Martiens, go home !, de Fredric Brown

Posted on 14 mars 2012

Après un classique dystopique, prenons un bon bol d’air frais avec « Martiens, go home ! ». Lui aussi classique de la science-fiction, mais dans un tout autre genre, ce roman est de ceux qui donnent le sourire tout au long de sa lecture. Avoir la banane en lisant un roman, quel bonheur !

 

Quatrième de couverture :

Enfermé dans une cabane en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d’invention, invoque désespérément sa muse – de toute évidence retenue ailleurs – quand soudain… on frappe à la porte. Et un petit homme vert, goguenard, apostrophe Luke d’un désinvolte « Salut Toto  !  ».
Un milliard de Martiens, hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d’une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité, viennent d’envahir la Terre. Mais comment s’en débarrasser  ?

 

 Salut Toto !

Ce roman, c’est du bonheur en barre !

Les Martiens ont débarqué ! Pile au moment où Luke Devereaux, écrivain en mal d’inspiration, semblait avoir le début d’une idée (« Et si les Martiens… »), paf, un petit homme vert frappe à la porte de sa cabane, et le salue d’un surprenant « Salut Toto ! ». Mais ce Martien n’est pas arrivé seul, puisqu’ils ne sont pas moins d’un milliard à avoir surgi sur Terre, sans que l’on sache ni pourquoi ni comment. Ils sont partout (en « couimant », j’adore ce terme, c’est à dire en se téléportant), voient dans le noir, à travers les murs, et se font un malin plaisir à mettre les humains mal à l’aise : ils sont grossiers, moqueurs, malpolis, exaspérants, révèlent au grand jour les pires mensonges ou les secrets les plus inavouables, et sont de sacrées têtes de mules !

Ils sont par ailleurs a priori pacifiques, et ne semblent pas réagir de façon belliqueuse à certaines réactions humaines parfois violentes. Remarquez, on ne peut pas les toucher, car en essayant on passe au travers ! Les désagréments restent nombreux : on ne compte plus le nombre d’accidents de voiture dus à l’apparition inopinée d’un martien saluant le conducteur effrayé d’un laconique « Salut Toto ! » ou bien « Salut Chouquette ! » s’il s’agit d’une conductrice… D’autre part, le taux de natalité fond comme neige au soleil, les couples ayant du mal se comporter de façon amoureuse quand un Martien les observe depuis le pied du lit… Bref, malgré une présence pacifique, les Martiens sèment la zizanie et la société est en danger !

Écrit en 1954, ce roman n’a rien perdu de son impact. Fredric Brown a incontestablement le sens de la répartie. Son récit ne déplore aucun coup de mou, c’est renversant du début à la fin. C’est une délicieuse friandise, fourrée de situations invraisemblables et drôlissimes, à consommer sans modération. Une fois ouvert, ses 200 pages filent à toute vitesse, le sourire aux lèvres. Un pur moment de bonheur ! Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au film « Mars Attacks » de Tim Burton durant ma lecture. Une très bonne référence je trouve !

Bref, « Martiens, go home ! » est sans doute l’un des tous meilleurs antidépresseurs qui existent. Certes pas remboursé par la Sécu, mais il coute trois fois rien, et le succès est garanti !

Chroniques à lire également chez Val Univers, Nirgal, Elessar, Genma.

 

  
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