Out There

Posted on 29 juillet 2014

Une fois n’est pas coutume, parlons un peu jeu vidéo. Et space-opera. « Out There » est un jeu français développé par deux personnes, Michaël Peiffert, unique membre du studio Mi-Clos, et FibreTigre. Il met le joueur dans la peau d’un astronaute du 22ème siècle sur un convoi minier, et qui, suite à un accident, se retrouve en sortant de cryogénisation… ailleurs ! Au joueur de faire en sorte de retrouver le chemin de notre belle planète bleue. Mais attention, ça ne va pas être facile, et c’est peu de le dire ! Car « Out There » est un jeu difficile, très difficile ! Soyez prévenus, vous allez mourir. Beaucoup. Souvent. D’où une intense satisfaction lorsqu’on arrive à faire un bon bout de chemin.

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Mais commençons par étudier un peu le gameplay. « Out There » se présente comme une sorte de rogue-like, c’est à dire un jeu qui se base sur des événements et un univers générés aléatoirement. Ainsi chaque partie sera différente de la précédente, avec comme corollaire le fait que les événements aléatoires peuvent parfois être jugés comme particulièrement injustes. Mais c’est le jeu ma pauvre Lucette ! Au joueur donc de gérer son vaisseau spatial pour explorer l’univers qui l’entoure et tenter de retrouver ce distant point rouge au début du jeu qui lui indique la position de la Terre. Un point rouge très éloigné, il va donc falloir gérer ses ressources pour y parvenir. Ces dernières sont au nombre de trois : le carburant, l’oxygène, et le fer. Le premier sert à faire bouger son vaisseau, le deuxième à permettre au personnage de respirer, et le troisième à effectuer des réparations sur le vaisseau. jusque là, tout va bien.

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Là où ça se corse, c’est que ces ressources diminuent TRÈS vite. Aller d’étoile en étoile pour se rapprocher de la Terre coûte du carburant. Pour refaire le plein, il va falloir récupérer soit de l’hélium soit de l’hydrogène dans l’atmosphère d’une planète gazeuse (les systèmes stellaires étant eux aussi générés aléatoirement, il n’y a pas forcément de planètes gazeuses à chaque fois, et toutes n’offrent pas toujours des ressources en nombre…). Aller en orbite d’une telle planète coûte du carburant. Y envoyer des sondes pour récupérer des ressources coûte du carburant. De plus, ce genre de récolte dans l’atmosphère très dense des planètes gazeuses se fait au détriment de la coque du vaisseau qui subit des dommages. Il faudra alors la réparer avec du fer récupéré sur les petites planètes telluriques. Et pour aller sur ces petites planètes et forer le sol, il va là aussi falloir dépenser du carburant. Toutes ces actions coûtent aussi de l’oxygène, et oui il faut bien respirer ! L’oxygène se récupère aussi sur des planètes telluriques, là aussi au prix de carburant pour forer… Bref, vous commencez à discerner le casse-tête qui va se poser au joueur… Si on ajoute à ça ces fameux événements aléatoires qui parfois vous font perdre de précieuses ressources mais parfois aussi vous en font gagner, on comprend vite qu’il va falloir jouer les gros radins pour s’en sortir !

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Le jeu offre aussi la possibilité d’améliorer son vaisseau en apprenant (et en construisant, au prix de certaines ressources, qui vont bien au delà des trois principales puisque le jeu en propose presque une quinzaine au total !) de nouvelles technologies, parfois aléatoirement au gré des événements, mais plus sûrement auprès des créatures extraterrestres rencontrées sur des planètes-jardins, c’est à dire respirables et accueillantes (qui permettent au passage de remplir gratuitement ses réserves d’oxygène). Encore faut-il comprendre ce qu’elles veulent nous dire, ce qui au début du jeu relève de la gageure… Ces nouvelles technologies permettent d’économiser un peu de ressources (moins de consommation de carburant, vaisseau plus résistant, possibilité de se déplacer plus loin en un seul voyage, etc…). De même, le joueur aura l’occasion de changer son vaisseau au gré de ses rencontres, chaque vaisseau étant différemment équipé, avec des caractéristiques variables (et des soutes plus ou moins grandes pour stocker les ressources).

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Bref, « Out There » est un véritable jeu d’équilibriste, et qui n’hésite pas à être vraiment punitif avec le joueur. Doté de trois fins différentes (l’une d’elles est atteignable relativement facilement, mais c’est clairement la moins satisfaisante des trois et elle n’existe que pour pousser le joueur vers les deux suivantes qui elles sont autrement plus délicates à atteindre), il se permet le luxe, avec une vraie économie de moyens (ce qui ne veut pas dire qu’il est cheap, au contraire chaque élément est vraiment travaillé, les graphismes ont un charme certain, assez pulps dans l’esprit, et la musique composée par Siddhartha Barnhoorn accompagne fort bien le tout), de faire ressentir au joueur, au sortir de chaque partie, qu’il a vécu une vraie aventure de space-opera. Un luxe qui semble bien difficile à atteindre au premier abord, et pourtant force est de constater que ça fonctionne…

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Alors comme je suis bon prince, et devant la réelle difficulté du jeu (je me répète mais c’est tellement vrai !), je vous indique ici une vidéo réalisée par Gamekult qui vous montre les rudiments du jeu, tout en y détaillant deux ou trois choses bien utiles pour progresser (je pense notamment au sondage des planètes gazeuses, vital pour le carburant, il faut toujours épuiser les ressources de ces planètes au maximum !). Ainsi qu’un petit article d’aide. Et je vous invite également à écouter ce très intéressant podcast sur la genèse du jeu (et d’autres choses également, Fibretigre ayant un avis bien tranché sur un certain nombre de domaines). Et enfin, pour être le plus complet possible, sachez que ce jeu bénéficiera d’une mise à jour (baptisée « Out There Omega ») d’ici la fin de l’année, ajoutant une nouvelle fin, de nouveaux vaisseaux, de nouveaux extraterrestres, de nouveaux événements aléatoires (une cinquantaine supplémentaire pour ces derniers), ainsi qu’un moteur graphique revu et de nouvelles musiques. Le jeu est disponible sur iOS et Androïd pour 3,59€, et sortira sur PC/Mac/Linux à la fin de l’année (en même temps que la mise à jour).

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Sur ce, pardonnez-moi, mais il faut que je parvienne à atteindre cette troisième fin, qui se refuse toujours à moi…

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Critique rédigée dans le cadre de challenge « Summer Star Wars, épisode II »  de Lhisbei.

Summer Star Wars, épisode II

 

  
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