Apollo, des hommes sur la Lune, de Matt Fitch, Chris Baker et Mike Collins

Posted on 4 février 2019
Quoi, la Lune encore ? Apollo encore ? Hé oui, désolé… mais cette fois, c’est avec un graphic novel, ça change un peu la perspective, non ? Et donc, avec « Apollo, des hommes sur la Lune », on se penche sur une mission en particulier, et il s’agit bien évidemment de la plus cruciale d’entre toutes, de la plus célèbre aussi, c’est à dire Apollo 11, celle qui a vu les premiers pas de l’Homme sur la Lune.

 

Quatrième de couverture :

Le 20 juillet 1969, l’Homme a marché sur la Lune.
Ce livre raconte comment Neil Armstrong, Edwin  «  Buzz » Aldrin et Michael Collins, ont réalisé cet exploit sans précédent.  Épaulés par les ingénieurs et les scientifiques du programme Apollo, ils ont embarqué dans une fusée et ont traversé le néant spatial juste pour nous montrer que c’était possible.
Matt Fitch, Chris Baker et Mike Collins nous révèlent ici la véritable histoire de la mission d’exploitation la plus extraordinaire de tous les temps.

 

Le programme Apollo a aussi droit à son graphic novel

Comment décrire la mission Apollo 11, événement planétaire archi-documenté de partout, sur de nombreux médias, connu (au moins partiellement) de tout le monde et dont on pourrait penser qu’il n’a plus guère de surprises à offrir ? C’est sur ce dilemme que ce sont penchés les auteurs Matt Fitch et Chris Baker, aidé de Mike Collins au dessin (oui, Mike Collins, la coïncidence est assez amusante dès lors que l’on parle d’Apollo 11, mission dont le pilote du module de commande s’appelait Michael Collins, les deux hommes n’ayant toutefois aucun lien de parenté).

 

    

 

Et c’est plutôt réussi dans son genre. On s’éloigne assez rapidement d’un trop classique (et sans doute pas très intéressant sur ce média) déroulé de la mission dans son ensemble pour l’aborder de manière différente. On y trouve donc le drame d’Apollo 1, susceptible (en plus d’avoir fait perdre aux astronautes des amis certes conscients du risque qu’ils courraient mais des amis tout de même) de remettre en question la totalité du programme, on y voit l’aspect politique, notamment à travers un Richard Nixon « contraint » de marcher dans les pas d’un Président (du camp adverse qui plus est) dont on se souviendra plus que lui (John F. Kennedy), on y aborde l’anxiété et la pression médiatique vécues par les familles des astronautes, et surtout on plonge dans la vie des astronautes, leur passé, ce qui les hante.

 

    

 

Pour Buzz Aldrin, c’est l’envie de plaire à un père autoritaire et à la personnalité pesante (il porte d’ailleurs son prénom, ce qui d’une certaine manière accentue cette pression paternelle, d’autant plus que celui-ci l’appelle « Junior »), pour Michael Collins c’est la peur de l’échec, la peur d’un retour sur Terre en solitaire qui ferait de lui l’homme qui a lâché les deux héros, et pour Neil Armstrong, c’est un drame familial, le même que celui évoqué dans le film « First man » à savoir la perte de sa fille âgée de moins de trois ans. Des éléments qui pèsent sur les trois astronautes et qui seront une part non négligeable du dépassement de soi que la mission leur a imposé. Et qui finira par les libérer.

 

      

 

Ainsi, en plus du côté factuel et iconique de la mission Apollo 11 (les éléments incontournables se retrouvent en pleine page), c’est une plongée pleine d’émotion dans la psyché des trois hommes que nous propose ce graphic novel. Graphiquement sans accroc bien que sans grand génie (on notera la présence judicieuse d’un effet de trame digne de l’époque des faits mais on regrettera des visages trop ressemblants, problématique pour savoir qui est sur l’image quand on ne voit pas le nom sur la combinaison), « Apollo, des hommes sur la Lune » réalise un joli travail en déplaçant le sujet sur un aspect plus psychologique. Doté qui plus est de quelques annexes « techniques » (plan de la fusée Saturn V et des deux modules de la mission (en revanche les indications de pages sont fantaisistes…), description des astronautes présents dans l’album, recopie du fameux discours de Kennedy du 12 septembre 1962), on tient donc là un album intéressant et bien mené, dont le public pourrait tout de même être assez restreint, puisqu’il n’est à l’évidence pas destiné à décrire le déroulement de la mission. A découvrir tout de même pour en voir « autre chose ».

 

    

  

 

  
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