Zapping cinéma et VOD, épisode 44

Posted on 23 août 2018
Deuxième fournée de films en peu de temps, c’est suffisamment rare pour être signalé, exception faite du film de Terry Gilliam que j’ai vu à sa sorite au cinéma (en mai dernier). Ce n’est donc pas un rattrapage de visionnage le concernant mais plutôt un rattrapage de critique.^^

 

L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam

Ce cher Terry Gilliam a finalement réussi et à le faire et à le sortir ce film maudit, après presque vingt ans de combats, de désillusions et de coups du sort. Et s’il ne manque pas d’intérêt, il faut bien dire aussi qu’il n’est pas parfait, loin s’en faut. Inévitablement, après tous les déboires qu’il a vécus, Gilliam ne pouvait que mettre une part de lui-même dans ce film. Ainsi, en la personne de Toby, ce réalisateur blasé joué par Adam Driver, qui tourne un spot publicitaire inspiré de la scène des moulins à vent et qui revient sur les lieux de tournage de sa propre adaptation du roman de Cervantès qu’il avait réalisée dix ans plus tôt, difficile de na pas voir Gilliam lui-même. La nostalgie finira par se confondre avec l’étrange, voire le fantastique quand Toby va devenir le Sancho Panza de son acteur d’alors (superbement incarné par Jonathan Pryce), qui se prend réellement pour Don Quichotte.

Et les scènes entre burlesque, onirisme et comédie se suivent, se mélangent, jusqu’à jeter un flou sur ce qui relève du pur fantasme ou de la réalité. Parfois longuet, parfois brouillon, parfois un peu « over-the-top », le film ressemble bien au testament d’un réalisateur qui aura tout donné, peut-être même un peu trop, pour réaliser l’oeuvre de sa vie. Pas parfait, mais certainement touchant, d’une certaine manière.

A noter que j’ai fait l’erreur de voir ce film en VF, et que le doublage d’Adam Driver ne rend absolument pas justice à son travail d’acteur. Préférez donc la VO.

 

La La Land, de Damien Chazelle

C’est un film avec Emma Stone.

Comment ça, ça ne vous suffit pas ? Je ne vous comprends pas.

Bref, après un excellent « Whiplash », le réalisateur franco-américain Damien Chazelle reste dans le domaine du jazz tout en offrant avec ce « La La Land » un véritable hommage aux comédies musicales qui ont fait les belles heures du cinéma d’Hollywood. Et puis il y a Emma Stone. Avec cette histoire d’amour qui commence mal entre une jeune femme qui rêve de devenir actrice (Emma Stone) et un musicien de jazz rêvant d’ouvrir sa propre boîte de jazz (Ryan Gosling), c’est un bon bol d’air frais que nous offre Chazelle. Avec ces chorégraphies, ces chansons (toutes interprétées par les deux acteurs, y compris les scènes de piano par un Ryan Gosling qui a pris des cours pendant quelques mois), ces couleurs acidulées, cette photographie à tomber par terre, cette réalisation virevoltante, c’est un véritable petit vent de bonheur qui souffle sur le spectateur. Et puis il y a Emma Stone.

Pourtant, il ne faudrait pas croire que la fadeur ou la niaiserie l’emporte, car certes les comédies musicales véhiculent souvent un ton optimiste, mais tout ne se déroule pas comme dans un conte de fées. Car les contes de fées n’existent pas, et Damien Chazelle l’a bien compris. Et c’est en étant partagé entre volonté inébranlable de réaliser ses rêves, amertume, mélancolie et aléas de la vie que l’on quitte ce film (bardé d’Oscars bien mérités et porté par une BO de grande classe, à écouter et réécouter) et Emma Stone (un Oscar pour elle aussi) à regret.

Car oui, il y a Emma Stone. What else ?

♫♫ Here’s to the fools who dream, crazy as they may seem… ♫♫

 

Sans un bruit, de John Krasinski

Ce film repose sur un concept simple : l’humanité a été décimée par des créatures venues d’on ne sait où. Des créatures aveugles mais à l’ouïe sur-développée. Dès lors, le moindre bruit peut s’avérer mortel…

Un concept simple mais utilisé à bon escient, jouant sur les bruitages bien sûr, mais aussi sur la perception qu’en ont les différents membres de la famille que l’on suit à l’écran, notamment avec cette jeune fille sourde (incarnée par Millicent Simmonds, une actrice elle-même sourde). C’est un film d’horreur, ou plutôt de terreur, qui joue avec les codes du genre. Il ne réinvente rien mais utilise efficacement les ficelles habituelles, jump scares compris. Alors certes, basé sur ce seul concept (peut-être un peu bancal si on y réfléchit vraiment…), le film ne peut pas s’éterniser (1h30 générique compris), mais il se permet d’installer une ambiance relativement originale, essentiellement basée sur le langage des signes, les silences, les bruitages ambiants et la gestuelle des acteurs qui accomplissent une jolie performance pour retranscrire les émotions, même si on reste tout de même là encore cantonné aux classiques du genre, à savoir la peur, la surprise, la terreur, la détermination. Dommage que cette ambiance cède la place sur la fin à quelque chose de moins surprenant, toujours dans les codes des films horrifiques.

Une réussite malgré tout, et qui fonctionne même à domicile, ce n’est pas toujours le cas avec ce genre de films.

 

  
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