Dilvish le damné, de Roger Zelazny

Posted on 2 avril 2012

Troisième lecture de Roger Zelazny d’affilée, c’est dire si cet auteur m’intéresse ! Cette fois, je m’attaque à un recueil reprenant les aventures d’un personnage que l’auteur a développé à travers roman et nouvelles : Dilvish le damné.

 

Quatrième de couverture :

II s’appelle Dilvish de Sélar, mais les vieilles chansons parlent plutôt de lui comme de Dilvish le Libérateur. Vaincu par Jélérak, il a été exilé plusieurs siècles durant aux enfers. Un séjour qu’il a mis à profit pou apprendre les douze Abominable Formules de la magie noire. Chevauchant un sombre cheval d’acier capable de cracher du feu, chaussé de bottes d’elfe qui ne laissent aucune empreinte derrière elles, armé de l’Epée Invisible, Dilvish est de retour. Et la route qui le mène de la résurrection à la vengeance lui fera traverser un monde magique où derrière chaque rencontre se cache un danger mortel ou un faux-semblant.

Dans ce volume est publiée pour la première fois en France l’intégralité des aventures de Dilvish le Damné, soit onze nouvelles et un roman. Au carrefour de la sword & sorcery classique et de l’hommage à H.P. Lovecraft, « Dilvish le damné » fait partie des fantaisies les plus assumées de Roger Zelazny.

 

De la belle sword & sorcery

Recueil composé de onze nouvelles et d’un roman, « Dilvish le damné » se permet, de manière étonnante, d’être tout à fait cohérent dans son déroulement : tous les récits respectent un ordre chronologique précis, et le tout peut très bien se lire comme un gros roman, chaque nouvelle composant un nouveau chapitre des aventures de Dilvish, le tout se clôturant avec le seul roman écrit par Zelazny sur ce personnage.

Et ça commence sur les chapeaux de roues avec « Sur la route de Dilfar », courte nouvelle effrénée retraçant la fuite de Dilvish vers la cité de Dilfar. Superbe introduction ! Puis au fil des nouvelles, le personnage de Dilvish devient plus consistant, on en apprend un peu plus sur son passé, sa confrontation avec son ennemi, le sorcier Jélérak, sa malédiction, et son retour parmi les vivants, soit au fil de ses aventures, soit par l’intermédiaire d’autres personnages (comme dans la nouvelle « La ballade de Théline »). Il reste tout de même juste ce qu’il faut de mystère pour captiver le lecteur. De même, les légendes de ce monde sont abordées par petites touches, de ci de là au fil des récits : anciens dieux, héros, etc… (« Les cloches de Shoredan », « La carte de Souffrance », « Le jardin de sang », « Le démon et la danseuse », le roman « Terres changeantes »).

On se situe ici dans le genre sword & sorcery, dans sa mouvance la plus classique. Zelazny n’invente rien, il reprend les vieilles recettes (démons maléfiques, sorciers malfaisants, jeunes femmes pulpeuses, magie puissante, combats épiques). Mais c’est dans les vieux pots… Et ça marche à la perfection ! Dans un esprit très « pulp », mais très assumé, nous suivons la quête de vengeance de Dilvish, qui le conduira vers différentes aventures, parfois directement liées à son ennemi, parfois totalement divergentes, jusqu’au roman qui justifie pleinement l’allusion à Lovecraft de la quatrième de couverture.

Les ambiances sont superbes, les récits ont ce petit quelque chose d’épique, de légendaire qui font tout leur charme, et l’écriture de Zelazny est comme à chaque fois superbe, parfois onirique, parfois humoristique. A ce propos, les interventions de Ténèbres, la monture du héros, démon en forme de cheval métallique avec lequel Dilvish a passé un pacte au cœur de l’Enfer, sont souvent pleines d’une délicieuse ironie et le duo fonctionne à merveille, c’est une des grandes réussites de l’écrivain. Ténèbres est d’ailleurs bien plus qu’un simple faire-valoir, c’est un personnage à part entière qui sauvera la vie de Dilvish plus souvent qu’à son tour.

Alors bien sûr, tout n’est pas parfait, certaines nouvelles sont plus intéressantes que d’autres, le roman manque parfois de dynamisme et l’auteur n’évite pas quelques petits soucis de cohérences (par exemple, Dilvish possède l’Épée Invisible dès la troisième nouvelle, puis on n’entendra plus parler de cette arme ensuite…). Mais globalement, partant du postulat que c’est un recueil 100% plaisir, c’est une lecture tout à fait recommandable. Mes lectures zelaznyennes progressent en qualité, ça n’augure que du bon puisque la prochaine sur la liste (mais dont la lecture va devoir attendre un peu) n’est autre que le recueil « Seigneurs de lumière » (toujours chez Lunes d’Encre), qui contient son grand chef d’œuvre : « Seigneur de Lumière » (d’où le titre du recueil, vous l’aurez compris).

Pour finir, ajoutons un mot de félicitations pour la superbe illustration de couverture de Jean-Sébastien Rossbach qui a accompli un magnifique travail !

 

D’autres chroniques chez Cachou, Efelle, Lhisbei, Nick, Fantastinet.

  
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