) mais que je ne peux m’empêcher d’apprécier.

 

300 la naissance d'un empire - affiche300 : La naissance d’un empire, de Noam Murro

La suite de « 300 » donc. Enfin, suite et pas vraiment suite. En fait, ce film se déroule à la fois avant « 300 » (en racontant rapidement la montée au pouvoir de Xerxès après la défaite des Perses à Marathon, en introduisant le personnage d’Artémise jouée par Eva Green et celui de Thémistocle joué par Sullivan Stapleton), pendant « 300 » (avec le côté maritime de la bataille des Thermopyles, c’est à dire la bataille de l’Artémision), puis après « 300 » (le sac d’Athènes, la bataille de Salamine).

On reprend donc ce qui faisait le style « 300 » en l’amplifiant pour faire plus fort. Donc les batailles sont plus stylisées, le sang gicle encore plus, l’esthétique graphique est poussée à son paroxysme. A tel point que ça en devient parfois vraiment trop (heureusement, la production s’est calmée sur les monstres perses, le côté fantasy est très nettement atténué au profit d’un récit plus réaliste). Les giclées de sang numérique, c’est amusant mais à ce point… Autre problème : Sullivan Stapleton n’a malheureusement pas le charisme de Gerald Butler… Pourtant le personnage de Thémistocle est intéressant, fin politique et grand guerrier. D’ailleurs le film ne manque pas d’insister sur ce point, ce qui lui donne une certaine consistance que n’avait peut-être pas son illustre aîné. C’est à la fois un avantage et un inconvénient puisque cette suite se montre du coup bien conventionnelle dans son déroulé, loin de l’esquisse purement graphique de « 300 ». Côté acteurs, Eva Green surjoue un peu (mais je crois que j’ai un peu de mal avec cette actrice…), Sullivan Stapleton fait le boulot sans faire d’étincelles, mais ce film ne prétend pas présenter des rôles oscarisables.

Malgré tout ça, je dois dire avoir pris pas mal de plaisir à retrouver ce parti pris esthétique poussé à l’outrance, cette atmosphère reconnaissable entre mille, ces combats stylisés et le côté maritime plutôt bien présenté. Certes, le fait de montrer les autres protagonistes du conflit médique affaiblit quelque peu la porté de la résistance héroïque des Spartiates dans « 300 », mais il faut avouer que cette suite apporte une vraie consistance à ce que l’on peut maintenant appeler une franchise, et une certaine cohérence graphique et « historique » (notez les guillemets, hein !^^).

Reste maintenant à savoir si nous aurons droit à une nouveau film mettant en scène la bataille de Platées pour en finir avec les guerres médiques

 

Jodorowsky's Dune - afficheJodorowsky’s Dune, de Frank Pavich

Que de regrets provoqués par la vision de ce documentaire ! Regrets de ne jamais voir ce film qui aurait pu donner quelque chose de vraiment énorme, regrets de voir que les pontes d’Hollywood n’ont pas osé financer ce projet (nouvelle illustration de la dictature financière sur le côté artistique du cinéma aux US), regrets de ne pas le voir arriver à son terme alors qu’il était pourtant mené par ce qui ressemble bien à une « dream team » à tous les niveaux (imaginez tout de même : Jodorowsky à la réalisation, Moebius, Chris Foss et H.R. Giger pour le côté artistique, Dan O’Bannon pour les effets spéciaux, Pink Floyd et Magma côté musical, et pour les acteurs Mick Jagger, David Carradine, Orson Welles, Salvador Dali (un choix audacieux mais tellement pertinent !)…). Bref, regrets éternels. Et pourtant, le documentaire ne fait pas dans l’amertume, car il démontre bien que même si ce projet n’a jamais vu le jour, il a essaimé dans de nombreux secteurs, et que les idées de Jodorowsky ont fleuri sur d’autres supports. L’occasion de lire ou de relire « L’Incal » et toutes ses suites, et de vérifier, parfois très clairement, que certaines idées sont passées sur d’autres projets de SF, parfois même très récents (l’exemple du « Prometheus » de Ridley Scott est très parlant avec les créations de Giger…).

Un documentaire passionnant de bout en bout donc, qui détaille l’aventure de Jodorowsky pour trouver ses « guerriers » aptes à mettre en images sa vision (un terme adéquat tant le réalisateur semblait habité par ce projet), rempli d’anecdotes croustillantes et qui donne envie de relire « Dune » (je n’ai jamais fini la lecture de cette saga, mais j’étais jeune, il faudrait que je m’y remette maintenant que j’ai un peu plus de « bouteille »). Et de feuilleter cet énorme story board de Moebius rempli de concept-arts de toute l’équipe artistique, histoire de rêver encore un peu…

 

  
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