Arca, de Romain Benassaya

Posted on 29 août 2016
Un peu de space-op’, du vrai, de celui qui remet l’aventure spatiale avec un grand A au centre du récit. Un roman d’évasion pure, qui fait rêver, de la SF sur la conquête spatiale et le devenir de l’humanité, c’est un programme plutôt sympa, non ?

 

Quatrième de couverture :

Lors de sa première mission sur Encelade, satellite de Saturne, la jeune scientifique Sorany Desvoeux découvre par accident une nouvelle matière aux propriétés étonnantes. Très vite, avec l’appui de son mentor, l’éminent professeur Henri Stern, se dessine le projet Arca : il s’agit de bâtir une arche propulsée par ce que l’on nomme désormais l’Artefact d’Encelade. Un échantillon d’humanité est ainsi sélectionné pour effectuer un voyage vers La Griffe du Lion, où l’attend une exo-planète aux caractéristiques prometteuses.

Mais une fois le périple entamé et tout retour impossible, des voix de l’ombre s’élèvent au coeur de l’Arca. Des complots se fomentent et une inquiétante religion gagne en puissance, mettant en péril les fondements même du projet.

L’investigateur de bord Frank Fervent devra démêler l’écheveau de ces luttes intestines s’il veut percer à jour le secret de la matière d’Encelade…

 

Le space-op’ comme je l’aime !

Arca - Benassaya - couvertureJe ne sais pas pour vous, mais moi quand j’ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit : « Ce roman, il me le faut ! ». Alors certes, parfois il y a de mauvaises surprises, mais « Arca » n’en fait pas partie. Car le voyage qu’il propose au sein de l’Arca (le nom du gigantesque vaisseau de 50 km de long envoyé vers une exoplanète habitable) ne manque pas de piquant pour les amateurs de space-opera. Certes, il ne réinvente pas la poudre mais utilise à bon escient les ingrédients classiques qui lui donne si bon goût.

Nous avons donc une Terre à bout de souffle au XXIIème siècle, surpeuplée et surexploitée, une planète Mars en train d’être terraformée à marche forcée avec ce qui ressemble plus à un bagne à vie pour les jeunes recrues du « service martien » qu’à une saine tentative pour trouver un autre lieu de vie (certains passages à ce sujet sont vraiment glaçants), un étrange « Artefact » découvert par une mission scientifique sur Encelade (un satellite de Saturne) qui offre une énergie potentiellement illimitée et un moyen de dépasser la vitesse de la lumière et qui permet donc d’envisager sérieusement la colonisation d’une exoplanète (hors de notre système solaire donc), un gigantesque vaisseau emmenant 3600 personnes pour un voyage sans retour vers cette fameuse planète nommée la Griffe du Lion. Déjà, rien que ça, moi, ça me donne des frissons de plaisir.

Alors bien évidemment, rien ne sera simple, et l’expédition vers la Griffe du Lion ne sera vraiment pas une partie de plaisir. Romain Benassaya maîtrise son propos et sa narration en proposant d’alterner les chapitres à l’époque de l’expédition Arca et ceux consacrés au passé des deux personnages principaux, Sorany Desvoeux la découvreuse de l’Artefact et Frank Fervent l’investigateur de bord de l’Arca. C’est toujours un peu risqué d’opérer de la sorte, souvent un fil narratif étant en deçà des autres, risquant donc de casser le rythme. Et là, pas du tout car tous les fils narratifs sont intéressants : celui de Sorany Desvoeux et sa découverte de l’Artefact et ce qui se passe ensuite, et celui de Frank Fervent et sa jeunesse sur l’enfer martien. Bien évidemment, le fil sur l’Arca reste le plus important mais le passé des deux héros est absolument nécessaire à l’intrigue, même si le suspense quant à leur devenir en prend forcément un coup. Ça reste un joli tour de force.

Je ne m’étendrai guère plus sur l’intrigue qui réserve son lot de surprises tout en reprenant certaines thématiques pas loin d’être des « passages obligés » du space-opera, mais le cocktail préparé par Romain Benassaya, s’il n’est pas des plus originaux, est des plus savoureux, avec un rythme soutenu, des chapitres courts et dynamiques (avec tout de même cette volonté un peu trop systématique de les clore sur des cliffhangers…), un vaisseau joliment imaginé (avec gigantesque forêt, aquarium géant, base d’échantillons ADN, énormes branches abritant les différentes « cités »), quelques réflexions bien senties sur la façon de coloniser une autre planète (doit-on simplement exporter la façon de faire humaine ou bien en profiter pour pour faire autrement et donc tenter de faire mieux que sur Terre, l’endroit qui a viré au fiasco ? Et comment se situent les personnages par rapport à cela ?).

Un bien bon space-opera donc, doublé d’un thriller en huis-clos efficace. Une belle manière de penser à ce qu’il serait possible de faire sur Proxima B. A condition de trouver un Artefact… 😉

 

Lire aussi les avis de Lune (que je remercie bien fort au passage pour ce joli cadeau ! 😉 ), Prettyrosemary.

Critique rédigée dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode VII » de Lhisbei.

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