Bifrost 93, spécial Peter Watts

Voici venir le nouveau Bifrost, et avec lui un bon gros dossier sur un auteur important de nos genres préférés, en l’occurrence Peter Watts. Un auteur que j’ai découvert il y a peu, et que j’ai bien l’intention de suivre d’un peu plus près. Et on sent bien que la team du Bifrost le place en haute estime. Un auteur essentiel sans doute, l’un des papes de la hard-SF contemporaine, qui place d’ailleurs au sommaire de ce numéro un volumineux texte.

Mais avant de plonger tête la première dans le monde rose et enchanté de Peter Watts, revenons un instant sur les rubriques habituelles du Bifrost. Avec tout d’abord un édito d’Olivier Girard qui revient sur une année 2018 fastueuse éditorialement parlant mais nettement moins satisfaisante au niveau des ventes, hormis quelques « coups » qui surnagent ici ou là… Viennent ensuite les critiques des parutions récentes. Comme souvent, rien ne me fait trop envie en dehors de ce que j’ai déjà acheté ou déjà lu, si ce n’est cet intrigant « Way Inn » de Will Wiles aux éditions de La Volte. Côté revues, c’est plus soft que d’habitude, Thomas Day devait être fatigué… 😀

La rubrique « Paroles de… » s’intéresse à Jean-Luc Rivera, directeur d’un festival et intervenant bien connu de nombreuses tables rondes, articles et autres critiques. Un profond connaisseur du genre qui nous donne ici une intéressante interview. L’article « Scientifiction » du bon Professeur Lehoucq, toujours très attendu (et accompagné cette fois de Jean-Sébastien Steyer et Alise Ponsero) revient sur les monstres de la science-fiction. Sciences et science-fiction font toujours bon ménage au sein de cet article qui parcourt l’histoire des sciences, depuis les « monstres » de foire jusqu’au « monstres » génétiques créés avec les « ciseaux » CRISPR-Cas9.

Et pour terminer, la rubrique des news nous donne… des news (!!) du secteur et les lauréats du Prix des lecteurs de Bifrost 2018 (« Brumes fantômes » de Thierry Di Rollo en francophone (pas mon favori) et « Comment c’est là-haut ? » de Edmond Hamilton en étranger (là oui, c’était mon favori !)). Et l’année prochaine, je vote puisque je me suis abonné.

Venons-en au volumineux dossier consacré à Peter Watts qui débute avec une vaste et passionnante interview menée de main de maître (et qui a visiblement plu à Watts) par Erwann Perchoc. Une interview à la fois personnelle, éditoriale, politique, écologique, de nombreux sujets (parfois intimes) sont abordés, sans langue de bois et avec un optimisme débordant mesuré (…) quant à la nature humaine…

On trouve ensuite un texte déjà paru en postface du recueil « Au-delà du gouffre », je n’y reviendrai donc pas. S’en suit le traditionnel guide de lecture qui fait bien prendre conscience que Watts est un auteur qui se mérite mais qui aborde de front (et pas seulement sur le thème de la hard-SF) de nombreux sujets brûlants et passionnants. Ces romans sont sans doute ce qu’on appelle des lectures « importantes ». J’ai définitivement « Vision aveugle » dans le collimateur. Un jour… 😉 Et pour terminer ce vaste dossier, la bibliographie, toujours préparée par Alain Sprauel. Plus courte que d’habitude puisque Watts ne publie pas aussi vite qu’un Brandon Sanderson, elle a l’avantage d’être moins rapidement périmée… 😀

Et enfin, les nouvelles. Celles de Watts, intitulée « ZeroS » (traduite par Gilles Goullet), me semble être (autant que je puisse en juger pour un auteur dont je n’ai lu qu’un seul recueil) une bonne introduction à son oeuvre. Pas toujours facile à suivre, elle use de concepts SF assez fascinants (ces zombies si particuliers) pour réfléchir au libre-arbitre, au destin, aux choix que l’on fait et que l’on regrette (ou pas…). Certes pas une lecture simple, mais stimulante, même si ça ne respire pas le bonheur et la joie de vivre.

L’autre nouvelle, « La longue patience de la forêt », signée Christian Léourier, est un peu l’antithèse de celle de Watts. Sur le thème du non-conformisme d’un homme qui cherche à découvrir le destin d’un de ses ancêtres (et la véracité de ce qui ressemble à une légende), ce texte est empli d’espoir, d’optimisme et montre que la persévérance paie. Ode à l’ouverture d’esprit et aux possibilités offertes à une humanité portée par ses efforts, elle est à lire avant ou après celle de Peter Watts en fonction de votre état d’esprit. A vous de choisir. En l’état c’est un superbe texte.

Encore un bon dossier donc, des critiques à la pelle, deux nouvelles de qualité, une belle illustration de Pascal Casolari, ce Bifrost est un bon cru.

 

  
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