Les rois des sables, de George R.R. Martin

Posted on 18 avril 2013

Nouvelle incursion dans le côté nouvelliste de George R.R. Martin, à la faveur de la réédition toute récente de ce recueil, augmenté d’une nouvelle inédite. Introuvable depuis quelque temps, je m’étais résigné à un achat en occasion. Comme quoi, parfois, la patience a du bon !

 

Quatrième de couverture :

Sept nouvelles – y compris l’inédite « Dans la maison du ver » -, autant de preuves que l’auteur culte du « Trône de fer » maîtrise aussi bien les textes courts et incisifs de la science-fiction que les immenses sagas de fantasy.

 

Encore une réussite !

Rois des sables - MartinComme dans les autres recueils de l’auteur (excepté « Dragon de glace »), celui-ci est composé de nouvelles, au nombre de sept, écrites dans les années 70. Essentiellement centré sur la science-fiction, et à nouveau placé dans ce vaste univers développé par Martin au fil de ses écrits, on se retrouve comme souvent avec du bon ou du moins bon. En fait non, on se retrouve avec du bon et de l’excellent.

Au chapitre des relatives déceptions, compte tenu des attentes liées à l’auteur, citons « Âprevères » qui tente de mêler un peu maladroitement SF et fantasy, en reprenant le personnage de Morgane la fée. De même, « La cité de pierre » qui se déroule dans une mystérieuse et très ancienne cité extraterrestre, qui avait tout pour être un récit prenant et énigmatique ne m’a pas convaincu malgré une conclusion finalement à la hauteur du mystère incarné par cette étonnante cité. Ces deux récits se lisent sans déplaisir aucun, mais on attend plus de l’auteur.

Il y a du mieux avec « Vifs-amis » qui, de part son romantisme, aurait pu se trouver dans le recueil « Des astres et des ombres ». Histoire d’amour impossible, quête de l’autre, on retrouve des thèmes chers à l’auteur. Et la découverte de ce que sont les vifs-amis, et ce que leur nature implique dans leur relation avec les humains est un très joli moment. Du mieux également avec « La dame des étoiles », mais cette fois c’est le côté noir de Martin qui transparaît, celui qu’on lui connait à travers « Le trône de fer » notamment. Dans ce récit d’une femme qui a tout perdu au point de devoir faire commerce de son corps sans espoir de s’en sortir, on sent que Martin prend plaisir à torturer ses personnages, mais avec une fin joliment amenée on découvre que le perdant de cette lutte pour le contrôle des bas-fonds n’est pas toujours celui qu’on croit…

Ave la nouvelle inédite, « Dans la maison du ver », c’est le côté horrifique de l’auteur qui prend le dessus. La plus longue nouvelle du recueil installe une atmosphère inquiétante à travers ces couloirs sombres depuis longtemps oubliés des hommes du dessus. Une nouvelle qui fait penser à du Lovecraft, et une belle réussite.

Enfin, deux merveilles. « Par la croix et le dragon » tout d’abord, qui ouvre le recueil. Dans un lointain futur, un inquisiteur est chargé d’enquêter sur l’émergence, sur la planète Arion, d’une nouvelle religion dans laquelle, en détournant les saintes écritures, Judas a été sanctifié. Une superbe nouvelle avec de belles réflexions sur la nature des religions, le mensonge, le contrôle des populations. Sans oublier une magnifique réécriture de l’histoire de Judas, en y ajoutant des dragons. 25 pages, mais une réussite totale. L’autre merveille clôt le recueil et lui donne son titre, « Les rois des sables ». Une histoire qui vous dira peut-être quelque chose puisqu’elle a été adaptée à la télévision (pour le pilote de la série « Au-delà du réel »). Simon Kress est un homme fasciné par les animaux les plus, exotiques, qu’il fait venir des quatre coins de l’univers pour éblouir ses amis, mais aussi pour satisfaire sa cruauté… Il découvre dans un magasin un grand terrarium dans lequel sont installées quatre clans d’insectes, qui ne cessent de lutter pour entre eux pour la domination de leur habitat. Il décide de les ramener chez lui, en leur donnant encore plus d’espace. Mais tout ne va pas se passer comme il l’avait prévu. Superbement mené, ce récit angoissant et un brin horrifique une nouvelles fois, démontre s’il est était besoin, les qualités de conteur de Martin. Une fois cette nouvelle commencée, impossible de s’en séparer avant son terme ! Passionnante… et glaçante !

Nous voici devant encore une fois un très bon recueil ! Je crois bien en avoir terminé avec les recueils de nouvelles de George Martin, je vais devoir passer à ses autres romans, mais si la qualité est au rendez-vous (et je n’ai guère de doutes à ce sujet), ce sera avec délectation !

 

Voir aussi les avis de Mythologica, l’Arbre-Monde, le Vallon fantastique, Phénix-web.

 

Chronique écrite dans le cadre du challenge « JLNN » de Lune.

  
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