Ce qui divise, Spire tome 2, de Laurent Genefort

Posted on 10 mai 2018
Après un sympathique premier tome, pourquoi ne pas poursuivre l’aventure de la SPire, cette société de transport interstellaire imaginée par Laurent Genefort ? Place au second tome donc, et après l’acte de naissance de la société, voici venir les premières dissensions alors que la SPire commence à atteindre une taille respectable.

 

Quatrième de couverture :

« Les jeunes navis ne considèrent plus la Spire comme une compagnie spéciale. Pour eux, il s’agit d’un employeur comme un autre. »

Enfin émancipée, la Spire a grandi. La compagnie de transport créée par des pilotes indépendants est en passe de devenir aussi implacable que ses concurrentes. En son sein, deux branches s’affrontent : le Buro, dirigé par le redoutable Mathy, et la Ligue des navis, garante des intérêts des pilotes et de l’âme de la compagnie. Entre les deux : Lenoor, la présidente aimée de tous, qui tente de faire perdurer le rêve initial…
Pourtant, un espoir demeure vivace chez certains navis : découvrir la planète des Vangk – les légendaires constructeurs des Portes ouvrant sur les étoiles – et s’emparer de leurs secrets.
Et tandis que les luttes de pouvoir s’intensifient, que les décisions irrévocables se multiplient, l’heure du choix a sonné pour la Spire.

 

Space-UPS !

Les idéaux qui mènent à la création d’une entreprise « spéciale » (en tout cas pour ses fondateurs) finissent parfois par s’effacer devant le poids de décisions délicates alors que l’entreprise atteint une taille respectable. C’est ce qui est en train d’arriver à la Spire, cette entreprise de transport interstellaire créée au départ pour alimenter les Confins, ces mondes en bordure de l’expansion humaine, parfois isolés, parfois peu développés et donc inintéressants pour les grosses entreprises du secteur. Car à mesure que la Spire prospère, deux problèmes se posent à elle. D’une part, les nouveaux venus au sein de l’effectif peuvent avoir des objectifs différents de ceux des fondateurs, d’autre part à force de grignoter des parts de marchés, elle devient gênante, et se retrouve donc confrontée à quelques coups bas de ses adversaires. Et le pire dans tout ça, c’est que ces deux problèmes sont peut-être liés…

On retrouve donc dans « Ce qui divise » la Spire, quelques années après sa création (évènement conté dans « Ce qui relie »). Elle a grossi, a engagé de nombreux pilotes qui, comme le dit la quatrième de couverture, «  (…) ne considèrent plus la Spire comme une compagnie spéciale. Pour eux, il s’agit d’un employeur comme un autre. » Voilà qui ne va pas sans poser quelques problèmes surtout quand à la tête de la société s’affrontent deux services aux objectifs opposés. Et certains actes vont conduire des pilotes à la démission, chose impensable au sein d’une entreprise qui se veut absolument vertueuse. La Spire deviendrait-elle comme ses concurrents ? Si on ajoute à ça le fait que la Spire se retrouve plus d’une fois au bord de la faillite à cause de ce qui ressemble à du terrorisme économique (infection très contagieuse au sein d’une station suite à l’arrimage d’un cargo de la Spire, éveil à la conscience (et donc lutte pour leurs droits) des IA des vaisseaux de la société, etc…), on peut dire que l’entreprise est en crise.

Tous ces éléments s’interconnectent, se croisent et se recroisent au sein de différents récits qui se succèdent et se mélangent à la fois. « Ce qui divise » ressemble un peu à un recueil de nouvelles dont les récits auraient été emmêlés, entrelacés. Du coup, les personnages « stars » (notamment Lenoor et Hummel) du roman précédent sont un peu en retrait, sans que d’autres prennent leur place. Les intervenants sont tout simplement plus nombreux, les évènements plus variés, ce qui semble logique pour une entreprise qui grossit et dont le nombre de terrains d’intervention ne cesse d’augmenter.

En tout cas, à l’image du premier volume, « Ce qui divise » se lit toujours aussi bien, Laurent Genefort est là sur son terrain de prédilection (le space-opera « léger », j’ai d’ailleurs retrouvé dans les récits narrés ici un peu du très bon « Les ferrailleurs du cosmos » de Eric Brown. On trouvera aussi dans le roman de nombreuses références à d’illustres ancêtres : des vaisseaux nommés Joiry, Van Rijn ou Algernon pour les références les plus évidentes, ça ne peut que parler à un amateur de SF). Toujours situé dans l’univers des Vangk (dans lequel se situent la majorité des textes de l’auteur), univers qui semble vouloir se dévoiler à toutes petites touches puisque le mystérieux épilogue du premier volume trouve ici une petite continuation, le roman ne souffre pas de temps morts. On nage ici dans le space opera d’aventure, sans prise de tête même si le ton résolument optimiste de « Ce qui relie » cède ici le pas à plus de noirceur, notamment avec une fin assez fataliste finalement.

Fort sympathique lecture donc que ce deuxième tome, illustré comme le premier par Manchu (les deux volumes mis côte à côte forment une fresque qui sera complète avec le troisième, même s’il est facile de voir l’ensemble en fouinant sur le blog de l’illustrateur, ensemble qui laisserait même de la place pour une préquelle… 😉 ). J’attends maintenant le troisième et dernier, au titre évocateur (« Ce qui révèle »), qui devrait paraître au mois de juin si j’en crois l’annonce à la fin du roman (mais pas 2017 comme annoncé, hein, plutôt 2018 !).

 

Lire aussi les avis de Célindanaé, Gloubik.

 

 

  
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