Station solaire, de Andreas Eschbach

Posted on 27 juin 2012

La SF allemande reste assez obscur dans notre pays. Et pourtant, elle possède un auteur de talent en son sein : Andreas Eschbach. Connu pour son brillant « Des milliards de tapis de cheveux » (son premier roman), l’auteur est depuis traduit dans de multiples langues, signe de qualité sans nul doute (encore que… Mais comme il semblerait que ce monsieur ait le bon goût de vivre en Bretagne, je ne peux que lui accorder le bénéfice du doute ! 😉 ). « Station solaire » est son deuxième roman, et n’a rien à voir avec le premier, ni dans le fond ni dans la forme.

 

Quatrième de couverture :

2015. La station expérimentale Nippon orbite à quatre cents kilomètres de la Terre. Son rôle : étudier et développer les technologies de captage et de transmission de l’énergie solaire depuis l’espace. Le succès de la mission ouvrira de nouveaux espoirs à un monde qui dévore ses sources d’énergie.

Alors pourquoi des incidents à bord laissent-ils soupçonner qu’une entreprise de sabotage est à l’œuvre ?

Pire est la vérité : avec la découverte d’un premier meurtre débute le compte à rebours d’un plan diabolique dont on ne comprendra que trop tard l’objectif.
Neuf hommes et femmes en apesanteur dans le huis clos de la station solaire.

 

Huis clos en apesanteur

Ceux qui s’attendaient à un nouveau chef d’oeuvre dans la droite ligne du subtil, émouvant et prenant « Des milliards de tapis de cheveux » vont être surpris. On est ici dans un tout autre domaine : le thriller spatial. Le roman est court (environ 300 pages), et ne s’embarrasse pas de digressions inutiles, l’auteur va droit au but.

La première partie pose le contexte du roman : on fait le tour de cette station spatiale, faite pour capter l’immense énergie du soleil et la renvoyer sur Terre. Andreas Eschbach nous présente également l’équipage, essentiellement japonais à l’exception d’un indo-anglais et d’un américain, ce dernier étant responsable de la sécurité, ce qui dans une station spatiale équivaut tout aussi bien à faire le ménage et la cuisine. Autant dire qu’il n’est pas vraiment considéré par l’équipage scientifique. Enfin, bien que succinctement, l’auteur présente également le contexte géo-politique de son roman, situé en 2015 (le roman a été écrit en 1996), et qui aura son importance dans le déroulement de l’intrigue.

Dans la deuxième partie, place à l’action ! Le nombre restreint de personnages (et leur situation étant ce qu’elle est au milieu du roman) rend l’histoire , par ailleurs extrêmement simple, très linéaire mais c’est pour le meilleur ! Percutant, palpitant, avec son lot de scènes d’action en apesanteur, à l’intérieur ou à l’extérieur de la station, impossible de décrocher et de lire autrement que d’une traite ! C’est d’une redoutable limpidité, et c’est à se demander si l’auteur n’a pas écrit ce roman avec l’idée d’en faire un scénario de cinéma. Difficile en effet de ne pas faire un parallèle avec le film « Piège de cristal », tant la trame est similaire.

Rien d’original en fait dans ce roman, mais il est mené avec maestria. Certes nettement moins ambitieux que son premier roman, « Station solaire » n’en reste pas moins tout à fait recommandable pour qui voudrait une lecture rapide, distrayante, ébouriffante même par moments. Nul doute que mes lectures des oeuvres d’Andreas Eschbach n’en resteront pas là…

 

 

Chronique écrite dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode VI » de Lhisbei.

  
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