Les derniers jours du paradis, de Robert Charles Wilson

Posted on 3 novembre 2014
Robert Charles Wilson fait partie des grands écrivains de science-fiction contemporaine. Auteur de nombreux romans plébiscités, connu au-delà du cercle des amateurs de SF grâce au roman multi-primé « Spin » (vainqueur du prix Hugo en 2006), Robert Charles Wilson a le don de mettre en scène des personnages ordinaires (et donc forcément intéressants car ils sont bien développés, et auxquels il est facile pour le lecteur de s’identifier) confrontés à des situations extraordinaires. « Les derniers jours du paradis », son dernier roman en date, offrira-t-il tout ce qu’on est en droit d’attendre lorsque l’on ouvre un roman du romancier américain ?

 

Quatrième de couverture :

Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un chauffard. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que de fuir. L’Hypercolonie est repartie en guerre contre tous ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué.

Né en 1953 en Californie, naturalisé canadien, Robert Charles Wilson est l’auteur d’une quinzaine de romans et d’un recueil de nouvelles, « Les Perséides ». Il a connu un succès mondial avec « Spin ».

 

Road-movie uchronique

Les derniers jours du paradis - WilsonNotre époque. La technologie n’est pas aussi évoluée que celle que nous connaissons, la « faute » à un siècle de paix, l’humanité n’ayant pas connu de conflits depuis la Première Guerre Mondiale (qui reste donc la Seule). Les conflits armés n’ont donc pas boosté les recherches scientifiques et technologiques. Autre cause : la Terre est colonisée à l’insu de l’humanité (hormis quelques personnes bien informées regroupées au sein de la « Correspondence Society », groupuscule scientifique bien caché) par une entité venue d’ailleurs, l’hypercolonie, qui a élu domicile dans la radiosphère, haute couche de l’atmosphère dont elle a décuplé la capacité de réfléchir les ondes radios, permettant donc des communications facilitées. Mais l’hypercolonie influence ces communications, et c’est cette influence qui a permis à l’humanité de vivre en paix depuis un siècle.

Première particularité du roman : les personnages principaux sont dans la confidence concernant l’hypercolonie, faisant partie de la Correspondence Society ou bien étant « fils ou fille de ». Pas de secret bien gardé que les protagonistes chercheraient à découvrir puisqu’ils sont déjà au courant de cette colonisation. Le récit débute donc par ce qui ressemble bien à une tentative d’élimination de certaines personnes connaissant l’existence de l’hypercolonie par ses émissaires, ressemblant comme deux gouttes d’eau à des êtres humains normaux. S’en suit une fuite en avant sous forme de road movie pour rejoindre le leader de la Correspondence Society, et tenter de trouver une issue à cette menace qui pèse sur elle.

« Les derniers jours du paradis » est un roman facile à lire. Relançant toujours le récit dès qu’il semble ronronner un peu trop fort, on sent que Robert Charles Wilson n’est pas le premier venu. Incontestablement, le romancier sait mener une histoire pour la rendre intéressante, quand bien même on a l’impression qu’il a un peu tendance à diluer son intrigue artificiellement pour faire durer le suspense. Il faut dire que le concept SF est intéressant, cette hypercolonie (et tout ce qui s’y rattache, comme son fonctionnement) étant vraiment stimulante, tout comme tous les concepts qu’elle amène, de même que les réflexions sur les conséquences de nos actes par exemple (élément au cœur de l’intrigue). Dommage tout de même que l’aspect uchronique reste trop en retrait.

Je n’ai pas lu énormément de romans de Wilson pour le moment (uniquement « Mysterium » et « Julian »), mais le plaisir a toujours été au rendez-vous. Le roman qui nous intéresse aujourd’hui ne déroge pas à la règle en gardant les qualités qui font l’intérêt des écrits de l’auteur (l’accent étant à nouveau mis sur des personnages consistants même si parfois un peu trop soumis à l’aspect « bluette adolescente »…), malgré l’impression de chausser des pantoufles un peu trop confortables, au détriment de la moindre prise de risque.

Venant de Wilson, on attend toujours quelques chose de très marquant. Ce n’est pas ce que l’on a ici. Mais ça se lit bien, c’est bien écrit, et ne manque pas d’intérêt (tout en étant tout à fait accessible au néophyte en science-fiction). On est donc déjà dans le qualitatif. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’on a là un roman qui ne restera pas comme une grande entrée dans la bibliographie de l’auteur. Mais même un Wilson mineur reste un agréable roman, preuve que l’auteur ne manque pas de qualités. Voilà qui me donne l’envie de me pencher sur ses autres écrits, et ce n’est pas ce qui manque !

 

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