Zapping cinéma et VOD, épisode 30

Posted on 4 mai 2016
Un zapping exclusivement VOD pour cette fois, l’occasion de revenir sur certains films manqués au cinéma (« Au coeur de l’océan »), certains centres d’intérêt particuliers (« Troie ») ou bien certaines sorties uniquement sur ce support (« Pas un bruit »).

 

Pas un bruit - affichePas un bruit, de Mike Flanagan

Une production Netflix, qui prouve que le fameux service de VOD ne fait pas que des séries (Netflix produit aussi des documentaires d’ailleurs). « Pas un bruit » (« Hush » en VO) est classé en thriller/film d’horreur. J’ai tenté le coup sans trop savoir dans quoi je m’engageais, notamment sur le côté film d’horreur. Soyons clair : « Pas un bruit » n’est pas un film d’horreur (même si on n’évite pas quelques scènes un peu sanguinolentes). On est plus proche du genre « slasher » sans le groupe d’adolescent(e)s qui se séparent avant d’être tué(e) les un(e)s après les autres. Ici, une seule victime potentielle d’un tueur fou : Maddie Young, une écrivaine qui vit seule dans une maison en pleine forêt, et qui surtout… est sourde et muette ! Voilà l’élément capital de ce film, l’élément qui rend encore plus difficile l’épreuve à laquelle elle va être confrontée. Et du même coup, le spectateur n’en est que plus crispé !

Le handicap de l’héroïne rend en effet le film assez terrible tant le tueur voit ses actes facilités, et même l’idée de « jouer un peu », ce qui lancera le long-métrage (pas si long que ça : moins d’une heure trente). Le réalisateur Mike Flanagan en joue bien évidemment, avec un travail sur l’aspect sonore intéressant, et l’attachement que va nouer le spectateur avec la sympathique Maddie Young n’est pas pour rien dans la réussite du film (une Maddie Young très bien jouée par Kate Siegel qui parvient à faire passer des émotions sans que le film ait besoin de la soutenir par des musiques tire-larmes. D’ailleurs, il n’y a pour ainsi dire pas de musique dans le film, un aspect qui finalement ne fait que renforcer l’effroi qu’il suscite).

Une bonne surprise donc que ce film efficace et nerveux, qui ne s’embarrasse pas d’éléments superflus et sait faire naître une bonne tension en jouant sur l’ambiance et un trait essentiel de son héroïne.

 

Au coeur de l'océan - afficheAu coeur de l’océan, de Ron Howard

Enfin un nouveau film sur une grande aventure maritime ! Le genre est devenu rare de nos jours, alors que c’est pour moi LE genre du film d’aventure par excellence. Je garde par exemples des souvenirs émus de « Master and commander », un film trop méconnu à mon goût. « Au coeur de l’océan » est, je cite Wikipédia, « l’adaptation cinématographique du livre homonyme de Nathaniel Philbrick publié en 2000, qui narrait le naufrage du baleinier Essex en 1820, histoire qui inspira Herman Melville pour son célèbre roman Moby Dick ».

Le récit est efficace, palpitant même par moments, avec son lot de décisions hasardeuses, incidents de mer, naufrages, etc… Mais il ne faut pas voir dans l’histoire contée ici un « Moby Dick » en version cinématographique. Certes, la parenté avec le récit de Melville est très nette, mais comme le romancier le dit lui-même dans le film (il est incarné par Ben Whishaw) alors qu’il vient rencontrer le dernier rescapé de l’équipage du Essex pour obtenir le récit de ce voyage, son futur récit sera une fiction, non pas le récit de l’aventure du Essex.

« Au coeur de l’océan » est donc le « récit source » de « Moby Dick ». Bien entendu, en bon film hollywoodien qu’il est, pour être au fait de ce qui s’est réellement passé, on lira plutôt le roman duquel il est tiré, mais en l’état on a surtout un bon film d’aventure avec des moments poignants. C’est tout ce que je demandais, j’en suis ressorti ravi.

 

Troie - afficheTroie, de Wolfgang Petersen

Vous risquez de vous en apercevoir dans certains des articles à venir, je suis dans une période « antique », c’est à dire que je m’intéresse de près à la période antique (notamment grecque) à travers films, livres, etc… Homère n’est donc pas loin. Mais avant de lire (enfin !) « L’Iliade » et « L’Odyssée », j’ai souhaité regarder l’adaptation (libre, forcément…) qu’en avait fait Wolfgang Petersen (réalisateur que l’on a perdu de vue depuis une dizaine d’années) en 2004, avec notamment Brad Pitt au casting. Et tant qu’à regarder un film de 2h40, autant y aller à fond et opter pour la version longue, soit 3h15 !

3h15, ça permet de raconter beaucoup de choses, et en effet il se passe beaucoup de choses. Mais pas que des batailles, même si le film n’en est évidemment pas exempt. On parle de la guerre de Troie quand même ! Et donc, enlèvement d’Hélène (qui est plus une fuite qu’un enlèvement dans le film), vengeance d’Agamemnon, frère du Ménélas outragé, recrutement des héros grecs (Ajax, Achille, Ulysse…), débarquement à Troie, etc… L’histoire de « L’Iliade » est plutôt bien respectée, sauf en ce qui concerne le destin des personnages qui est transformé pour la plupart d’entre eux ! Changement notable également : là où « L’Iliade » est sous influence divine (les dieux interviennent directement dans le récit), le film a plutôt la volonté de rester sur un ton réaliste. C’est un choix comme un autre, mais qui peine à justifier la force du personnage d’Achille (et surtout son destin, et son fameux point faible qui n’est rappelé à aucun moment sauf de façon maladroite et indirecte au moment de sa mort…). Pas toujours très adroit donc.

Beaucoup de personnages également, certains d’entre eux se retrouvant « sacrifiés » et sous-utilisés (Hélène/Diane Kruger, à part jouer la femme éplorée et être le point de départ de la guerre, est totalement laissée à l’abandon…). Et surtout, le plus gros défaut pour une fresque d’une telle ampleur : le manque d’impact émotionnel. Comme si le film manquait de vie. Tout cela est bien joli, bien réalisé, etc… Mais ça se regarde sans passion. Le personnage d’Achille (Brad Pitt) est intéressant, lui qui n’est pas sans contradictions, mais le sort qu’il fait subir à Hector (joué de manière convaincante par Eric Bana) et les doléances de Priam (Peter O’Toole), le père de ce dernier, ne parviennent pas à faire passer les émotions qu’ils devraient.

Reste un gros péplum mythologique, une intéressante mise en image de la guerre de Troie, mais qui ne peut pas prétendre marquer les esprits.

 

  
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