Star Trek Enterprise, saison 1

Posted on 3 avril 2018

J’avais indiqué précédemment (enfin je crois) que j’allais regarder les épisodes de Star Trek dans l’ordre de diffusion, en dehors de la série originale que je mets un peu à part. Finalement, à force d’entendre des références ici ou là et d’être de plus en plus familier avec ce vaste univers, j’ai décidé de faire un écart et de me rapprocher des débuts de l’exploration spatiale, avant même la création de la Fédération des Planètes Unies, avec la première saison de « Star Trek Enterprise », série de quatre saisons diffusées entre 2001 et 2005 aux US et qui est la dernière série Star Trek à être apparue à l’écran avant l’arrivée de « Star Trek Discovery » l’année dernière.

 

  

 

Alors donc, de quoi ça cause « Star Trek Enterprise » ? Tout simplement des débuts de l’exploration spatiale par les humains en 2151. Après un premier contact officiel avec les Vulcains en 2063 (et le premier vol d’un moteur à distorsion, égalant la vitesse de la lumière et inventé par Zephram Cochrane, on a donc déjà les bases de la « Prime Directive » qui sera le socle de la Fédération : pas d’intervention auprès d’une civilisation qui n’a pas encore découvert la vitesse de distorsion), l’humanité découvre qu’elle n’est pas seule et que d’autres civilisations, parfois largement plus évoluées qu’elle, sillonnent l’univers. Les Vulcains, amicaux mais engoncés dans leurs traditions et avec leur manière très détachée d’analyser les choses, font autant office de conseillers que de freins à l’avancée technologique de l’humanité.

 

  

 

Le crash d’un vaisseau klingon sur Terre en 2151 sera le déclencheur du lancement du premier vaisseau humain capable de voyager à la vitesse de distorsion 5 (warp 5 en VO), et incidemment de la plongée de l’humanité dans le grand bal cosmique. « Star Trek Enterprise » met donc en scène le premier équipage humain en route vers « the final frontier ». Et comme on peut facilement l’imaginer, quand bien même la mission du vaisseau NX-01 « Enterprise » est une mission très sérieuse sur laquelle sera jugée la capacité de l’humanité à être responsable parmi la multitude d’autres civilisations, l’équipage dirigé par le capitaine Jonathan Archer est enthousiaste à l’idée de tout ce qu’il y a à découvrir. Voire même un peu trop par moment, allant volontiers se poser sur des planètes étrangères ou communiquant de manière un peu trop systématique là où la prudence (et la logique incarnée par l’officier scientifique vulcain T’Pol) serait de mise…

 

  

 

Mais un un fan de science-fiction ne peut pas ne pas comprendre cette volonté de tout voir, tout découvrir, tout comprendre, même si cela se fait parfois au mépris de ce qui deviendront des règles élémentaires des premiers contacts une fois la Fédération créée. Et c’est ce qui va parfois mettre l’équipage du NX-01 dans de sales draps. Mais cet équipage, certes relativement restreint (environ 80 personnes, à comparer aux 1000 de l’Enterprise-D (construit à peu près 200 ans plus tard) de Jean-Luc Picard…), est plein de ressources, et son « command crew » saura évidemment le sortir de tous ces mauvais pas. Composé du capitaine Jonathan Archer, un peu chien fou mais toujours bienveillant (incarné de manière efficace mais sans faire d’étincelles par Scott Bakula, qui ne parvient pas à lui donner le charisme d’un Picard ou d’un Kirk), de l’enjoué ingénieur en chef Charles Tucker (Connor Trinneer), du plus pragmatique (et britannique) officier tactique Malcolm Reed (Dominic Keating), de la Vulcaine (donc forcément froide et logique) et officier scientifique T’Pol (Jolene Blalock), de l’enseigne de navigation Travis Mayweather (Anthony Montgomery) et exemple même de l’évolution de l’humanité (il est né et a grandi à bord d’un vaisseau spatial), de l’enseigne de communication Hoshi Sato (Linda Park) parfois à fleur de peau et du Dénobulien et curieux Docteur Phlox (John Bilingsley), on a donc, dans la plus pure tradition de Star Trek un équipage varié, en genres comme en origines.

 

  

  

 

L’humanité, pas encore arrivée au niveau de développement qu’on lui connait dans les séries se déroulant chronologiquement plus tard, est donc régulièrement confrontée à des civilisations plus avancées, scientifiquement comme militairement (corollaire : il y a relativement peu de techno-blabla, trop souvent omniprésent dans « The Next Generation »). Ainsi, le NX-01 a beau être le fleuron des vaisseaux humains, il est tout de même un peu « roots » par moment. Les transporteurs ne servent à téléporter des personnes qu’en dernier recours (d’où l’utilisation intensive de navettes pour atterrir sur les planètes), les passages en chambre de décontamination sont nombreux, et le design même du vaisseau est loin du « tout lisse » que l’on connaîtra ensuite (ce qui n’en fait pas un vaisseau moche, bien au contraire j’aime beaucoup ce design), sans parler de l’intérieur même du vaisseau qui, avec ses coursives, ses échelles d’accès et ses quartiers restreints, fait penser à un sous-marin où la place est limitée et où tout a été pensé sur un strict plan utilitaire, presque militaire. La tonalité esthétique de la série s’en ressent tout de même un peu : tout est très gris… Une technologie en retrait donc, et qui s’aligne relativement bien avec ce qui a été mis en scène dans les autres séries (la série originale mise à part, forcément mise en défaut sur ce point à cause de son grand âge).

 

  

  

 

Du côté des épisodes et de la qualité même de la série, il y a du bon et du moins bon. Sorti de l’enthousiasme des débuts et de la découverte d’une nouvelle période de l’histoire de l’humanité, il faut bien dire qu’elle n’est que rarement marquante. Mais après tout, quelle série Star Trek n’a pas demandé un peu de temps pour s’installer ? Ainsi, on ne trouvera rien de réellement transcendant dans cette saison qui fait du Star Trek (découverte, exploration) mais en mode mineur. Il y a certes quelques pépites, mais la série ne parvient réellement à être marquante qu’à partir du moment où elle permet au spectateur de découvrir quelque chose dont l’ampleur va au-delà de l’Enterprise elle-même (le conflit Andorians-Vulcains dans « The Andorian incident » puis « Shadows of P’Jem », le destin d’une diplomate vulcaine dans « Fallen hero »). Heureusement, les liens entre les membres d’équipage nous donnent aussi de bons moments (le duo TuckerReed dans « Shuttlepod one », le conflit ArcherPhlox et les premières réflexions sur la « Prime Directive » dans « Dear Doctor »). Ici ou là on trouve quelques idées plutôt bien exploitées (les conséquences de nos actes et l’interventionnisme dans « Desert crossing », qui fait référence au très bon « Detained » qui lui-même fait écho à notre actualité avec ces innocents détenus sans discernement, ou l’illustration de « la fin justifie les moyens »), mais cela reste assez anecdotique. La série reste essentiellement procédurale, avec tout de même un fil rouge en la présence d’une Guerre Froide Temporelle, mais là aussi les épisodes s’y rapportant soufflent le froid et le chaud tant on a du mal à appréhender les tenants et les aboutissants et bien du mal à savoir où cela doit nous mener… Ceci dit, il faut saluer un très bon dernier épisode (« Shockwave, part 1 »), qui place un joli cliffhanger à l’issue d’un récit ma foi très efficace.

 

  

  

 

Pas un coup de coeur pour cette série donc, mais une première impression suffisamment accrocheuse (grâce notamment à un équipage auquel on finit par s’attacher) pour me faire continuer. Après tout, il s’agit quand même de Star Trek ! Mais il faut bien avouer qu’au regard de la qualité des séries actuelles, « Star Trek Enterprise », même si elle n’est pas repoussante sur le plan technique, fait tout de même pour le moment un peu pâle figure, heureusement sans atteindre la relative médiocrité des deux premières saisons de « The Next Generation »… A suivre !

 

  

  

  

 

  
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