Punk’s not dead, de Anthelme Hauchecorne

Il y a deux livres d’Anthelme Hauchecorne sur ma PAL : le roman « Âmes de verre » et le recueil dont il est question aujourd’hui, « Punk’s not dead », paru tout récemment. Un recueil restant bien souvent ce qui se fait de mieux pour découvrir l’univers et les écrits d’un auteur, c’est donc par lui que j’ai commencé.

 

Quatrième de couverture :

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ? Qu’adviendrait-il si le QI des Français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, l’an 1789 version 2.0 ?

Est-il bien sage pour un succube de s’amouracher d’un simple mortel ?

Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?

Et si La Mort s’accordait un repos mérité ?

Treize nouvelles. Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux.

Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…

De toute évidence, ce recueil a été écrit pour vous.

 

Coups de gueule en tout genre !

punks-not-dead-hauchecorneAnthelme Hauchecorne est un touche-à-tout, et il prouve avec ce recueil qui réunit des nouvelles de tous horizons : fantasy, fantastique, anticipation, steampunk, SF, etc… Il y en a pour tous les goûts ! Treize nouvelles pour la plupart engagées, issues de différentes revues et anthologies, écrites entre 2006 et 2012 sont au sommaire. Comme souvent dans ce genre de recueil, on s’attache plus à certains récits qu’à d’autres, et celui-ci ne fait pas exception.

Ainsi je vais me permettre de passer tout de suite sur les nouvelles qui ne m’ont pas particulièrement convaincu, comme « No future » (une histoire de punk zombie, mais les zombies et moi ça fait deux…) ou « Voodoo Doll » (une nouvelle du genre polar noir, à chute). Coup de bol, ce sont les plus courtes du recueil !

Il y a les nouvelles sympathiques, les plus nombreuses, comme « Sarabande mécanique » et ses duels à mi-chemin entre steampunk victorien et pure SF, l’amusante « C.F.D.T. » qui revisite le syndicalisme à la sauce fantasy, « Sale petite peste ! » et sa relecture d’un des personnages les plus connus de Terry Pratchett : la Mort, « Les gentlemen à manivelle » sur l’inversion des rôles maîtres-esclaves entre humains et robots, « La ballade d’Abrahel » et sa réécriture d’une vieille légende lorraine à propos d’un paysan et d’un succube, « Le buto atomique » et sa magie qui se déclenche à travers la danse, ou bien, dans un tout autre style, « La grâce du funambule » qui démontre que, loin des cris de colère qui parsèment tous ses récits, Anthelme Hauchecorne sait aussi faire preuve de retenue et de subtilité.

Et puis il y  a les nouvelles qui sortent du lot. Parmi celles-ci, « Décembre aux cendres », qui ne fait pas dans la gaieté, mais qui fait retenir son souffle au lecteur pour découvrir la pauvre vie et le destin d’Eva dans un Budapest ravagé par un cataclysme. Sombre et triste, et malgré tout porteuse d’espoir avec sa fin ouverte, c’est en tout cas ce que j’ai voulu y voir. Une autre belle réussite est « La guerre des Gaules » et son portrait sans concession d’une France du futur dans laquelle un parti extrémiste, le parti Nouvelle France (NF, inversez les lettres et vous verrez ce que vise l’auteur), est parvenu au pouvoir. Ajoutez-y un étonnant syndrome qui voit une partie des citoyens dotés d’un QI qui ne cesse d’augmenter et vous obtenez un intéressant récit d’anticipation politique qui ne contente pas de taper bêtement sur les extrêmes. « De profundis », de manière très astucieuse, revisite le mythe des dragons. Je n’en dis pas plus pour garder un peu de suspense, mais c’est habile, et véhicule un message écologique.

Et enfin, la perle du recueil, la plus longue également, « Le roi d’automne », se situe dans l’univers que l’auteur a commencé à développer avec son premier roman « Âmes de verre ». Ce récit témoigne d’une belle imagination et d’un réel talent pour mélanger fantasy urbaine, légendes celtiques et créatures merveilleuses (je n’ai eu de cesse en découvrant l’En-Deçà de penser au marché troll du film Hellboy 2…) dans un récit rondement mené qui donne vraiment envie de se plonger dans le roman auquel il se rattache.

Je tire donc de ce recueil une belle découverte. Une belle découverte d’un auteur qui s’exprime dans tous les genres, un auteur engagé surtout, et qui, même si je n’ai pas vraiment découvert de chef d’oeuvre dans ce recueil, donne réellement envie de se plonger dans son imaginaire.

PS : j’ai failli oublier de dire un mot sur les illustrations qui parsèment le recueil (une en ouverture de chaque nouvelle), signées Loïc Canavaggia, elles sont très réussies, à l’image de la couverture !

 

Lire aussi les avis de Mariejuliet, Blackwolf, Paikanne, Lauryn, Sia.

 

Chronique écrite dans le cadre du challenge « JLNN » de Lune et du challenge « Francofou » de Doris.

JLNN   challenge-francofou

 

  
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