Zapping cinéma et VOD, épisode 49

Posted on 23 avril 2019
Qui dit semaine de vacances scolaires dit quelques jours chez Papi-Mamie pour Mini-Miss et donc possibilité d’aller voir un film au cinéma. Et le choix s’est aisément porté sur « Us » de Jordan Peele, avec des places gratuites. Pour le reste, de l’animation avec la suite du très sympathique « Rio » et quelque chose d’un peu (beaucoup !) plus personnel.

 

Rio 2, de Carlos Saldanha

Le premier « Rio » fut une excellente surprise, fort appréciée par toute la famille, parents comme enfant. Nous avons donc tenté la suite, malgré la mise en garde d’Acr0. Clairement, nous aurions dû l’écouter. Tout est moins bon. Le scénario tarde à démarrer, c’est confus, il n’y a pas de ligne directrice, ça s’éparpille, etc… Bien sûr c’est joli, très joli même, avec explosions de couleurs dans la jungle, etc… Mais ça ne fait pas tout. Et comme le film finit par ennuyer sérieusement, nous ne sommes même pas allés au bout. Même notre fille n’était pas attentive alors qu’elle était plutôt captivée par le premier film. Alors si même elle le dit… Le verdict est donc sans appel : « Rio 1 » c’est top, « Rio 2 », c’est naze.

 

Us, de Jordan Peele

J’ai raté « Get out », le premier film de Jordan Peele, mais à la faveur de places gratuites, nous sommes allés voir son deuxième, « Us ». Et que dire… Quel étrange film, qui ne sait pas vraiment sur quel pied danser… Oui, on est clairement dans un film d’horreur/épouvante, et Peele n’hésite pas à jouer avec certains codes du genre (tout en en évitant d’autres, les jump scares étant à peu près absents), mais il s’étire sans doute un peu trop et manque d’impact, ce que le genre réclame pourtant. Et quand on bascule enfin, après une longue introduction qui ceci dit ne manque pas d’intérêt, dans le coeur du film, à savoir l’horreur, on se trouve étonnés devant ce long-métrage qui désamorce trop souvent les situations horrifiques par un humour frôlant parfois l’absurde. C’est sans doute voulu, mais ça a eu le don de me sortir du film à plusieurs reprises. J’aurais préféré aller franchement dans le potache, ou vraiment dans l’horreur, mais cette oscillation constante m’a dérangé.

Pour le reste, le fond du film est intéressant, les gens qu’on oublie, qu’on ne veut pas voir (trop bien installés dans nos petites vies bien réglées que nous sommes) mais qui pourtant auraient un réel pouvoir sur les classes supérieures s’ils s’unissaient, etc… Sans oublier un aspect racial évidemment important, exacerbé par les tenues portées par les « autres », rappelant des tenues de prisonniers. Mais là encore, alors que ce film aurait pu (dû ?) verser dans la parabole, on trouve vers la fin une somme d’explications (quelque peu abracadabrantesques…) ne laissant guère de mystère et donnant donc au film une vraie substance qui ne lui convient pourtant pas. Il aurait sans doute fallu en dire moins pour paradoxalement mieux illustrer son propos.

Déception donc, mais j’y ai tout de même vu un fond intéressant, ce qui me donne surtout une belle envie de voir enfin « Get out », qui a d’ailleurs bien meilleure presse que ce « Us ».

 

Pupille, de Jeanne Herry

Alors là, on touche à quelque chose de très personnel, d’où notre envie à Madame et moi de regarder ce film FRANÇAIS (c’est suffisamment rare pour être signalé…). Nous sommes des parents adoptants, ce film parle de l’adoption, est-il besoin d’en dire plus ? « Pupille » nous permet donc de suivre le tout début de la vie d’un bébé dont la mère biologique a accouché sous X. En parallèle, on suit également le parcours (du combattant, on ne le dira jamais assez) d’une femme pour accéder à l’adoption d’un enfant qu’elle ne pourra pas avoir de manière naturelle.

Et que dire d’autre si ce n’est que ce film est d’une exceptionnelle justesse ? Tout y est conforme à la réalité, telle que nous l’avons vécue. Du côté des futurs parents donc, on y trouve les travailleurs et travailleuses du Conseil Départemental qui font passer les besoins de l’enfant (et c’est bien normal) avant tout le reste, le long parcours de l’agrément pour les futurs parents adoptants, l’attente, la longue, très longue attente, les doutes, puis la rencontre, qui éveille en nous bien évidemment de vifs souvenirs. Le film explore toutes les facettes de l’adoption, on y voit donc également ce que vit l’enfant, avec sa naissance sous X, son placement en famille d’accueil, son suivi par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance, jusqu’à l’adoption définitive. Et tout un tas d’autres détails (qui n’en sont d’ailleurs absolument pas) tout à fait véridiques.

Étant « émotionnellement impliqué » de par notre vécu, j’ai personnellement regardé ce film avec un oeil finalement assez analytique, en comparant sans cesse avec notre situation. Étonnamment, les différences sont très peu nombreuses, ce qui renforce encore plus son impact. Ayant en plus le bon goût de ne juger personne et de ne jamais céder au pathos (en tout cas pas plus que ce que la situation, fort logiquement, n’implique), « Pupille » vaut certainement tous les documentaires du monde sur le sujet. À peine pourrait-on regretter une pseudo-possibilité de romance qui n’apporte rien au film et n’a pas grand chose à y faire. Pour le reste autant être clair, c’est remarquable de bout en bout. Et c’est comme ça que ça se passe en vrai, vraiment.

 

  
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