Le trône de fer, intégrale 5, de George R.R. Martin

Posted on 21 août 2017
Maintenant qu’il est clair que la série télévisée va dépasser les romans (c’est même déjà fait depuis un moment), je ne pouvais pas attendre éternellement, en laissant la série en plan (j’en suis à la saison 4…) au risque de me faire spoiler des éléments clés (c’est malheureusement déjà fait pour certains d’entre eux…). Surtout depuis que George R.R. Martin a annoncé que peut-être le tome 6 paraîtrait en 2018. Peut-être, en croisant les doigts, en mangeant un fer à cheval, en collectionnant les trèfles à quatre feuilles, ou en alignant les pattes de lapins tel un shaman préparant un rituel… Bref, il est temps d’aller de l’avant, et tant pis pour les romans, on connaîtra le fin mot de l’histoire via la série. Quoique ça se discute puisque sur plus d’un aspect, les deux récits divergent…

 

Quatrième de couverture :

Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s’en sortiront indemnes…

* Critique garantie sans spoilers *

 

Tome 4, part two

Le titre ci-dessus montre bien que cette cinquième intégrale n’est en fait que la deuxième partie d’un vaste volume qui ne pouvait être édité en un seul morceau au vu de sa taille exceptionnelle. L’intégrale 4 s’intéressait essentiellement à ce qui se passait du côté de Port-Réal, ce cinquième copieux morceau (près de 1200 pages) nous emmène principalement dans le nord (avant et après le Mur) et à Essos, le continent à l’est du monde créé par George R.R. Martin. On y retrouve donc forcément les défauts de l’intégrale 4, inhérents à cette structure narrative : certains personnages restent en suspens alors qu’on aimerait bien que leur histoire avance. Heureusement, cette intégrale a également le bon goût d’aller au-delà de la chronologie des évènements du volume précédent, et on a donc en fin de récit quelques avancées majeures pour les personnages trop longtemps laissés de côté.

Et cette fin de récit, ça ne surprendra personne, est haletante ! Comme j’ai toujours eu la volonté de lire les romans avant de regarder la série, tous ces faits marquants sont une vraie surprise pour moi. Ceci dit, avant d’en arriver à cette fin palpitante, il faut parfois se fader quelques longueurs. Rien d’étonnant avec un récit de 1200 pages, il n’empêche que la ligne narrative de Tyrion, même si elle est essentielle pour les évènements ultérieurs et le développement du personnage qui voit enfin autre chose que l’univers doré de la noblesse des Sept Royaumes, n’en reste pas moins particulièrement longuette, ballotté qu’il est à droite à gauche. Même chose pour Daenerys qui prend un peu trop son temps à Meereen. Oui parfois, on aimerait que cette intégrale passe la vitesse supérieure. Peut-être Martin a-t-il trop voulu entrer dans le détail…

Mais si comme moi on est un adepte du worldbuilding bien costaud, rigoureux, construit jusque dans les moindres détails, ce tome est malgré tout et comme les précédents une belle merveille, quand bien même Essos, malgré un dépaysement certain, n’a pas la même saveur que Westeros. Et voir tous ces personnages se débattre dans ce monde sans pitié est un vrai plaisir. Plaisir un peu déviant sans doute puisqu’il faut bien dire que ça ne respire pas la joie et la bonne humeur dans ce monde, c’est le moins que l’on puisse dire…

Le tome 4 était un tome de transition, celui-ci l’est donc forcément aussi. Mais au final, tout est en place pour un rush final que l’on espère à la hauteur de ce qui nous a été offert jusqu’ici. Il reste deux tomes (si Martin ne rallonge pas trop la sauce d’ici là…) pour en finir avec cette saga qui, quoi qu’il arrive, restera comme une oeuvre majeure de la littérature de fantasy. Et sans doute même de la littérature tout court, n’en déplaise à certains bien-pensants. Mais on a le temps de voir venir…

Un dernier mot sur la traduction, puisque Jean Sola, à l’oeuvre sur les quatre premiers volumes, cède ici sa place à Patrick Marcel. On laisse donc de côté la traduction volontairement archaïsante (que j’appréciais beaucoup) pour une traduction au style plus direct, sans doute plus conforme à l’écriture de Martin. Un peu dommage, mais on s’y fait vite, d’autant qu’il faut saluer l’effort de Patrick Marcel qui a adouci la transition en usant de certains termes désuets au début avant de revenir petit à petit à quelque chose de plus direct.

Et donc, la longue attente commence. Si on met une pièce sur 2019 pour la parution du sixième volume en VO, on peut s’attendre à un saucissonnage par Pygmalion en trois volumes sur 2020-2021, et les sorties poche de ces mêmes volumes en 2022-2023. Quant aux intégrales, parions sur 2022 chez Pygmalion, 2023 chez J’ai Lu. Ce n’est donc pas demain la veille que je compléterai ma collection, avec je l’espère une nouvelle superbe couverture de Marc Simonetti (et j’en profite pour pousser un petit coup de gueule contre J’ai Lu qui a tout d’abord vendu cette intégrale avec une couverture issue de la série, avant de la rééditer ensuite, sans communication en amont bien sûr, avec cette très belle couverture de Simonetti. Les premiers acheteurs, les fidèles, se sont donc fait flouer et ont dû repasser à la caisse pour harmoniser leur collection… >:\ ). Mais je n’attendrai sans doute pas aussi longtemps pour lire ce tant attendu « Les vents de l’hiver ». Come on George ! En attendant, place à la série.

 

Lire aussi les avis de Frankie, Marlène.

 

  
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