Les pirates de l’Escroc-Griffe, tome 1, de Jean-Sébastien Guillermou

Allez, on revient sur les livres, censés constituer l’épine dorsale de ce blog, et à propos desquels je n’ai plus écrit d’articles depuis le 17 août ! Oui les vacances sont passées par là, et contrairement à beaucoup d’autres, pendant les vacances je n’ai quasiment rien lu. Mais j’ai quand même participé à la lecture commune du mois d’août du CERClE D’ATUAN, qui s’intéressait au premier volume de la trilogie « Les pirates de l’Escroc-Griffe » écrite par le camarade auteur-blogueur JEAN-SÉBASTIEN GUILLERMOU.

 

Quatrième de couverture :

Lorsque Caboche, après s’être enfui de l’orphelinat militaire, part à la recherche de son père, il ne s’attendait certainement pas à rencontrer la compagnie de l’Escroc-Griffe et encore moins à monter à bord de leur bateau ! Connu pour n’avoir jamais réussi un abordage, l’équipage de Bretelle, vieux capitaine désabusé, ressemble plus à la troupe d’un cirque qu’à une bande de pirates. Mais Caboche va les entraîner dans un voyage rocambolesque sur les Mers Turquoises, à la recherche d’un trésor mythique. Une quête dangereuse puisqu’ils sont pourchassés par l’invincible et immortel Amiral-Fantôme, et qui les mènera jusqu’aux confins du Monde-Fleur, aux abords des mystérieuses Terres Interdites…

 

Montagnes russes et piraterie !

Les pirates de l'Escroc-griffe tome 1 - Guillermou - couvertureLe Monde-Fleur, un monde qui voit ses gigantesques pétales se refermer pour cacher la lumière de Sol chaque soir, puis les rouvrir chaque matin. Deux races distinctes, les Hommes et les Kazarsses, sortes d’iguanes humanoïdes. La pistorapière, une arme mêlant arme à feu et arme blanche. L’hydrodéon, un instrument de musique dont le nom est quelque peu transparent. Le nénurhum, une boisson bien sûr. Le lymphogateur, la vrume, les noiretefacts… Tous ces termes ne sont que quelques exemples démontrant l’incroyable imagination déployée par Jean-Sébastien Guillermou pour donner vie à ce monde atypique, qui a une vraie personnalité. C’est l’une des grandes qualités de ce roman. C’est bien construit, c’est cohérent (parfois un peu too much, mais c’est sans doute l’enthousiasme de la jeunesse !).

Et puisque nous sommes dans un roman de pirates, l’auteur ne manque pas de nous gratifier de grands moments d’aventures maritimes, avec exploits héroïques, équipage sans peur, exploits héroïques, méchants très méchants, exploits héroïques, combats navals, et autres exploits héroïques. Oui le moins que l’on puisse dire, c’est que ça bouge. Beaucoup. Trop. En effet, pas un instant de répit ou presque, les scènes d’action succèdent aux scènes d’action, les moments de calme se faisant extrêmement rares et beaucoup trop courts. Et au bout d’un moment ça lasse. C’est dommage parce qu’avec un rythme un peu moins soutenu, les pauses dans l’action auraient sans doute permis de beaucoup mieux mettre en valeur les (ici trop nombreux) moments de bravoure, alors qu’ils se retrouvent noyés dans la masse. A tel point qu’arrive le moment où le décrochage se fait, par manque d’attachements envers les personnages pourtant hauts en couleur qui vivent plus par leurs actions que par leurs pensées.

Pourtant le romancier a fait des efforts sur ce point, notamment en ce qui concerne le héros, le jeune Caboche. Mais le roman est très clairement tourné vers la jeunesse, beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais (et les romans jeunesse, ce n’est pas ma tasse de thé…), et les pensées du personnage sont tellement décrites, de façon très explicites et parfois redondantes pour être sûr que le lecteur ne rate rien que j’ai rapidement senti que je n’étais pas dans le public-cible.

De même, l’imagination de l’auteur me semble desservie par le rythme frénétique du roman. Certaines inventions auraient méritées un peu plus de développement pour être plus qu’une simple décoration évoquée en deux ou trois lignes. Dès lors, j’ai lu ce roman de manière détachée, en suivant les péripéties de ce grand huit, mais sans en ressentir les effets. Bien dommage alors que Jean-Sébastien Guillermou a réussi à bien me surprendre avec un certain mystère bien gardé et difficile à prévoir (alors qu’un autre me semble en revanche assez rapidement éventé).

Ceci dit, malgré ces défauts, et bien que ce roman ne s’adresse pas à moi, il a je pense toutes les qualités requises pour plaire à un jeune lectorat souhaitant se plonger dans un roman de piraterie, lorgnant tout autant sur « L’île au trésor » de Robert Louis Stevenson que sur le manga « One piece ». C’est fun, bourré d’action et situé dans un monde vraiment original. Pas pour moi donc, mais ce premier tome d’une trilogie saura sans nul doute trouver son public.

 

Lire aussi les avis de Lune, Endea, Doris, Tigger Lilly, Lhisbei.

 

  
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