Le Déchronologue de Stéphane Beauverger

Posted on 17 juin 2011

Quatrième de couverture :

« Je suis le capitaine Henri Villon, et je mourrai bientôt. Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N’est-ce pas l’ultime privilège d’un condamné d’annoncer son trépas comme il l’entend ? C’est mon droit. Et si vous ne me l’accordez pas, alors disons que je le prends ». Ainsi débute le récit du capitaine Villon. Il lutte avec son équipage de pirates pour préserver sa liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Son arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.

Coup de coeur (de pirate, hum…) !

Oui, bon ok, passons sur le jeu de mot foireux du titre de cette critique pour se pencher un peu sur l’œuvre en elle même.

« Le Déchronologue » est un livre de SF, mais l’aspect science-fiction ne prend jamais le pas sur l’Aventure (notez le A majuscule, ce n’est pas innocent). Récit de pirate comme on n’en fait plus, le roman nous fait suivre les pas de Henri Villon, capitaine flibustier français, dans sa recherche de maravillas, ces objets étranges venus d’un autre temps.

Et là, premier coup de cœur (de pir… oui bon…) : tout l’aspect SF (maravillas, phénomènes temporels, etc…) est vu à travers les yeux de Villon. Il est amusant de voir comment un pirate du XVIIème siècle nous décrit des objets de notre quotidien (walkman, lampe torche, etc…) avec le vocabulaire de l’époque. Profitons-en d’ailleurs pour tirer un coup de chapeau (de pirate…) à l’auteur pour sa maitrise de la langue : fleurie, désuète, mais surtout superbement maitrisée. Un vrai régal !
Le fait de suivre Villon, et non pas les intervenants qui manipulent le temps comme c’est le cas habituellement, fait que les mystères sont bien présents, et qu’on se retourne le cerveau pour combler les trous. Très agréable. Tout n’est pas parfaitement clair, mais j’aime beaucoup cette part de mystère. Villon fait ce qu’il peut pour survivre au milieu de tous ces évènements, sans forcément tout comprendre lui non plus.

Deuxième coup de cœur : la déchronologie du roman. les chapitres sont dans le désordre le plus complet ! On peut trouver cela inutile, rébarbatif, voire énervant (et j’ai d’ailleurs failli prendre ce parti), mais il faut reconnaître que Stéphane Beauverger a parfaitement su mener sa barque (de pirate ?) pour que le roman soit compréhensible malgré tout. Cela dit, j’ai fait pas mal d’allers-retours entre le chapitre en cours de lecture et ceux déjà lus, pour savoir où j’en étais. Mais la table des matières (avec les dates) aide bien, et une fois la première moitié du roman avalée, ça passe beaucoup mieux.

Troisième coup de cœur : Villon ! Un vrai héros de roman d’aventure ! Capitaine au grand cœur, très attaché à son équipage (et c’est réciproque, ça fait d’ailleurs du bien de voir un roman de piraterie dans lequel la fraternité entre membres d’équipage est si importante), ballotté par les évènements, cherchant à rester en vie, manipulateur manipulé, difficile de ne pas s’y attacher. Sans doute le point fort du roman ! N’oublions pas tout de même les seconds rôles : Sévère, Brieuc, Fèfè de Dieppe (quel personnage !), De Vasseur, le Baptiste, etc… Toute une galerie haute en couleurs !

Vous l’aurez compris, ce « Déchronologue » est un vrai coup de cœur, une de mes meilleurs lectures de ces derniers mois. Une lecture indispensable à tout fan de SF, mais qui plaira aussi sans aucun doute possible aux amateurs de romans de pirates, et aux amateurs de grande aventure.

Indispensable je vous dis !

  
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