Quelques nouvelles… (8)

Posted on 18 octobre 2018
Une fois n’est pas coutume, cette huitième itération de mes articles courts sur quelques nouvelles lues ici ou là sera thémathique, sur un élément utilisé à de multiples reprises en SF, à savoir le voyage dans le temps. Une idée qui m’est venue suite à quelques conseils de lectures glanés en conférence ou bien dans des ouvrages (en paratexte voire carrément dans le récit) et que j’ai enfin décidé de lire. Place donc à quelques (vieux !) textes d’auteurs de légende.

 

« Vous les zombies… », de Robert Heinlein

Un texte écrit en 1959 dont la lecture avait été conseillée par Sabrina Calvo il me semble, lors des Utopiales 2017 dans la conférence « L’agence spatio-temporelle de la science-fiction ». Oui, agence spatio-temporelle car il est ici question d’un recrutement, mais d’un recrutement très particulier… Et je m’aperçois donc ici qu’il va être très difficile de parler de ces récits sur le voyages dans le temps puisque tout repose sur la surprise. Donc… je ne dirai rien de plus, si ce n’est que ce texte est devenu avec le temps l’illustration ultime de la boucle temporelle, avec les paradoxes (en cascade !) associés. Un petit régal !

Par ailleurs, j’ai lu ce texte dans l’anthologie « Histoires de voyages dans le temps », et il est fort possible que j’y revienne car j’ai comme l’impression qu’il y a d’autres petites pépites à l’intérieur.

 

« Un coup de tonnerre », de Ray Bradbury

Là encore, un conseil de lecture. Sauf que je n’arrive plus à me souvenir d’où il provient… D’un livre, ça c’est sûr mais je n’arrive pas à retrouver lequel… Toujours est-il que je l’avais dans un vieux recueil sorti de je ne sais où, donc pourquoi de priver ? Ici il est question, dans un avenir pas si lointain (en 2055 précisément) où le voyage dans le temps est devenu une réalité, de « touristes temporels » venus faire une partie de chasse à l’ère des dinosaures. On passera sur une erreur de datation (il y a 60 millions d’années les dinosaures avaient déjà disparus) relative aux connaissances encore parcellaires sur le sujet (Ray Bradbury a écrit cette nouvelle en 1952) pour insister, après l’exemple ultime de la boucle temporelle par Heinlein, sur l’illustration de l’effet papillon par Bradbury.

Certes un lecteur un minimum habitué à la SF ne sera pas surpris par le déroulé et surtout par la chute du récit, mais il n’empêche qu’il reste emblématique des conséquences des voyages temporels. Prévisible donc mais simple, efficace, sympathique.

A noter que cette nouvelle a été adaptée en film, sorti directement en DVD, ce qui me fait dire qu’au vu des critiques il vaut mieux se contenter du texte de Bradbury

 

« Toute la vie devant soi », de Arthur C. Clarke

Nouvel extrait de l’excellente intégrale des nouvelles de Clarke (j’avais déjà parlé de « Face-à-face avec Méduse ») dont je me suis résigné à ne pas en parler ici pour cause de lecture trop espacée (plus de 1100 pages, plus de 100 textes !), alors qu’il regorge de récits typiquement « clarkiens » propres à faire naître le sense of wonder comme lui seul sait le faire… Bref, lisez ce recueil, c’est du pur bonheur (même si tout n’est pas bon, forcément dans un recueil de ce type) !

Et donc, pourquoi ce texte précis ? Parce qu’après Heinlein et Bradbury, je ne pouvais qu’enchaîner sur un autre grand nom de la SF et que mon choix s’est porté de manière tout à fait arbitraire sur Clarke, un auteur que j’apprécie tout particulièrement. En regardant vite fait si l’auteur avait écrit sur les voyages temporels, j’ai vu la mention de « Toute la vie devant soi ». Alors bon, ce n’est pas directement du voyage temporel (en tout pas par le « héros »), mais il reste tout de même dans la thématique avec une sorte de distorsion temporelle qui permet de transformer les secondes en années… Un récit à chute qui aurait tout aussi bien pu s’appeler pour le personnage principal « Au bord du gouffre pour l’éternité »

Ce n’est sans doute pas le meilleur récit de Clarke (lisez « L’étoile », lisez « La sentinelle », lisez « Les neufs milliards de noms de Dieu », lisez « Face-à-face avec Méduse », lisez « Le mur de ténèbres » et son étonnant ruban de Moebius, et tant d’autres tous contenus dans ce recueil « Odyssées » !!), mais ça se lit toujours très bien.

 

Voilà donc trois textes sur lesquels je ne vous ai quasiment rien dit. Oui c’est compliqué de parler de récits de voyages temporels mais c’est un bonheur d’en lire !

 

  
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