Utopiales 2017, le débriefing part 3 : les conférences

Après un récapitulatif global rapide et un focus sur les expos, voici venir quelques mots sur les conférences de ces Utopiales 2017. Depuis quelques années, avec Roland Lehoucq en Président du festival, les Utopiales ont vraiment pris un virage très scientifique, parfois de manière un peu trop pointue avec certaines conférences (ou thèmes ?) un peu délicates à suivre pour qui n’a pas un bagage scientifique assez costaud. Pas de ça cette année, avec des conférences toujours accessibles, même les plus « scientifiques » auxquelles j’ai assisté (ou écouté en podcast, j’y reviens plus bas). En résumé, c’était excellent, à tel point qu’en deux jours et demi j’ai assisté à huit conférences (auxquelles il faut ajouter les fameux « Etats Généraux de l’Imaginaire »), ce qui, compte-tenu de ma propension au papillonnage et au bavardage avec les blogo-potes, relève de l’exploit. Et toutes ont été intéressantes, avec des thèmes variés (mais toujours ou presque en lien avec la thématique principale du festival qui est « le temps »), des intervenants intéressants, des modérateurs efficaces. Revenons donc rapidement sur ce que j’ai vu.

Le vendredi, je ne suis arrivé qu’en début d’après-midi, et le temps de retrouver mes marques, de faire un tour rapide des expos et de la librairie, je n’ai assisté qu’à une seule conférence à 16h. Mais quelle conférence ! Rien de moins que l’émission « La méthode scientifique » de France Culture consacrée à H.P. Lovecraft et retransmise en direct. Une émission que j’apprécie tout particulièrement (je vous conseille fortement de vous abonner aux podcasts de l’émission) d’autant qu’on sent que l’excellent animateur Nicolas Martin est un fan de SF. Les intervenants ont été tout à fait intéressants, avec une mention spéciale pour Bertrand Bonnet, alias Nebal, complètement maître de son sujet. Une excellente mise en jambe donc, avant d’enchaîner sur un cours du soir que je pensais complet en raison de la présence de Roland Lehoucq lui-même, l’assurance d’une salle comble. Et ce fut comble mais j’ai tout de même réussi à m’incruster et à avoir un siège au dernier rang (alors que bien d’autres ont dû rester debout ou s’asseoir sur les tables du fond). Un cours du soir sur « Les relativités d’Einstein dans la science-fiction », très scientifique, avec schémas et équation, mais aussi des cases de BD (Calvin et Hobbes !) et des extraits de films (« Croisières sidérales », un film français de 1942, mais aussi « La planète des singes », « Interstellar »…) rendant le tout ludique et accessible, comme toujours avec l’excellent Roland Lehoucq (et oui, le mot « excellent » risque de revenir souvent… 😉 ). Je n’ai pas fait de photos de ce cours du soir.

 

De gauche à droite : Bertrand Bonnet, Gilles Dumay, Raphaël Granier de Cassagnac et Nicolas Martin

 

Le samedi, jour de grosse affluence. Mais genre vraiment grosse. Difficile de circuler, et s’asseoir relève de la gageure. Et pourtant, quatre conférences à mon palmarès. Tout d’abord, hors catégorie, de 9h à 12h, les « Etats Généraux de l’Imaginaire », présenté par le roi du Powerpoint, j’ai nommé l’incontournable Jérôme Vincent, encore une fois au four et au moulin durant ce festival. Un état des lieux, un débat, des questions, des pistes de réflexion, trois heures bien remplies (même si la fin commençait un peu à tourner en rond), et je suis curieux de voir où tout cela (puisque tous les acteurs du secteur sont appelés à participer) peut bien emmener les littératures de l’imaginaire. A suivre.

 

  Le Powerpoint de la mort qui tue !  Nicolas Martin prend la parole

Au tour de Lionel Davoust  Puis de Gromovar

 

L’après-midi, j’enchaîne trois conférences, avec tout d’abord à 14h « La femme est-elle l’avenir du space-opera ». Modéré par un Jérôme Vincent bien entouré (Emma Newman, Becky Chambers, Laurence Suhner, Sylvie Lainé et Sylvie Denis), cette conférence fut l’occasion de répliques bien senties, notamment de l’excellente (je vous l’avais dit ! 😉 ) Emma Newman quand elle dit qu’elle sera heureuse quand ce genre de conférence n’aura plus lieu d’être, c’est à dire quand le genre des écrivains n’aura plus d’importance. Une conférence immanquable, et au niveau de l’attente qu’elle suscitait. A rattraper impérativement pour ceux qui l’auraient manquée.

 

Jérôme Vincent au micro, puis de gauche à droite Laurence Suhner, Becky Chambers, Emma Newman, Sylvie Lainé. Sylvie Denis est arrivée peu après.

 

16h, place à la rencontre avec Guy Gavriel Kay. Visiblement sous le charme de Jeanne A Debats, l’auteur canadien a expliqué les fondements de sa littérature, tout en parlant de manière douce et posée, rendant la compréhension aisée. Visiblement heureux d’être là, il aura fait de cette conférence une autre incontournable pour les amateurs de son oeuvre (et j’en suis, lisez « Les chevaux célestes » et « Le fleuve céleste » !).

 

 

Un peu de repos (enfin surtout dû au fait que la salle accueillant la conférence que je vouslais voir, « La police prédictive », était pleine…) et me voilà reparti pour une nouvelle conférence à 18h, « L’agence temporelle de la science-fiction ». Modérée par Karine Gobled, alias Lhisbei (les blogueurs ont pris le pouvoir lors de ces Utopiales ou quoi ? 😀 ), cette conférence (ayant pour invités David Calvo en roue libre, Laurent Genefort, Sylvie Miller et Claire Belmas) fut l’occasion de faire le plein de références d’œuvres jouant avec le temps.

 

Karine Gobled au micro, puis Sylvie Miller, Claire Belmas, Laurent Genefort, David Calvo

 

 Et c’est tout pour le samedi. C’est f-déjà pas mal, d’autant que j’ai rempilé le dimanche, avec à 13h (oui, les heures précédentes n’ont pas été très productives côté conférences, mais les discussions c’est important !) « L’auteur et son ombre, Kao Yi-feng et Gwennaël Gaffric« , l’occasion de découvrir un roman qui semble original (mais aussi très inspiré de « Sa majesté des mouches »), à savoir « La guerre des bulles ». J’ai d’ailleurs peu après acheté le roman et l’ai fait dédicacé par l’auteur taïwanais (extrêmement sympathique).

 

 

14h, place à une nouvelle table ronde militante avec « Le personnage non-blanc : sa représentation dans la science-fiction », avec Nabil Ouali, Kao Yi-feng, Gwennaël Gaffric, Karim Si-Tayeb, Valérie Lawson, et modérée par Lloyd Chery. L’intitulé de la conférence pose déjà question… Des débats une nouvelle fois intéressants et surtout très éclairants sur de petites choses auxquelles un homme blanc comme moi ne fait pas toujours attention. Instructif donc, et si ça peut permettre d’ouvrir un peu plus les yeux, c’est mission accomplie.

 

 

Et c’est tout pour le dimanche, l’heure de quitter le festival approchant à grands pas. D’autres conférences m’intéressaient encore mais j’ai tablé sur le staff encore une fois au taquet de ActuSF qui a enregistré toutes les conférences (en cours d’upload, à raison de quatre par jour). De quoi faire une petite sélection tranquille chez soi, voire même pour les plus courageux, une écoute de TOUTES les confs’. J’ai d’ailleurs de mon côté déjà commencé mes séances de rattrapage, et puisque il y a toujours passionnantes à y découvrir, je sens que je vais y passer du temps… Prochain article : un joli fourre-tout conclusif sur cette excellente (oui, je sais… 😉 ) édition des Utopiales.

 

  
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