Stalker, de Arkadi et Boris Strougatski

Posted on 18 juillet 2011

Voilà un livre qui me parlait vraiment. Il avait tout pour lui : sa couverture, son pitch, sa réputation. J’ai pourtant attendu longtemps avant de m’y mettre car même si c’est un livre court, donc rapide à la lecture, j’en attendais énormément, peut-être trop…

Quatrième de couverture :

Des Visiteurs sont venus sur Terre. Sortis d’on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d’un chemin.

 

Je suis resté au bord du chemin…

Difficile de ne pas être happé par le postulat de départ de ce roman : nous ne sommes pas seuls dans l’univers mais nous ne valons visiblement pas grand chose aux yeux de nos visiteurs puisqu’ils n’ont fait que passer, sans vraiment s’arrêter, ou en tout cas le temps de faire une petite pause dans leur voyage (d’où le très joli et très bien trouvé sous-titre « Pique-nique au bord du chemin »). Ce roman n’est donc pas du tout un roman de SF classique basé sur le choc des cultures. Ici il est sujet d’hommes et de femmes qui continuent à vivre leur vie, tout en profitant de ce qu’ont laissé sur place nos visiteurs. Ces objets dont les hommes ne comprennent ni le fonctionnement ni la technologie font l’objet d’un commerce florissant. Le personnage principal du roman est un de ces personnages prêt à risquer sa vie pour récupérer ces objets, un stalker. Car en effet, en plus d’avoir laissé sur place leur détritus, les visiteurs ont aussi sacrement déréglé la Zone, causant de nombreux phénomènes étranges (et auxquels les hommes ont trouvé de jolis surnoms comme les « gelées de sorcière » ou bien encore les « calvities de moustique »), parfois extrêmement dangereux.

Les scènes impliquant cette fameuse Zone sont d’ailleurs vraiment prenantes, on sent que le danger peut survenir à tout moment, la tension est vraiment palpable. On ressent vraiment cette impression de danger, de zone totalement ravagée et ne répondant plus à la physique telle que nous la connaissons.

Jusqu’ici, tout est donc plutôt positif, malheureusement il y a pour moi un gros point noir : l’écriture. Très sèche, très morcelée, difficile à suivre, surtout dans le premier chapitre écrit à la première personne (le roman est divisé en quatre chapitres). Cela s’arrange quelque peu dans les chapitres suivants, mais à ce moment là c’est l’absence d’histoire qui se fait cruellement sentir. En effet, pas de fil conducteur ici, juste des tranches de vie (parfois assez éloignées de la problématique extraterrestre) espacées de plusieurs années. Alors certes les thèmes de réflexion sont bien présents (notamment au travers d’une très intéressante conversation avec un scientifique dans le troisième chapitre), mais de nombreux autres points que l’on aurait souhaité voir développés restent tout juste survolés, et au final j’ai vraiment failli sortir du roman.

Et je suis donc déçu. Surtout par moi même pour ne pas avoir su aimé ce roman, plus que par le roman lui même. Car il fourmille de bonnes choses (les scènes dans la Zone, certains dialogues, etc…), malheureusement plombées par une écriture que je n’ai pas réussi à apprécier… Mais si on sait à quoi s’attendre, c’est à dire un roman sur les hommes et la vie qu’ils mènent, laissant de côté le thème des visiteurs intersidéraux, distribuant ses clés avec parcimonie et parfois de façon détournée, et surtout si on peut passer outre cette écriture très typée, on peut l’apprécier à sa juste valeur. C’est d’ailleurs un livre auquel il faudra certainement que je donne une seconde chance, puisqu’après tout il fait partie des chefs d’œuvre de la science-fiction.

Chronique réalisée dans le cadre du challenge « Fins du monde » de Tigger Lilly et du challenge « Les chefs d’œuvre de la SFFF » de Snow.

 

  
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