Rebelle, de Mark Andrews, Brenda Chapman et Steve Purcell

Posted on 13 août 2012

Comme tous les ans à la même période, le dernier Pixar vient d’arriver. Ou plutôt devrais-je dire le dernier Disney-Pixar. Car jamais l’influence de Disney ne s’est faite autant ressentir sur un film sorti des studios d’Emeryville en Californie.

Pour moi, un film Pixar a toujours été un film s’adressant à un jeune public, mais offrant aussi quelques références ou situations à même de parler aux adultes. Et c’est à nouveau ce à quoi je m’attendais en allant voir « Rebelle ». Frustration : ou bien mon cerveau s’est liquéfié, ne me permettant de ne voir que le niveau « de base » s’adressant aux enfants, ou bien ce second niveau de lecture est cruellement absent. Car ici, le scénario est très convenu, pas surprenant pour un sou. Et j’ai eu bien du mal à m’y intéresser. Heureusement, le film vit tout de même, mais plus à travers les multiples saynètes comiques qu’il propose (les frères de Mérida, le père des Mérida, les chefs de clans, etc…) que par son histoire.

Bien sûr, le niveau technique est une nouvelle fois au top. C’est éblouissant de beauté. Les paysages sont somptueux, quasi-réalistes tout en gardant ce petit quelque chose de féérique qui ne peut que faire rêver. Et que dire des cheveux de feu de l’héroïne, Mérida. On croirait des vrais, chose pourtant extrêmement difficile à réaliser en images de synthèse. Une vraie prouesse technique ! Je me souviens encore de mon émerveillement devant la fourrure de Sulli dans « Monstres et Cie » il y a près de 10 ans, mais là, les progrès sont vraiment énormes ! Mention spéciale aussi à Angus, le cheval de l’héroïne, modélisé de façon réaliste, il est superbe. La musique a également fait son petit effet, même si on peut la juger un brin paresseuse et peu imaginative : le film se passe en Ecosse, et donc sonnez les cornemuses !

 

 

Alors voilà, c’est joli, c’est drôle, mais c’est convenu. En plus, Disney a trouvé le moyen de nous coller deux chansons durant le film, « Disney-style » donc. Le truc c’est que moi je suis venu voir un Pixar, pas un Disney. Mais depuis l’acquisition de la firme à la lampe de bureau par les studios de Mickey (en 2006), jamais leur influence ne s’est faite autant sentir. « Rebelle » est en fait un film Disney déguisé en Pixar… Les réflexions des films précédents manquent cruellement : souvenons-nous de l’intro à pleurer d’émotion de « Là-haut », de la première demi-heure sans parole mais tellement évocatrice des turpitudes des hommes dans « Wall-E » (ces deux derniers films ayant pourtant aussi été créés durant l’ère Disney, en 2008 pour le premier, 2009 pour le second), ou bien du ton volontiers parodique des « Indestructibles », et pleurons devant le sacrifice du « ton Pixar » sur l’autel de l’audience auprès des plus jeunes. Et en voyant ce qu’on nous prépare pour l’année prochaine (nous avons eu droit au trailer de « Monstres Academy », la suite de « Monstres et Cie »), j’ai bien peur que ça ne soit pas prêt de s’arrêter… Faites que je me trompe ! Heureusement, il reste Dreamworks. Regardez « Dragons » et vous comprendrez.

  
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