Cookie monster, de Vernor Vinge

Posted on 30 mai 2016
Après la jolie réussite de Paul J. McAuley avec « LE CHOIX », on continue dans la collection « Une heure-lumière » du Bélial. Place cette fois à la hard-SF de Vernor Vinge, un auteur qui ne m’avait pas pleinement convaincu avec le pourtant multi-primé « UN FEU SUR L’ABÎME »

 

Quatrième de couverture :

Non, vraiment, la vie de Dixie Mae n’a pas toujours été rose… Mais grâce à LotsaTech, et au boulot qu’elle vient de décrocher au service clients de ce géant high-tech, les choses vont changer. Telle était du moins sa conviction jusqu’à ce que lui parvienne l’email d’un mystérieux expéditeur, message qui contient quantité de détails intimes liés à son enfance et connus d’elle seule… Dixie Mae, telle Alice, devra passer de l’autre côté du miroir et payer le prix de la vérité — exorbitant : celui de la nature ultime de la réalité au sein de la Silicon Valley…

 

Aux frontières du réel

Cookie monster - Vinge - couvertureAprès « Le choix » de Paul J. McAuley, « Cookie monster » de Vernor Vinge prouve que la collection « Une heure-lumière » du Bélial ne compte pas s’enfermer dans un genre bien précis. Car après la mélancolie et les émotions de McAuley, place à la hard-SF de Vinge ! Oh mais j’en vois qui fuient déjà !… Revenez, car cette hard-SF, si elle contient bien son lot de termes techniques et scientifiques (le condensat de Bose-Einstein, vous connaissez ? ^^), ne lâche jamais le lecteur qui pourra toujours reprendre le fil du récit quand bien même une ou deux lignes d’explications techniques lui seront passées au-dessus de la tête. C’est là toute la science du récit de Vernor Vinge qui s’exprime et qui vient quelque peu contredire ce que j’avais dit de lui dans ma critique de l’acclamé « Un feu sur l’abîme » (à savoir que son imagination était fertile mais qu’il n’était peut-être pas un grand conteur).

Quant au contenu de ce texte assez court lui aussi (moins de 100 pages de lecture) qui a obtenu les prix Locus et Hugo en 2004, difficile d’aller au-delà de la quatrième de couverture sans spoiler, je vais donc m’abstenir. Sachez simplement que le récit prend une tournure inattendue au fil de l’enquête de Dixie Mae (même si j’avoue, c’est sans doute l’effet hard-SF et ses explications ardues, n’avoir pas réussi à suivre le raisonnement des personnages sur un point précis, mais soit…), et qu’il part dans des sphères insoupçonnées, surprenant le lecteur (en tout cas moi, je l’ai été).

Tout cela est bien amené, et s’amusant avec de nombreuses références, qu’elles soit plus ou moins allégoriques (« Alice au pays des merveilles », « Le magicien d’Oz ») ou relevant tout simplement du genre auquel le récit appartient (toujours pour ne rien déflorer, je ne les citerai pas ici), Vernor Vinge propose une enquête qui s’apparente à une véritable descente aux enfers d’un genre nouveau.

Alors certes les personnages n’ont pas l’épaisseur de ceux que proposait précédemment McAuley dans « Le choix », mais on ne lit pas vraiment de la hard-SF pour la profondeur de ses personnages mais plutôt pour obtenir un certain vertige dû à l’utilisation de la science à des fins purement extraordinaires. C’est ici réussi.

 

Lire aussi les avis de Gromovar, l’ours inculte, Apophis, Cyrille, Nicolas Winter, la Yozone.

Chronique écrite dans le cadre du challenge « CRAAA » de Cornwall.

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