Sous l’ombre des étoiles, de Thomas Geha

Après le lancement de sa série « Planètes Pirates » avec l’ébouriffant « La guerre des chiffonneurs », Thomas Geha nous livre maintenant (ou plus précisément en décembre) ce qui constitue le tome 0 de cette série, « Sous l’ombre des étoiles ». Toujours aussi speed ? Ou bien l’auteur des « Créateurs » a-t-il un peu ralenti la cadence ?

 

Quatrième de couverture :

La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.

À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.

Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.

Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer…

Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n’est possible : il devra s’adapter à son nouveau monde, sous l’ombre des étoiles…

 

Sous l’ombre d’un Geha

Sous l'ombre des étoiles-GehaOublions Marcus Mardel et son compagnon Raugri, les héros de « La guerre des chiffonneurs », place à Kee Carson, un soldat de la Fédération, en lutte contre les Salamandres. Une guerre sans merci, des victimes innombrables… Et Kee Carson aurait bien pu en faire partie lorsque le vaisseau dont il fait partie de l’équipage, le Templier, est détruit et s’écrase sur une planète inconnue. C’est à peine s’il a le temps de sauter dans un caisson de cryogénisation avant l’impact… pour être réveillé environ 250 ans plus tard. Mais la guerre est maintenant terminée, et tout a changé autour de lui. Bloqué sur la planète oubliée Seinbeck, Kee Carson va devoir s’adapter.

Sur un rythme beaucoup plus posé que son prédécesseur, « Sous l’ombre des étoiles » se présente comme un planet-opera plutôt calme, sorte de récit d’initiation, d’adaptation d’un soldat devenu simplement un homme tentant de survivre sur cette planète au sein d’un clan composé d’humains descendants des soldats survivants, mais aussi d’un Salamandre, ennemis de l’époque d’où il vient… Il va devoir mettre de côté ses anciennes velléités pour apprendre à connaître son nouvel environnement, ses nouveaux camarades. Et sur ce point, Thomas Geha a été assez loin : il a vraiment mis l’accent sur l’aspect planet-opera en nous présentant dans le détail cette société de voyageurs nomades, contraints de se déplacer continuellement pour éviter d’être harcelés et pourchassés par les autochtones de cette planète, les Seinbecks, mais aussi sur la faune, la flore, etc… Dépaysement garanti !

Les personnages du roman sont attachants, on ressent les amitiés, on s’inquiète pour eux, etc… A ce titre, la première partie du roman est vraiment intéressante, et on suit avec passion l’intégration de Kee Carson dans cette société qui lui est totalement étrangère. Jusqu’au basculement. Dès lors, le récit prend une autre tournure, à la fois plus classique dans son déroulement, et à la narration un peu plus travaillée pour que le lecteur ait toutes les informations à sa portée sur certains événements antérieurs.

On obtient finalement un roman sur le déracinement, l’acceptation de l’autre, la différence. Un roman court mais qui sait prendre son temps pour installer une ambiance, poser ses personnages et les rendre attachants. Seul défaut, peut-être dû à la faible longueur du roman : le récit reste très linéaire, et les personnages ne sont finalement pas très surprenants : les méchants sont méchants, les gentils sont gentils.

Néanmoins, alors que l’on se dit que Thomas Geha est décidément un bien bon auteur de littérature populaire (dans tout ce que cette expression a de meilleur), son écriture soignée se rappelle à nous régulièrement et le dernier chapitre, tout en sensibilité et en retenue alors que les émotions sont à leur paroxysme, achève de nous rappeler qu’il est aussi l’auteur du superbe recueil « Les créateurs » et qu’il a vraiment un « toucher littéraire » bien particulier, et tellement rare. Qu’il est bon de lire sous l’ombre d’un Geha.

 

Lire aussi les avis de Cornwall, le Dévoreur de livres, Lune.

Et Cornwall nous offre en plus une interview toute fraîche de l’auteur.

 

Chronique écrite dans le cadre du challenge « Francofou » de Doris.

challenge-francofou

 

  
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